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vendredi 3 juillet 2020

C19 : Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise

Je viens de m'apercevoir que je n'avais pas relayé ,ce très bel article de Bruno Latour, qui fut une sorte "d'article de chevet du confinement". Voilà qui est fait.


Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. L’inventaire annuel, c’est maintenant qu’il faut le faire. A la demande de bon sens : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.

Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après-crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter.

En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise – toujours passagère – mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tout cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.

La première leçon du coronavirus est aussi la plus stupéfiante : la preuve est faite, en effet, qu’il est possible, en quelques semaines, de suspendre partout dans le monde et au même moment, un système économique dont on nous disait jusqu’ici qu’il était impossible à ralentir ou à rediriger. À tous les arguments des écologiques sur l’infléchissement de nos modes de vie, on opposait toujours l’argument de la force irréversible du « train du progrès » que rien ne pouvait faire sortir de ses rails, « à cause », disait-on, « de la globalisation ». Or, c’est justement son caractère globalisé qui rend si fragile ce fameux développement, susceptible au contraire de freiner puis de s’arrêter d’un coup.

En effet, il n’y a pas que les multinationales ou les accords commerciaux ou internet ou les tour operators pour globaliser la planète : chaque entité de cette même planète possède une façon bien à elle d’accrocher ensemble les autres éléments qui composent, à un moment donné, le collectif. Cela est vrai du CO2 qui réchauffe l’atmosphère globale par sa diffusion dans l’air ; des oiseaux migrateurs qui transportent de nouvelles formes de grippe ; mais cela est vrai aussi, nous le réapprenons douloureusement, du coronavirus dont la capacité à relier « tous les humains » passe par le truchement apparemment inoffensif de nos divers crachotis. A globalisateur, globalisateur et demi : question de resocialiser des milliards d’humains, les microbes se posent un peu là !

Cette pause soudaine dans le système de production globalisée, il n’y a pas que les écologistes pour y voir une occasion formidable d’avancer leur programme d’atterrissage.

D’où cette découverte incroyable : il y avait bien dans le système économique mondial, caché de tous, un signal d’alarme rouge vif avec une bonne grosse poignée d’acier trempée que les chefs d’État, chacun à son tour, pouvaient tirer d’un coup pour stopper « le train du progrès » dans un grand crissement de freins. Si la demande de virer de bord à 90 degrés pour atterrir sur terre paraissait encore en janvier une douce illusion, elle devient beaucoup plus réaliste : tout automobiliste sait que pour avoir une chance de donner un grand coup de volant salvateur sans aller dans le décor, il vaut mieux avoir d’abord ralenti…

Malheureusement, cette pause soudaine dans le système de production globalisée, il n’y a pas que les écologistes pour y voir une occasion formidable d’avancer leur programme d’atterrissage. Les globalisateurs, ceux qui depuis le mitan du XXe siècle ont inventé l’idée de s’échapper des contraintes planétaires, eux aussi, y voient une chance formidable de rompre encore plus radicalement avec ce qui reste d’obstacles à leur fuite hors du monde. L’occasion est trop belle, pour eux, de se défaire du reste de l’État-providence, du filet de sécurité des plus pauvres, de ce qui demeure encore des réglementations contre la pollution, et, plus cyniquement, de se débarrasser de tous ces gens surnuméraires qui encombrent la planète[1].

N’oublions pas, en effet, que l’on doit faire l’hypothèse que ces globalisateurs sont conscients de la mutation écologique et que tous leurs efforts, depuis cinquante ans, consistent en même temps à nier l’importance du changement climatique, mais aussi à échapper à ses conséquences en constituant des bastions fortifiés de privilèges qui doivent rester inaccessibles à tous ceux qu’il va bien falloir laisser en plan. Le grand rêve moderniste du partage universel des « fruits du progrès », ils ne sont pas assez naïfs pour y croire, mais, ce qui est nouveau, ils sont assez francs pour ne même pas en donner l’illusion. Ce sont eux qui s’expriment chaque jour sur Fox News et qui gouvernent tous les États climato-sceptiques de la planète de Moscou à Brasilia et de New Delhi à Washington en passant par Londres.

Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause.

Ce qui rend la situation actuelle tellement dangereuse, ce n’est pas seulement les morts qui s’accumulent chaque jour davantage, c’est la suspension générale d’un système économique qui donne donc à ceux qui veulent aller beaucoup plus loin dans la fuite hors du monde planétaire, une occasion merveilleuse de « tout remettre en cause ». Il ne faut pas oublier que ce qui rend les globalisateurs tellement dangereux, c’est qu’ils savent forcément qu’ils ont perdu, que le déni de la mutation climatique ne peut pas durer indéfiniment, qu’il n’y a plus aucune chance de réconcilier leur « développement » avec les diverses enveloppes de la planète dans laquelle il faudra bien finir par insérer l’économie. C’est ce qui les rend prêts à tout tenter pour extraire une dernière fois les conditions qui vont leur permettre de durer un peu plus longtemps et de se mettre à l’abri eux et leurs enfants. « L’arrêt de monde », ce coup de frein, cette pause imprévue, leur donne une occasion de fuir plus vite et plus loin qu’ils ne l’auraient jamais imaginé[2]. Les révolutionnaires, pour le moment, ce sont eux.

C’est là que nous devons agir. Si l’occasion s’ouvre à eux, elle s’ouvre à nous aussi. Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. L’inventaire annuel, c’est maintenant qu’il faut le faire. A la demande de bon sens : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.

Par exemple, l’autre jour, on présentait à la télévision un fleuriste hollandais, les larmes aux yeux, obligé de jeter des tonnes de tulipes prêtes à l’envoi qu’il ne pouvait plus expédier par avion dans le monde entier faute de client. On ne peut que le plaindre, bien sûr ; il est juste qu’il soit indemnisé. Mais ensuite la caméra reculait montrant que ses tulipes, il les fait pousser hors-sol sous lumière artificielle avant de les livrer aux avions cargo de Schiphol dans une pluie de kérosène ; de là, l’expression d’un doute : « Mais est-il bien utile de prolonger cette façon de produire et de vendre ce type de fleurs ? ».

Nous devenons d’efficaces interrupteurs de globalisation.

De fil en aiguille, si nous commençons, chacun pour notre compte, à poser de telles questions sur tous les aspects de notre système de production, nous devenons d’efficaces interrupteurs de globalisation – aussi efficaces, millions que nous sommes, que le fameux coronavirus dans sa façon bien à lui de globaliser la planète. Ce que le virus obtient par d’humbles crachotis de bouches en bouches – la suspension de l’économie mondiale –, nous commençons à l’imaginer par nos petits gestes insignifiants mis, eux aussi, bout à bout : à savoir la suspension du système de production. En nous posant ce genre de questions, chacun d’entre nous se met à imaginer des gestes barrières mais pas seulement contre le virus : contre chaque élément d’un mode de production dont nous ne souhaitons pas la reprise.

C’est qu’il ne s’agit plus de reprendre ou d’infléchir un système de production, mais de sortir de la production comme principe unique de rapport au monde. Il ne s’agit pas de révolution, mais de dissolution, pixel après pixel. Comme le montre Pierre Charbonnier, après cent ans de socialisme limité à la seule redistribution des bienfaits de l’économie, il serait peut-être temps d’inventer un socialisme qui conteste la production elle-même. C’est que l’injustice ne se limite pas à la seule  redistribution des fruits du progrès, mais à la façon même de faire fructifier la planète. Ce qui ne veut pas dire décroître ou vivre d’amour ou d’eau fraîche, mais apprendre à sélectionner chaque segment de ce fameux système prétendument irréversible, de mettre en cause chacune des connections soi-disant indispensables, et d’éprouver de proche en proche ce qui est désirable et ce qui a cessé de l’être.

D’où l’importance capitale d’utiliser ce temps de confinement imposé pour décrire, d’abord chacun pour soi, puis en groupe, ce à quoi nous sommes attachés ; ce dont nous sommes prêts à nous libérer ; les chaînes que nous sommes prêts à reconstituer et celles que, par notre comportement, nous sommes décidés à interrompre[3]. Les globalisateurs, eux, semblent avoir une idée très précise de ce qu’ils veulent voir renaître après la reprise : la même chose en pire, industries pétrolières et bateaux de croisière géants en prime. C’est à nous de leur opposer un contre-inventaire. Si en un mois ou deux, des milliards d’humains sont capables, sur un coup de sifflet, d’apprendre la nouvelle « distance sociale », de s’éloigner pour être plus solidaires, de rester chez soi pour ne pas encombrer les hôpitaux, on imagine assez bien la puissance de transformation de ces nouveaux gestes-barrières dressés contre la reprise à l’identique, ou pire, contre un nouveau coup de butoir de ceux qui veulent échapper pour de bon à l’attraction terrestre.

Un outil pour aider au discernement

Comme il est toujours bon de lier un argument à des exercices pratiques, proposons aux lecteurs d’essayer de répondre à ce petit inventaire. Il sera d’autant plus utile qu’il portera sur une expérience personnelle directement vécue. Il ne s’agit pas seulement d’exprimer une opinion qui vous viendrait à l’esprit, mais de décrire une situation et peut-être de la prolonger par une petite enquête. C’est seulement par la suite, si vous vous donnez les moyens de combiner les réponses pour composer le paysage créé par la superposition des descriptions, que vous déboucherez sur une expression politique incarnée et concrète — mais pas avant.

Attention : ceci n’est pas un questionnaire, il ne s’agit pas d’un sondage. C’est une aide à l’auto-description*.
Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privés par la crise actuelle et qui vous donnent la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. 
Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :
Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)
Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?
Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)
Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ?
(Trouvez ensuite un moyen pour comparer votre description avec celles d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de lignes de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)


[1] Voir l’article sur les lobbyistes déchaînés aux Etats-Unis par Matt Stoller, « The coronavirus relief bill could turn into a corporate coup if we aren’t careful », The Guardian, 24.03.20.
[2] Danowski, Deborah, de Castro, Eduardo Viveiros, « L’arrêt de monde », in De l’univers clos au monde infini (textes réunis et présentés). Ed. Hache, Emilie. Paris, Editions Dehors, 2014. 221-339.
[3] L’auto-description reprend la procédure des nouveaux cahiers de doléance suggérés dans Bruno Latour, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique. Paris, La Découverte, 2017 et développés depuis par le consortium Où atterrir http://www.bruno-latour.fr/fr/node/841.html

*L’auto-description reprend la procédure des nouveaux cahiers de doléance suggérés dans Bruno Latour, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique. Paris, La Découverte, 2017 et développés depuis par un groupe d’artistes et de chercheurs.

PHILOSOPHE ET SOCIOLOGUE, PROFESSEUR ÉMÉRITE AU MÉDIALAB DE SCIENCES PO

lundi 16 mars 2020

Expression 47 : Covid- 19


mardi 23 mai 2017

APM 20 : Gérer les personnalités ingérables

Gérer les ingérables - APM 17 mai 2017
Jean-Edouard Grésy - Cabinet Alternego  « Comprendre, Développer, Faciliter »


Introduction :

1er facteur de durabilité du couple ?
La manière dont on gère les conflits - Ceux qui gère le mieux les conflits - Gestion productive des conflits
Et cela marche aussi au sein des entreprises !

2 grandes cultures :
- Culture du conflit froid : Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime…
- Culture du conflit chaud : On gueule mais les choses sont dites, "Fuck You meeting ».
 Boss de L’Oréal :  Vous devez commencer par m’apporter la contradiction

La gestion du conflit est le 1er critère de bien être de qualité au travail :
- «  Disputation saine »
- «  Dispute Wise " : Se disputer sagement
Clause de fin de contrat pour définir les conditions de rupture
Considérer que le mécontentement d’un client est une opportunité de développement
C’est quand cela ne va pas qu’il faut être bon, c’est du bon sens mais pas très partagé

Développement du sujet :

Face au conflit - Cerveau reptilien qui agit, or il est improductif par rapport au conflit : Fuir, riposter, céder
On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre, car on l'évite jamais, on la retarde à son désavantage - Machiavel

Triangle dramatique : "Persecuteur - Sauveur - Victime"
Face à l’évitement, il y a tout intérêt à échanger son rôle de persécuteur pour celui de persécuté 
Pour sortir de ce triangle ?
Fuir vous mets en risque (économique, juridique), on ne laisse plus une situation pourrir

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images » - Jean Cocteau

Les neurones miroirs - Aucune créativité  voir le film « Les nouveaux barbares » qui illustre ce comportement

Le schéma  de montée extension du conflit :
1 - Problème
2 - Incompréhension
3 - Désaccord
4 - Conflit
5 - Agressivité
6 - Violence

Plus il y a de distance dans un conflit, plus il y a de possibilités de violence
Donc plus cela va être dur, plus il faut se rapprocher, car en trouvant l’humanité chez lui, je crée un lien, et j’évite de tomber dans cette désacralisation de l’homme qui entraîne la violence sans limite

Le conflit n’est pas un problème, il fait partie de la vie ! C’est une opportunité.

Mary Parker Follett - Sans frottements il n’y a pas de déplacements, ni de musique… pour expliquer la nécessité des conflits

« Vous ne rendrez pas un lion végétarien en lui donnant des steaks à manger «  Proverbe africain

Pas de négociations ou concessions sans contreparties !!! Car plus vous l’alimentez plus il en demande jusqu’à ce qu’il atteigne le point dur

Il y a un autre registre : Le don - qui est un principe d’inconditionnalité
L’amour, la confiance, le respect sont inconditionnels - On échange des compliments, des sentiments, 
Inconditionnalité conditionnelle : Endettement mutuel positif 
On s’inscrit tous dans une chaîne de don

Attention au don, le terme Gift à 2 sens (Cadeau et Poison)

Les bonnes pratiques de gestion de conflit :
La règle c’est "Ne jamais en faire une affaire personnelle" :
-Se rappeler son objectif
-Se rappeler son plan B
-Expirer
-S’offrir une pause
-Utiliser le pouvoir du silence
-Prendre des notes
-Relativiser
-Se préparer mentalement
-Dissocier son rôle, son statut de sa personne
-Nommer la tactique
-Nommer le ressenti qui gagne

Celui qui reste soit au lieu de s’emporter est toujours le plus fort - Proverbe Samouraï

Les militaires le savent - «  Le feu appelle le feu »

Les niveaux de gestion du conflit :
Pour sortir du conflit, intégrer la notion de niveau :
Niv 1 -     Le language de la réconciliation
Niv 2 -     Je suis désolé - Compasion (du latin Compare - alléger le fardeau).
Niv 3 -     Excuse (mais c’est déjà admettre une faute)
Niv 4 :     Je fais le job pour 2 - Je pose les questions QQCOQP (Qui, Quoi, Comment, Ou, Quand Pourquoi ?)
Niv 5 :     Le rapport de force - Plan B - Alternative en cas de blocage - Comment satisfaire mes intérêts sans l’autre - Il faut augmenter le coût du conflit pour remettre tout le monde autour de la table
Comment je l’utilise ? Question vérité ? Quelles sont les conséquences d’un échec ?  Coût d’un conflit par rapport à ce que l’on va gagner ensemble ?
Qu’est ce qui va se passer alors que vous avez refusé le dialogue alors que tout est encore possible ? 

Georges Foehtriesen : Etre otage est un choix ! 

Plus j’ai d’alternatives plus je suis fort en négociation  

Mais attention, il y a un vrai problème d’ordre dans les questions !!

1er -     Quoi  ?
2eme - Pourquoi ? pour trouver les besoins, les intérêts - Curiosité
3eme - Comment ? les options - Créatif 
4eme - Qui ? Quand ? Où ? - C’est la mise en oeuvre - Ténacité

La ténacité c’est le facteur de réussite le plus important !!!

Tant que cela bloque c’est qu’il y des intérêts qui ne sont pas satisfaits.

On a toujours le choix entre :
-Avoir raison, c’est à dire lui montrer qu’il a tort
ou
-Etre heureux : Atteindre son objectif - Main de fer dans un gant de velours

Etude de 75 ans sur le bonheur : Il en ressort que c’est la qualité de la relation avec les autres qui est l’élément essentiel.

2 Approches d’acheteurs :
-Distributive (Gagnants / Perdants)
-Intégrative (Créer de la valeur que l’on ne trouvera pas en ligne chez Amazone)

Proctolite : Merde fossilisée 

5 intérêts qui sont difficiles à dire, à exprimer :
-La reconnaissance
-Le besoin d’autonomie
-Statut
-Rôle, besoin de se sentir utile
-Besoin d’affection

En conclusion :

1 - On a toujours le choix et il faut se sentir libre

2 - Ne jamais en faire une affaire personnelle

3 - Démarche graduelle à respecter avec une hiérarchie des questions dans le règlement des conflits

4 - Se rapprocher en cas de conflit pour remettre de l’humain et éviter ainsi de tomber dans la violence


mercredi 3 décembre 2014

Comment Lego a réinventé les règles de l'innovation (3) : la renaissance de la marque

C'est l'histoire d'un spectaculaire redressement que nous raconte David C Robertson, consultant et professeur de management, nommé en 2008 professeur Lego.
Une histoire en trois  parties comme il se doit : 1/la naissance 2/le déclin 3/la reconstruction
La renaissance  de la  marque :
De 2004 à 2011 Kundstorp et Ovesen vont opérer un spectaculaire redressement de la marques en 7 ans et 5 grandes étapes .
Etape 1 : tout au long de l'année 2004 et de leur audit de l'entreprise ils se sont livrés à une bagarre pour la survie de l'entreprisse avec 3 batailles essentielles à gagner :
- éliminer la complexité de l'activité en adoptant une démarche de réduction des couts et en divisant par deux les éléments du portefeuille de la marque ainsi que le temps de développement nécessaire à lancer une idée sur le marché
- restaurer la compétitivié de l'entreprise  en faisant de ses clients, à savoir les magasines et non pas les enfants  son 1ier atout
- débloquer des liquidités en revendant une partie des activités comme les parc à thème
Etape2 : définition d'un cap précis : ramener Lego à la brique, ce qui signifiait se concentrer sur ses atouts essentiels. Définir également un indicateur précis chiffré sans ambiguité sur lesquels tous puissent agir = 13% de rentabilité
Etape3 : clarifier le cap en intégrant dans une matrice les différents degrés d'innovation, les étapes; éliminer les doublons entre les projets et écarter les expériences de jeu ne proposant pas d'expérience suffisamment distinctive; tiers pas du processus de développement de la communauté Lego en conviant des membres à tester voire à co développer certaines lignes
Etape4 : la marque a pivoté des innovations destinées à recouvrer de la rentabilité à son coeur d'activité aux innovations à celles visant à alimenter une croissance organique.
Il lui a fallu gérer de nombreux compromis  : développer le portefeuille de produits  tout en continuant à générer des bénéfices, viser de meilleures marges tout en diminuant les coûts, poursuivre les objectifs de réussite à court terme tout en semant les germes de la réussite à long terme.
Alors que les ventes de Mattel et Hasbro entre 2007 et 2011 progressaient de 1% et 3% en rythme annuel, Lego augmentait ses ventes de 27%
Etape5 : Lego leader de son secteur est devenu une machine à Blockbosturs.
La majorité des revenus vient encore des améliorations incrémentales  de ses lignes emblématiques que sont City et Star wars. De nouvelles séries ultra puissantes comme Lord of the rings ont généré des succès. La ligne Friends destinée aux filles lancée en 2012 est aussi un succès.
D'autres projets innovent à la marge comme le jeu sur iphone : Life of George
Cussoo est une autre aventure du groupe : lancé au Japon en 2008 puis dans le monde entier, il propose aux utilisateurs de voter et soumettre aux votes des idées personnalisées : si un modèle obtient 10000 votes Lego l'examine en vue d'une fabrication éventuelle; s'il est effectivement fabriqué ses  créateurs reçoivent 1% des ventes nettes totales du produit. En 2011 un projet a été développe à partir du jeu Minecraft.







mardi 7 février 2012

Une crise de Religion

C'est la thèse principale de Patrick Viveret sur la cris en cours : un e crise du religieux, du crédo.
Il faut redéfinir le vocabulaire.

Une crise qui remet en question les croyances de ces 40 dernières années , la confiance dans ses références.
La question du bénéfice n'est plus en lien avec celle des bienfaits ; bienfait pour l'homme, bienfait pour la planète, en quoi , pou quoi la production économique est elle un bienfait ?

La valeur = la force de vie, la destruction de valeur est donc tout ce qui contribue à détruire cette force de vie (souffrance au travail, destruction d'emploi..);réduire la création de valeur dans l'entreprise à la valeur pour l'actionnaire est une vision très réductrice de al valeur.

La richesse renvoie à tout ce qui compte le plus pour nous ; en cas de catastrophe naturelle ce n'est plus l'argent c'est l'accès aux soins, la survie..

mercredi 7 décembre 2011

Le risque de surreprésentation de la catastrophe


«Il faut trouver l’équilibre entre l’image et le récit»

Texte publié par le journal la Croix en août 2011

« La catastrophe vient réduire à néant un être dans son entier, vient le renverser dans son existence même. Confronté à l’absence de sens du désastre, l’individu peut être sidéré et entraîné vers une forme de nihilisme. D’un autre côté, l’événement tragique peut redonner un sens à la chose qu’elle a détruite en totalité, de la même façon qu’on comprend la liberté quand on l’a perdue. Mais quand il y a excès de sens, la catastrophe peut être manipulée pour construire des identités mythologiques.

D’où l’importance de la représentation de la catastrophe. C’est le souci du romancier hongrois Imre Kertesz : l’œuvre d’art ne peut pas sublimer le désastre, encore moins l’abolir. Mais, ajoute-t-il, la seule réponse à la catastrophe est la création artistique la plus aboutie et la plus belle. La catastrophe appelle l’expression. S’exprimer est un devoir éthique car c’est une forme de résistance à l’événement qui va permettre à l’humanité de prendre en charge les choses.

Le risque de surreprésentation de la catastrophe est structurel mais il est plus grand aujourd’hui qu’auparavant car les moyens de reproduction et de diffusion de l’image sont démultipliés. Artistes, journalistes et politiques doivent trouver le bon équilibre entre l’image et le récit, l’événement et le sens. S’ils ne le font pas, l’image sera un pur traumatisme. S’ils le font de manière excessive, l’image va être noyée dans le récit.

À l’inverse, la sous-représentation est un risque aussi grand. Lors de massacres de masse, les bourreaux cachent les images. Ils savent que le récit ne suffira pas parce qu’il faut avoir vu le désastre pour le croire. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut forcément montrer les victimes : il y a des formes de pudeur qui ne sont pas du déni. De très grands récits sur les camps de concentration ne passent pas forcément par l’exhibition des corps. Lors du séisme au Japon, très peu d’images de victimes ont été montrées mais les images du tsunami ou de l’explosion de Fukushima étaient très fortes : il n’y a pas eu déni. »

Frédéric Worms (philosophe)