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samedi 25 mai 2024

Commentaire 106 Raviver de l'esprit 2/3

 


Parmi les pertes de notre contemporain liées aux transformations silencieuses 

# La perte de la présence : apparue brutalement avec l'épisode du Covid  et du confinement , même si elle apparaissait déjà dans nos vies au point d'y voir une nécessité , voire un progrès de l'Histoire. Perte sans doute la plus urgente à penser parce que abîmant si crûment l'humain, aggravant la non-vie , en même temps qu'elle parait compensée par tant d'avantages qui sont patents et par suite la recouvrent et la dissimulent : plus besoin de se déplacer, le numérique nous relie à tous et à tout.

Cette révolution de la présence ne fait qu'aller de pair avec d'autres migrations et renversements : migration des populations d'une région vers d'autres ou migrations projetées dans l'espace ou vers le capitalisme numérique ou la richesse vers les plus riches.

Le statut de la présence  en est bouleversé : d'intermittent , elle devient permanente , continue, ubiquiste et donc aussi désincarnée. Présence augmentée ou diminuée ? Si l'on peut télé-travailler , pourra t-on télé-vivre ? télé-consommer? télé-aimer?

2 Qu'est-ce qu'une perte ? Un constat : je constate que quelque chose m'a été ôté. Le terme s'étend de l'accidentel au structurel, du circonstanciel à l'existentiel. Elle se mesure comme se mesure la raréfaction des lecteurs dans le train ou du public dans les salles. Son caractère structurel fait que nous ne nous en relèverons pas sauf à s'insurger contre elle : elle procède de la mondialisation imposant le numérique comme produit phare du marché et va de pair avec une nouvelle ère du capitalisme. Elle se déploie ainsi du circonstanciel à l'existentiel.

Bien qu'intervenant au ras de l'histoire, elle nous fait toucher du métaphysique : car nous absentant d'emblée de nous -mêmes sans mêmes que nous l'éprouvions, elle nous prive de notre capacité la plus élémentaire d'expérience sans que nous l'apercevions.Nous ne percevons pas encore ce quelle dilapide d'essentiel concernant notre capacité de vie. 

Cette présence qui n'est plus effective , est une non-présence qui participe de la non-vie .

Car la vraie présence est renoncer et même un heurt : on tombe sur quelqu'un qui nous force à réagir. Désertent ainsi la présence ceux qui renoncent à ce que la présence les assaillent . t'ornant en rond dans le cercle coutumier , coïncidant de leurs pensées , ils demeurent incapables de toute percée hors d'eux mêmes pouvant seule les faire accéder à une présence les faisant effectivement rencontrer.

2 Qu'est-ce que la présence ? c'est la présence qui détache et fait ressortir du présent ; Sans elle le présent même nous échappe. Il est de l'ordre non de l'être, mais de l'événement . (d'ou plus il y a de télétravail, plus ill a d'événements) . Grand paradoxe de la philosophie : on ne peut vivre qu'au présent mais vivre au présent est impossible. Pout Saint Augustin : le présent est ce à quoi je suis attentif par opposition au passé, dont je me souviens et au futur que j'attends. Ainsi la meilleure façon de promouvoir dans nos vies un présent effectif est par avènement de la présence. Celle ci rompt avec le continuum indéfini de ma vie antérieure et me met en demeure d'affronter que de l'autre se présente à moi. Cet instant me rendra présent  en dépit de moi même. Ou  sinon cet autre n'est plus autre, il n'a plus sa qualité d'autre , je l'ai rendu semblable à moi et aliéné de lui même. Car l'actuel est don si l'on sait l'accueillir.

La présence n'est pas de l'ordre de la durée mais du surgissement; la permanence qui semble être une consolidation de la présence en est au contraire une déchéance.

 3 La télé-présence détruit l'effectif de la présence ,en tue ce qui en fait la force vive.Elle raye la venue en présence . Un clic suffit à la produire , la conscience n'a pas le temps nécessaire pour la réaliser. Sauf à se débrancher , elle peut se poursuivre en continu et s'éterniser. L'autre n'y est plus abordé, son altérité est gommée. Il ne surgit plus en tant qu'Autre, l'écran qui s'interpose l'a aménagé .

Grace au numérique ,on peut être beaucoup plus présent à tous et à tout : la présence virtuelle étend définitivement la présence jusqu'à la rendre universelle . En même temps, elle ne vous embarrasse plus , vous laissant libre de répondre ou pas et à tout moment de vous "débrancher."

Si on sent encore le dispositif technique, celui ci va s'estomper petit à petit jusqu'à disparaitre. La sensation de présence  nous habitera sans nous déranger: toute distance sera oubliée , toute médiation effacée. 

On ne considérera plus le réel que comme un cas particulier du virtuel.

Si l'on déplace la question de "l'être présent" à se "rendre présent", on comprend qu'on ne peut avoir accès à la présence qu'en se déplaçant. C'est la différence entre regarder un film sur écran chez soi ou aller au cinéma. Choisir la salle, son horaire, faire la queue mobilisent plus le désir , demandent un investissement. En faire l'expérience est à ce prix.

Il n'y a pas de présence sans qu'on ait décoincidé de soi-même pour aller à la rencontre.

La présence en même temps qu'elle singularise monopolise : je renonce à toute autre présence pour être présent ici. Je ferme mon portable , je rate des choses et c'est vrai . En cela elle apparait comme archaïque voire préhistorique mais elle se prévaut alors de ce qu'elle a d'exclusif . Le problème est de pouvoir accepter la perte : nous nous bourrons de de technique pour tenter d'en boucher la fissure. Nous ne savons plus mourir et c'est pourquoi nous ne savons plus vivre.

4 C'est dans la défense de l'effectivité de la présence contre la perte "contemporaine" ,  que se joue le destin de notre rapport à l'Autre, c'est à dire , au fond , ce qui est au principe de l'éthique.                   La présence n'est pas à confondre avec la proximité que l'on peut avoir sur l'écran ou dans le métavers. L'Autre se trouve enclos et figé. L'écart laisse penser à l'autre , à l'espérer et lui permet de pouvoir émerger. La présence effective sait ménager du lointain tandis que la télé-présence prétend supprimer tout lointain. 

L'entrée en présence de l'Autre qui, de même qu'elle ouvre pour moi du présent en interrompant ma morne continuité intérieure , est au départ de l'éthique en me forçant à dé-coincider de moi même. L'éthique ne peut plus simplement se penser en effet à partir d'un Moi autonome, maitre de lui même , comme l'a fait si longtemps la philosophie.Mais bien dans l'ouverture à l'autre, terme encore trop vague et qui est plus précisément cet événement de la rencontre. La présence relevant non pas de l'être mais de l'autre.

Le rabattement de la présence est le rabattement de la rencontre . Car le propre de la rencontre est d'abord qu'elle n'est jamais complètement prévisible dans son surgissement, même si j'ai pris soin de la préparer.    Or le numérique l'aménage si bien qu'elle est d'entrée aseptisée et amortie. La rencontre sur écran  doit d'abord être justifiée  , perdant ce qui fait sa capacité de survenir et de déranger.

Il n'est rien de plus fallacieux que le terme de présentiel fabriqué pour faire de la présence le simple pendant du distanciel, comme s'il s'agissait là de deux modalités équivalentes  donc interchangeables, répondant l'une à l'autre.

Ce que l'on peut retenir de sa facticité est qu'il faudra apprendre collectivement à la contenir dans sa niche en vue de la maitriser: à la tenir dans la société , non pas comme un substitut mais comme un pis aller. Ne pas se laisser prendre au piège de la conformité de plus en plus coïncidant de la pseudo présence numérique.

Le faciès est là sur l'écran mais le visage s'est effacé. Sera perdu du même coup la fête de la présence, en même temps que son affrontement.

Ainsi rencontre et présence sont-ils désormais des enjeux forts et même des concepts d combat pour le monde à venir. Car avec la perte de la présence , il n'y va rien de moins que de l'aliénation de l'humain. Il suffira d'un clic pour aménager l'autre, son altérité féconde s'étant éclipsée.aura disparu du monde , le regard de l'Autre débordant le monde et le fêlant d'infini.

mardi 16 octobre 2012

Le Recul de la Mort :vers une immortalité à brève échéance


Comme souvent ,sujet très intéressant développé par Laurent Alexandre, biologiste, dans une des conférences de TedXParis.

L'évolution de notre espérance de vie :

Une des courbes les plus spectaculaires de notre évolution: elle a été multiplié par 3 en 250 ans
En 1750 l'espérance de vie est de 25 ans , aujourd'hui de plus de 80 ans et elle continue de croître d'un trimestre par an, ce qui fait dire au conférencier qu'en vieilissant d'un an, on ne se rapproche de notre mort que de 9 mois.
Evidemment cette courbe bouleverse tout : vie et stade d'évolution des individus, structure de la famille, protection des individus, santé, habitat...
Jung est peut être un de ceux qui avait abordé cette évolution assez tôt avec notamment son concept de mi-vie et d'évolution de la psychologie en fonction de l'âge.

Les scénarios possibles d'évolution :

Le scénario catastrophe : recule de l'espérance de vie à cause de la pollution, ogm, réchauffement climatique
Le scénario pessimiste : arrêt de l'évolution, la technologie aurait atteint un plateau , une limite
Le probable : poursuite lente de l'évolution jusqu'à 120 130ans
L'inouï : explosion technologique et augmentation très rapide de l'espérance de vie.

L'avénement des technologies NBIC :

Encore inimaginables il y a 10 ans elles permettent de comprendre la complexité du vivant et d'envisager une médecine de combat, de lutte pour préserver la vie.

Elles vont permettre de réparer les organes à des échelles de plus en plus petites(1/milliardième de m) :


Modéliser changer notre ADN, réparer nos cellules, créer des organes artificiels entiers, développer la robotique chirurgicale, grace à des nanos capteurs,des nanos implants, grace à la modélisation c'est à dire le décryptage du vivant par des ordinateurs puissants.

La loi de Moore ou plutôt l'évolution technologique informatique  est à la base de tout : ce fondateur d'Intel avait prédit dans les annés 60 un doublement de la capacité se stockage informatique tous les 18 mois; cela ne s'est jamais jusque là démenti.une puce réalise 1000 milliards d'opérations à la seconde, les plus ordinateurs 15 millions de milliards. Le cap du milliard de milliards d'opérations sera atteint en 2018;
Ces puissances permettent de comprendre et de modéliser le vivants de nos 100000 milliards de cellules.

Pourquoi n'a t-on pas vu venir cette révolution technologique ?

- Parce que tout cela est encore souterrain en labo (décryptage du génome)depuis 20 ans, la phase de démocratisation n'a pas encore commencée, assez peu de concrétisation visible. A partir de 2015
- Parce que les scientifiques eux même ne l'ont pas vu venu : Jacques Monod écrit dans les années 70 que la taille de l'adn ne permettra certainement jamais de le décrypter. 6 ans plus tard en 1976 commençaient les 1ières manipulations génétiques.
En 1992 les généticiens pensent qu'il faudra 2 à 5 siècles pour détailler nos chromosomes, programme qui s'est achevé en 2003.

Les 1ières concrétisations de la révolution NBIC :


Le séquençage des bases chimiques de l'ADN : en 13 ans il est passé de 3milliards de $ à 1000 milliard $, bientôt 100. Nous allons tous être séquencés ce qui va personnaliser la médecine et la rendre plus performante notamment en cancérologie (1individu sur 4)

Les prochaines vagues d'évolution  :
- La révolution de l'électronique  médicale : arrivent  les implants dans le cerveau pour traiter la maladie de Parkinson, des maladies obsessionnelles, Einzeimmer; les 1ières rétines artificielles pour traiter les aveugles, le 1ier coeur artificiel arrive; la robotique chirurgicale se développe (en 2030 les chirurgiens ne toucheront plus les malades)  .
- L'ingéniérie du vivant : au niveau de l'adn pour reprogrammer nos cellules; au niveau cellulaire, la régénération des tissus par les cellules souches; au niveau des tissus la fabrication d'organes entiers , il y a quelques mois un larynx entièrement fabriqué a été implanté chez un patient.



- Arrivée de la nano médecine : 1ier congrès cette année

Ces 3 vagues vont arriver d'ici 2020, d'autres recherches issues des laboratoires aboutiront à de nouvelles innovations d'ici 2050 , de sorte que de bond en bond l'espérance de vie pourrait atteindre un niveau que nous ne pouvons même pas imaginer aujourd'hui : 1000 ans peut être !

mercredi 30 mai 2012

Un robot contrôlé par la pensée



L’esprit est maître de la machine, des chercheurs américains ont mis au point un système de bras robotique contrôlé uniquement par la pensée


Paralysée et incapable de parler, une femme âgée de 58 ans a pu attraper l’objet qu’elle voulait avec l’aide d’un bras robotisé qu’elle contrôlait à distance, avec la seule force de son esprit. Lui offrant ainsi sa première expérience d’indépendance depuis son AVC.

Une puce implantée dans le cerveau

Cinq ans plus tôt, la femme avait subi une intervention chirurgicale : les chercheurs lui avaient implanté une puce électronique au niveau du cortex moteur, la zone capable de commander les actions du corps. C’est la première fois qu’une telle opération se révèle fructueuse sur l’Homme mais les scientifiques tiennent à préciser que ce succès est en grande partie du aux innovations techniques du bras robotique. Par bonheur, on n’arrête pas le progrès.


lundi 21 mai 2012

La Singularité



Extrait de wikipédia
La singularité technologique (ou simplement la Singularité) est un concept, selon lequel, à partir d'un point hypothétique de son évolution technologique, lacivilisation humaine connaîtra une croissance technologique d'un ordre supérieur. Pour beaucoup, il est question d'intelligence artificielle, quelle que soit la méthode pour la créer. Au-delà de ce point, le progrès ne serait plus l’œuvre que d’intelligences artificielles, elles-mêmes en constante progression. Il induit des changements tels sur la société humaine que l’individu humain d’avant la singularité ne peut ni les appréhender ni les prédire de manière fiable. Le risque en est la perte de pouvoir humain, politique, sur son destin1.
Cet évènement est ainsi nommé par analogie avec l’impuissance de laphysique moderne à proximité de la singularité gravitationnelle d'un trou noir, les forces en œuvre étant énormes bien que non infinies.
De telles conséquences ont été débattues dans les années 1960 par I. J. Good(voir l’article Intelligence artificielle). Selon Ray Kurzweil2, cette notion de Singularité technologique aurait été introduite par John von Neumann dans lesannées 19503. La Singularité a acquis une certaine popularité dans les années 1980 grâce à Vernor Vinge. La venue éventuelle et la date de la Singularité sont sujettes à débat, mais les futurologues et les transhumanistes l’attendent en général pour la troisième décennie du xxie siècle.