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samedi 25 mai 2024

Commentaire 106 Raviver de l'esprit 2/3

 


Parmi les pertes de notre contemporain liées aux transformations silencieuses 

# La perte de la présence : apparue brutalement avec l'épisode du Covid  et du confinement , même si elle apparaissait déjà dans nos vies au point d'y voir une nécessité , voire un progrès de l'Histoire. Perte sans doute la plus urgente à penser parce que abîmant si crûment l'humain, aggravant la non-vie , en même temps qu'elle parait compensée par tant d'avantages qui sont patents et par suite la recouvrent et la dissimulent : plus besoin de se déplacer, le numérique nous relie à tous et à tout.

Cette révolution de la présence ne fait qu'aller de pair avec d'autres migrations et renversements : migration des populations d'une région vers d'autres ou migrations projetées dans l'espace ou vers le capitalisme numérique ou la richesse vers les plus riches.

Le statut de la présence  en est bouleversé : d'intermittent , elle devient permanente , continue, ubiquiste et donc aussi désincarnée. Présence augmentée ou diminuée ? Si l'on peut télé-travailler , pourra t-on télé-vivre ? télé-consommer? télé-aimer?

2 Qu'est-ce qu'une perte ? Un constat : je constate que quelque chose m'a été ôté. Le terme s'étend de l'accidentel au structurel, du circonstanciel à l'existentiel. Elle se mesure comme se mesure la raréfaction des lecteurs dans le train ou du public dans les salles. Son caractère structurel fait que nous ne nous en relèverons pas sauf à s'insurger contre elle : elle procède de la mondialisation imposant le numérique comme produit phare du marché et va de pair avec une nouvelle ère du capitalisme. Elle se déploie ainsi du circonstanciel à l'existentiel.

Bien qu'intervenant au ras de l'histoire, elle nous fait toucher du métaphysique : car nous absentant d'emblée de nous -mêmes sans mêmes que nous l'éprouvions, elle nous prive de notre capacité la plus élémentaire d'expérience sans que nous l'apercevions.Nous ne percevons pas encore ce quelle dilapide d'essentiel concernant notre capacité de vie. 

Cette présence qui n'est plus effective , est une non-présence qui participe de la non-vie .

Car la vraie présence est renoncer et même un heurt : on tombe sur quelqu'un qui nous force à réagir. Désertent ainsi la présence ceux qui renoncent à ce que la présence les assaillent . t'ornant en rond dans le cercle coutumier , coïncidant de leurs pensées , ils demeurent incapables de toute percée hors d'eux mêmes pouvant seule les faire accéder à une présence les faisant effectivement rencontrer.

2 Qu'est-ce que la présence ? c'est la présence qui détache et fait ressortir du présent ; Sans elle le présent même nous échappe. Il est de l'ordre non de l'être, mais de l'événement . (d'ou plus il y a de télétravail, plus ill a d'événements) . Grand paradoxe de la philosophie : on ne peut vivre qu'au présent mais vivre au présent est impossible. Pout Saint Augustin : le présent est ce à quoi je suis attentif par opposition au passé, dont je me souviens et au futur que j'attends. Ainsi la meilleure façon de promouvoir dans nos vies un présent effectif est par avènement de la présence. Celle ci rompt avec le continuum indéfini de ma vie antérieure et me met en demeure d'affronter que de l'autre se présente à moi. Cet instant me rendra présent  en dépit de moi même. Ou  sinon cet autre n'est plus autre, il n'a plus sa qualité d'autre , je l'ai rendu semblable à moi et aliéné de lui même. Car l'actuel est don si l'on sait l'accueillir.

La présence n'est pas de l'ordre de la durée mais du surgissement; la permanence qui semble être une consolidation de la présence en est au contraire une déchéance.

 3 La télé-présence détruit l'effectif de la présence ,en tue ce qui en fait la force vive.Elle raye la venue en présence . Un clic suffit à la produire , la conscience n'a pas le temps nécessaire pour la réaliser. Sauf à se débrancher , elle peut se poursuivre en continu et s'éterniser. L'autre n'y est plus abordé, son altérité est gommée. Il ne surgit plus en tant qu'Autre, l'écran qui s'interpose l'a aménagé .

Grace au numérique ,on peut être beaucoup plus présent à tous et à tout : la présence virtuelle étend définitivement la présence jusqu'à la rendre universelle . En même temps, elle ne vous embarrasse plus , vous laissant libre de répondre ou pas et à tout moment de vous "débrancher."

Si on sent encore le dispositif technique, celui ci va s'estomper petit à petit jusqu'à disparaitre. La sensation de présence  nous habitera sans nous déranger: toute distance sera oubliée , toute médiation effacée. 

On ne considérera plus le réel que comme un cas particulier du virtuel.

Si l'on déplace la question de "l'être présent" à se "rendre présent", on comprend qu'on ne peut avoir accès à la présence qu'en se déplaçant. C'est la différence entre regarder un film sur écran chez soi ou aller au cinéma. Choisir la salle, son horaire, faire la queue mobilisent plus le désir , demandent un investissement. En faire l'expérience est à ce prix.

Il n'y a pas de présence sans qu'on ait décoincidé de soi-même pour aller à la rencontre.

La présence en même temps qu'elle singularise monopolise : je renonce à toute autre présence pour être présent ici. Je ferme mon portable , je rate des choses et c'est vrai . En cela elle apparait comme archaïque voire préhistorique mais elle se prévaut alors de ce qu'elle a d'exclusif . Le problème est de pouvoir accepter la perte : nous nous bourrons de de technique pour tenter d'en boucher la fissure. Nous ne savons plus mourir et c'est pourquoi nous ne savons plus vivre.

4 C'est dans la défense de l'effectivité de la présence contre la perte "contemporaine" ,  que se joue le destin de notre rapport à l'Autre, c'est à dire , au fond , ce qui est au principe de l'éthique.                   La présence n'est pas à confondre avec la proximité que l'on peut avoir sur l'écran ou dans le métavers. L'Autre se trouve enclos et figé. L'écart laisse penser à l'autre , à l'espérer et lui permet de pouvoir émerger. La présence effective sait ménager du lointain tandis que la télé-présence prétend supprimer tout lointain. 

L'entrée en présence de l'Autre qui, de même qu'elle ouvre pour moi du présent en interrompant ma morne continuité intérieure , est au départ de l'éthique en me forçant à dé-coincider de moi même. L'éthique ne peut plus simplement se penser en effet à partir d'un Moi autonome, maitre de lui même , comme l'a fait si longtemps la philosophie.Mais bien dans l'ouverture à l'autre, terme encore trop vague et qui est plus précisément cet événement de la rencontre. La présence relevant non pas de l'être mais de l'autre.

Le rabattement de la présence est le rabattement de la rencontre . Car le propre de la rencontre est d'abord qu'elle n'est jamais complètement prévisible dans son surgissement, même si j'ai pris soin de la préparer.    Or le numérique l'aménage si bien qu'elle est d'entrée aseptisée et amortie. La rencontre sur écran  doit d'abord être justifiée  , perdant ce qui fait sa capacité de survenir et de déranger.

Il n'est rien de plus fallacieux que le terme de présentiel fabriqué pour faire de la présence le simple pendant du distanciel, comme s'il s'agissait là de deux modalités équivalentes  donc interchangeables, répondant l'une à l'autre.

Ce que l'on peut retenir de sa facticité est qu'il faudra apprendre collectivement à la contenir dans sa niche en vue de la maitriser: à la tenir dans la société , non pas comme un substitut mais comme un pis aller. Ne pas se laisser prendre au piège de la conformité de plus en plus coïncidant de la pseudo présence numérique.

Le faciès est là sur l'écran mais le visage s'est effacé. Sera perdu du même coup la fête de la présence, en même temps que son affrontement.

Ainsi rencontre et présence sont-ils désormais des enjeux forts et même des concepts d combat pour le monde à venir. Car avec la perte de la présence , il n'y va rien de moins que de l'aliénation de l'humain. Il suffira d'un clic pour aménager l'autre, son altérité féconde s'étant éclipsée.aura disparu du monde , le regard de l'Autre débordant le monde et le fêlant d'infini.

dimanche 28 janvier 2024

Commentaires 104 L'hypothèse K

 

Un livre assez indispensable sur l'approche de la catastrophe écologique : quel est ou pourrait être le rôle de la science dans ce combat ? Un livre en deux parties : 1- déconstruction du mythe scientifique 2 - l'hypothèse K ou comment penser un nouveau rapport entre  science et technique.


1- Déconstruction du mythe scientifique

# Tout d'abord Aurélien Barreau plante le décor : le drame écologique n'est ni un une crise climatique, ni un délitement social mais bien une catastrophe civilisationnelle . A la fois effondrement de la vie et perte de sens. Ni plus, ni moins. La science en atteste et  le démontre de façon indiscutable aujourd'hui : les populations animales s'effondrent, les végétaux sont en grand stress, les fonds marins et leurs écosystèmes dévastés, les mégafeux se répandent dans le monde. Elle permet également de comprendre que le réchauffement climatique n'est qu'une petite partie du problème , une conséquence plutôt qu'une cause de notre système de transformation du réel en déchets. Se focaliser dessus n'est qu'un moyen de se rassurer car la crise est fondamentalement systémique. La physique permet ainsi de comprendre que les déchets de dioxyde de carbone émis sont si nombreux , qu'ils sont à l'échelle humaine, "définitivement présents".

# Le constat est scientifiquement établi (et presque plus contesté) : les énergies fossiles commençant à se raréfier , il y aura inévitablement décroissance (au sens économique) . Si cette décroissance imposée n'est pas associée à une volonté déterminée de réduire et réorienter la consommation, la catastrophe sera totale : écologique et sociale. Il n'est donc pas possible d'augmenter le PIB et d'en  diminuer les méfaits sur l'environnement. 

# Si la science permet de mesurer, prédire avec un certain degré de fiabilité cette catastrophe , elle ne constitue qu'une manière parmi d'autres de faire un monde. Ni les symphonies de Mozart, ni les poèmes de  Villon ou la prose de Proust ne s'appuie sur elle. Elle demeure muette quant à ce qui est désiré. Toute puissante quand il s'agit d'améliorer le fonctionnement, elle a beaucoup plus de mal quand i'l s'agit d'en changer le but et non plus seulement de gagner la partie. Elle est démunie quant à la bonne direction à choisir. Et attention car la dimension scientifique d'un objet lui confère dans nos sociétés une sorte de valeur magique . La science permet d'atténuer certaines conséquences d'innovations techniques (aujourd'hui l'IA) mais demeure muette quand il s'agit de penser l'effondrement de notre puissance d'être, indépendamment de tout usage délictueux ou mal intentionné. L'efficacité de notre civilisation à effacer l'altérité est sans équivalent.

Tout détruire et tout raser, exterminer les espèces, brûler les forets et préparer les guerres ns constituent pas une erreur scientifique. Il fait modifier le carcan axiologique voire ontologique. La science n'est pas coupable de tous nos maux mais a partie liée avec une vaste entreprise de chosification.Le recours systématisé à l'argument d'autorité scientifique est dramatique car l'essentiel des problèmes que nous traversons ne sont pas scientifiques. La science est "instrumentalisée" , a ses accointances avec la classe dominante , est aux commandes et se profile une société technocratique sans visée et sans désir, sans intention et sans projet. La question : comment infléchir la science pour la rendre vertueuse?

# Nous sommes malades du logos : superbe logos qui a ouvert les portes de la rationalité. Mais aussi terrible logos qui a desséché et binarité les modes et les mondes de l'Etre à l'autre. La modernité occidentale se situe au coeur d'une alliance de fait entre science et technique . A l'évidence le développement tumoral de la technique constitue un des moteurs les plus dévastateurs de la catastrophe en cours, ce vers quoi nous nous tournons sans la moindre interrogation pour résoudre la catastrophe en cours. Si la science est axiologiquement neutre , elles se trouve ontologiquement engagée. 

#Depuis des déceenies tous les champs cognitifs ou presque se revendiquent comme scientifiques. C'est le gage de sérieux, comme si tout se réduisait à elle . A quand le littérature ou la musique scientifique? Comme si la vérité, qui vient de la mémoire et non de la rectitude se réduisait à elle. Mais s'il s'agit de comparer des conséquence de la catastrophe en terme de privations. Ne peut -on opposer la liberté de disposer d'eau potable, de disposer d' un air respirable d'une partie de l'humanité à celui de jouir de luxes et d'addictions d'une autre partie.

# Quelque chose a été manqué : l'extraordinaire puissance révolutionnaire de la science (le mot vient de Copernic)  fut travestie et délaissée. La désimpérialiser, lui redonner sa puissance révolutionnaire, la changer d'axe., pour lui faire redéfinir le monde. Le rôle essentiel de la science consiste "à inventer des êtres nouveaux "Bruno Latour. 

2 - l'hypothèse K ou comment penser un nouveau rapport entre  science et technique.

#L'occident n'a pas oublié la transcendance. Il a fait pire, il a transcendantalisé son immanence. 

#Si prométhée est triste, plus que la colère de Zeus, que la bêtise des humains, c'est de n'avoir pas compris la dynamique propre de son joyau : d'avoir cru que l'outil n'était qu'un outil, d'avoir négligé l'autonomie de la technique .

#Si nous ne vivons pas sour la domination des Terminator, ne sommes pas les esclaves de ski net, une certaine indépendance technique aux conséquences délatrices s'est lentement déployée. Le pullulement  technique est devenu l'un des facteurs essentiels de l'effondrement des conditions d'habitabilité, En un sens , nous sommes devenus les hôtes consentant d'un processus qui nous dépasse largement. Des machines construisent des machines, des programmes conçoivent des programmes. 

# Nous sommes partiellement devenus les esclaves - au moins les serviteurs - d'un processus expressément parasitaire. 

# L'hypothèse K : un développement littéralement cancéreux de la production technique . Mutation, métastases , prolifération, les cellules malignes vivent leur propre mécanisme de sélection.Elles échappent à l'homéostasie comme à la sénescence. Une sorte de méta Nacer, qu'il s'agit d'affronter. 

Penser le développement technique comme un processus métastatique : le prométhome. 

Il est évident qu'il n'est ni utile , ni souhaitable de détruire les machines.

L'oncologie nous apprend que face à un ennemi de cette taille il n'existe aucune solution simple et unique.Il ne suffit pas de traiter les effets. Tout autre chose est nécessaire. Ol s'agit de reconsidérer notre finitude , nous ne sommes pas Dieu. Décroitre n'est pas mourir. Habiter poétiquement le monde.

La science attend d'être pensée et non plus utilisée.


jeudi 11 mars 2021

Commentaires 96 : Colum Mac Cann

 

FB      Qu'appelles tu l'émergence ?                                                                                                                   CMC  Et bien c'est le moment où les choses acquièrent une intelligence nouvelle... Je m'intéresse beaucoup à cette nouvelle forme de démocratie dite de l'émergence : une démocratie qui émergerait par en dessous , aléatoire certes mais alimentée par le peuple et dirigée par de nouvelles forces . Ces nouvelles forces ne seront pas forcément les hommes ou les femmes politiques ni les artistes ni même les jeunes mais plutôt tous les individus qui pensent différemment et sont prêts à reconnaitre que la démocratie , comme la vie est le domaine des nuances et non celui des certitudes.... Si un tel mouvement n'émerge pas, nous connaitrons de très sérieux ennuis.Aujourd'hui nous avons atteint un point limite, tu sais : nous ne savons plus qui nous sommes, ni qui est qui. D'une certaine façon ça rend l'époque très intéressante. Mais le problème c'est que nous n'avons plus d'histoires à raconter.

FB      Pour un écrivain, c'est en effet un problème ...                                                                                                                  CMC  ... Je suis très investi dans Narrative 4, qui fait se rencontrer à l'école les artistes, les profs et les élèves. Avec au centre les histoires. Il s'agit de faire comprendre aux jeunes que leurs histoires et leurs voix comptent autant que celles des autres.Et qu'ils ont, eux, le pouvoir de faire bouger ce monde, de la changer, de la transformer, de le reconstruire et de révolutionner les systèmes.Par les histoires. Celles qu'ils racontent, celles qu'ils écoutent... La tendance actuellement consiste à s'enfermer chez soi : chacun reste assis dans sa petite pièce, baisse les stores et dit bien haut :" Ceci est ma vérité ! Ne vous approchez pas de ma vérité! La vérité m'appartient...

"Entretien Colum Mac Cann avec François Busnel in revue América n°16, février 2021"

jeudi 25 février 2021

Commentaires 95 : Bruno Latour

 

De quoi le confinement est-il la répétition générale ?                                                                              Plus le confinement dure, plus il me parait révélateur, comme on dit "du monde d'après". Littéralement. Quand on en sortira, on ne sera plus dans le même monde, c'est du moins mon hypothèse..En effet la pandémie est belle et bien encastrée dans la crise plus ancienne, plus ancienne , plus longue , plus définitive de la situation écologique.Vous me direz, on le savait .Oui mais il nous manquait l'expérience corporelle de cet enchaînement. Qu'est-ce que ça veut dire de changer de lieu ? Une lieu qui n'est plus ouvert , infini mais justement limité, confiné et où il faudra vivre dorénavant.                                              Donc oui pour moi le confinement est une expérience de déplacement au sens propre, de changement de place. Et c'est bel et bien une répétition générale en espérant que cela se passe mieux la prochaine fois .

Vous passez de la question "Où atterrir ?" à la question "Où suis-je ?" .Pour quelle raison?        Justement à cause de ce changement de localisation.Je ne me demande pas "qui" je suis , mais "ou" nous nous retrouvons. Et je repère ce déplacement dans les sciences de la terre, ou plutôt dans une nouvelle façon de lier les sciences du système Terre à la condition politique imposée par le confinement, médical d'abord puis par le confinement.

...

Pourquoi la question "De qui est-ce je dépends pour subsister ?" est elle la plus pertinente pour repenser notre rapport au territoire ?                                                                                                 ...Donc d'un seul coup la question n'est plus de savoir si nous avons assez de ressources à exploiter pour continuer comme avant mais "comment participer au maintien de l'habitabilité du territoire dont nous dépendons?". Cela change complètement le rapport au sol. C'est cela atterrir.

... 

in Le Monde 13/02/2021, entretien Bruno Latour par Nicolas Truong

jeudi 28 janvier 2021

Citation 122 : Harmut Rosa


 "La pandémie comme Auchwittz sont les indicateurs d'un mauvais rapport au monde dans la modernité. Reconstruire c'est changer , définir à côté de la modernité un autre rapport au monde plus uniquement fondé sur des notions de vitesse et de performance."                                                                                       Harmut Rosa, France Culture 28 janvier 2021

mardi 22 septembre 2020

Commentaire 57 Rendre le monde disponible 2/2

#Rendre disponible ou laisser advenir ?Le conflit fondamental illustré par 6 étapes de vie
- La Naissance : la planification et la réalisation du désir d'enfant : le fait d'avoir ou non un enfant n'est plus un "destin". La qualité génétique dos biologique de l'enfant : de nombreuses méthodes d'investigation permettent de voir si l'enfant correspond à notre désir; l'angoisse de l'accouchement grandit au même rythme que l'indisponibilité" et les risques perçus éprouvés comme une impuissance.
Il en va de même des dispositifs de sécurité : plus il ya de caméras de surveillance , de système d'alarme, moins les individus se sentent en sécurité.Cela sape la confiance que l'on a en sa propre efficacité.
- L'Éducation : l'évolution de l'enfant est suivi par toute une série de paramètres , d'examens médicaux qui relèvent d'un programme de monitoring.
Il existe une pression  d'optimisation portant sur la quasi totalité des expressions de l'existence de l'enfant; toutes ces dimensions sont rendues mesurables afin de les optimiser.
Le développement des compétences par exemple de plus en plus mesurées par l"école alors qu'elles n'en sont pas le but final; l'éducation est un processus de transformation de l'enfant constant pour devenir une personne (ce qui passe par des compétences)
Les enseignes tiraillés au quotidien entre les exigences de disponibilité des autorités chargées de la formation, des résultats exprimés par les parents et le besoin de résonance des élèves sont parmi les professions où l'on compte le plus de burn out.
-La vie professionnelle : les jeunes adultes cherchent le plus souvent à prendre en main leur vie par le biais d'un plan de carrière et d'un projet familial. Pour l'un il s'agit d'articuler formation, expérience et recherche de travail. Pour l'autre c'est beaucoup plus difficile : on ne décide pas de quelle personne on va tomber amoureux. Pourtant de plus en plus de services ne ligne proposent des dating app pour contrôler, maîtriser la rencontre.
- La numérisation du rapport au monde : les techniques et processus numériques ont profondément transformé notre rapport au monde en rendant disponible la quasi totalité du monde accessible à notre conscience.
Le savoir nous est apporté par Google en quelques secondes.
Mais pas uniquement : les marchandises nous sont également accessibles, les gens qu'on aime sont visibles à tel point que la limite de disponibilité du monde n'est pas déterminée par la résistance du monde mais par les limites de notre attention et de notre bourse. 
Notre propre personne devient peut être le plus important point d'agression dans le rapport moderne avec le monde.
Si nous voulons étendre les frontières du monde ,il nous faut commencer par nous optimiser nous mêmes et c'est ce que nous faisons avec le mouvement "quantified self".
L'objectif étant de mesurer toutes les expressions de vie et de les rendre disponibles : tension, pour, perte de calories, nombre de pas, phases de sommeil...On peut ainsi les étudier, comparer et les ...optimiser car impossible de ne pas vouloir faire mieux le lendemain lorsque l'on vous mesure votre nombre de pas au podomètre.
On succombe à un illusion en croyant que l'on ne se laisse pas inciter à transformer son comportement en fonction des données une fois qu'elle sont devenues disponibles.
- Le tourisme : comme contrepoint d'une vie professionnelle et familiale menée sur le mode du désespoir de la gestion du quotidien et de ses to do list.
La promesse des vacances est donc d'aller à la rencontre du monde sans obligation à gérer et nous laissant "toucher "pr le monde
Le problème est que nous n'avons peu de temps , un budget limité et le désir d'obtenir "contractuellement" ce que nous avons envie d'y trouver sans bouleversement imprévu , ni déstabilisation : d'où là aussi un sujet de tension familial et interpersonnel.

- L'age des soins : le caractère éphémère de la vie et la déchéance des corps constituent la limite la plus ferme du programme d'extension d l'accès au monde de la modernité. Là échouent tous nos efforts .Pourtant nous résistons, innovons et bataillons.
Ainsi la relation à la maladie est une vraie relation d'agression et là où nous ne pouvons pas gagner, nous faisons l'effet de ratés.Plus on combat la maladie, plus on s'empêcherait de vivre avec

- La mort :l'agonie est quelque chose que l'on cherche de plus en plus à contrôler ; on ne laisse plus la vie s'en aller de la personne, c'est à dire mourir;

#La dimension structurelle du conflit fondamental : 
Le mode de stabilisation dynamique de la société impose en permanence une extension de notre accès au monde et du même coup un  programme de mise à disposition illimité.

Nous rencontrons les choses sous le forme de ce qu'il faut savoir payer, dominer, acquérir, résoudre et nous avons l'application qui convient pour chacun de ces types de relation.
Mais cela veut aussi dire pour Adorno ou Rilke que nous ne faisons pas l'expérience des choses dans leur diversité phénoménale, nous ne les appréhendons que dans ce que nous avons rendu disponible en elles sur le plan conceptuel, technique , économique.
Il est nécessaire de réfléchir à la nature du désir.

#L'indisponibilité du désir et le désir indisponible
Si la modernité vise à rendre le monde disponible , cela vient avant tout à l'idée et à l'exigence de le rendre disponible pour notre libido. Nous n'en constatons pas moins que dans la manière dont nous menons notre vie nous ne sommes pas simplement guidés par notre désir ou nos envies.
Notre rapport au désir présente présente presque à l'état pur , toutes les caractéristiques d'une relation de résonance : il entre toujours et immédiatement en jeu lorsque nous sommes interpellés ou quand nous nous laissons affecter , nous y répondons physiquement, émotionnellement et mentalement, nous nous transformions en lui tandis que dans le même temps la structure du désir se modifie, se déplace.
La structure du désir se situe dans l'exigence de mettre à portée quelque chose qui ne l'est pas encore.
Le désir humain est avant out désir de relation : nous voulons atteindre ou rendre atteignable quelque chose qui ne l'est pas encore.
Le désir s'éteint lorsqu'il n'y a plus rien à découvrir sur ou avec le vis à vis que nous ma^trisons et contrôlons toutes ses propriétés, si nous en disposons totalement.
Une erreur fondamentale de la culture moderne tient au fait qu'elle transforme la nostalgie de l'atteignabilité  (toujours auverte quant au résultat) en exigence de disponibilité (certaine) et qu'elle a institutionnalisé cette revendication dans le programme  de l'extension de l'accès au monde;
Cette confusion trouve son expression la plus lourde dans la transposition d'un désir de relation fondamental chez l'être humain en un désir d'objet.
Un monde que l'on aurait rendu complètement disponible, serait pas seulement sans attrait mais aussi sans résonance ; il n'y aurait plus rien à désirer , le désir ne trouverait plus d'objet et pourtant notre besoin le plus fondamental d'un vis à vis responsif se trouverait insatisfait.
nombre d'indices suggèrent que la libido décline dans la société contemporaine si bien que certains parlent déjà d'une ère post émotionnelle et post sexuelle (Irène Berkel).
Mais des indices plus nombreux encore montrent que la frustration et la dépression augmentent en même temps que la déception qui s'exprime aussi politiquement , à l'égard du fait que la vie ne tient pas ses promesses, que la société moderne n'apporte pas ce que nous avions espéré: précisément ce que revendiquent les citoyens partout en colère, furieux avant tout.
Une critique de notre propre désir pourrait constituer une issue pour sortir du labyrinthe d'une société d'accroissement sans résonance.

#Le retour de l'indisponible sous forme de monstre :
Les processus de mise à disposition du monde ont un revers aussi puissant que paradoxal : à bien des égards, le monde de la vie dans la modernité tardive devient de plus en plus indisponible, opaque et incertain. Avec plus conséquence le retour de l'indisponibilité dans la vie concrète, mais sous une forme modifiée et angoissante comme une sorte de monstre que ce serait créé lui même.
Des choses dont nous avons pu disposer pendant des siècles se retrouvent brutalement hors d'atteinte : des serrures que nous ne pouvons plus ouvrir, des lumières que nous ne pouvons plus éteindre, des ordi au comportement totalement erratique, des mails qui n'arrivent jamais ou disparaissent, des tv qui s'allument tout seul...
La complexité technique n'est pas la seule à engendrer l'indisponibilité pratique, la complexité et la vitesse des processus sociaux provoquent elles aussi de l'indisponibilité.: le cours de la vie jusqu'alors prévisible, planifiante et au moins partiellement aménageable devient une course sur les vagues, aussi erratique qu'indisponible.
La disponibilité de principe transforme l'indisponibilité pratique en un montre inquiétant car les monstres sont des menaces qui nous guettent en permanence, mais que nous ne pouvons pas voir, ni rendre disponibles.
Des actes relevant du quotidien comme cuisiner, marcher, faire l'amour, chauffer, aérer le pièces, dont nous avons disposé en toute confiance pendant des siècles et qui étaient une source permanente de relation auto-efficace deviennent soudain des motifs d'incertitude et d'impuissance.
L'indisponibilité issue des processus d émise à disposition produit une aliénation radicale.Le programme moderne d'extension de l'accès au monde , qui a transformé ce dernier en un amoncellement de points d'agressions, produit donc de deux manières concomitantes la peur du mutisme du monde et de la perte du monde : là où tout est disponible d'une nouvelle manière, nous ne pouvons plus l'entendre parce qu'il n'est plus atteignable.

vendredi 11 septembre 2020

Commentaire 57 Rendre le monde disponible 1/2

La neige est littéralement la forme pour la manifestation de l'indisponible :nous ne pouvons pas entrainer sa chute  ou dicter sa venue, pas même la planifier à l'avance avec certitude.
Le drame du rapport moderne au monde se reflète dans notre rapport à la neige  comme dans une boule de cristal . L'élément culturel moteur est cette l'idée de rendre le monde disponible alors que la vitalité , le contact et l'expérience naissent de la rencontre avec l'indisponible.
La vie s'accomplit dans l'interaction entre ce qui est disponible et ce qui tout en restant indisponible pour nous , nous regarde pourtant.
Pourquoi les gens vont-ils au stade? continuent -ils à regarder des maths à la tv ? Parce qu'ils ne savant pas comment ça se finit.
L'hypothèse d'Harmut Rosa est que les membres de la modernité tardive vivent sur tous les plans -individuel, culturel, institutionnel et structurel  - la mise à disposition du monde , le monde nous fait faire face sous forme de point d'agression , c'est à dire d'objets qu'il s'agit de connaître,d'atteindre , de conquérir , de dominer ou d'utiliser et c'est précisément en cela que la vie ce qui constitue l'expérience de  la vitalité et de la rencontre - ce qui permet le résonance- , que la vie donc semble se dérober , ce qui  à son tour débouche sur la peur, la frustration, la colère et même le désespoir ,qui s'expriment ensuite entre autres  dans un comportement politique impuissant fondé sur l'agression.

# Le monde comme point d'agression : 
Pour les sujets de la modernité tardive le monde est purement et simplement devenu le point d'agression : tout ce qui apparait doit être connu, dominé, conquis, rendu utilisable .
Dans notre rapport au corps , tout ce que nos en percevons a tendance à être placé sous la pression de l'optimisation: poids, rides, tension, glycémie...
Dans notre vie , il s'agit d'escalader des montagnes, de réussir des examens, de progresser dans la carrière...
La vie quotidienne se concentre et épuise de plus en plus dans le traitement de to do lists exponentielles . N'en at-il pas toujours été ainsi ?
Cette normalisation d'un rapport agressif au monde est le résultat d'une formation sociale qui s'est développée sur tous siècles , formation qui se fonde structurellement , sur le principe d'une stabilisation dynamique , culturellement sur celui d'une augmentation continuelle de sa portée.
Depuis le XVIII° siècle s'accomplit à tous les niveaux de la vie institutionnelle de la modernité occidentale, une mutation structurelle à la suite de laquelle la structure institutionnelle fondamentale ne peut plus être maintenue que par une augmentation constante.
Une société est moderne si elle n'est en mesure de se stabiliser que de façon dynamique ,c'est à dire si elle a besoin pour maintenir son statut quo institutionnel de la croissance (économique), de l'accélération (technique) et de l'innovation (culturelle) constante.
Parce qu'elles ne peuvent se stabiliser que sur le mode de l'accroissement, les sociétés modernes sont structurellement et et institutionnellement contraintes rendre toujours plus de monde disponible, de la mettre à la portée par la technique , l'économie et la politique.
La peur du décrochage et la promesse de l'extension de notre accès au monde sont ainsi les deux faces principales qui guident nos vies.
Ce qui importe dans la vie c'est de rendre le monde atteignable.
Nous sommes contraints structurellement et poussés culturellement à faire du monde le point d'agression; il nous apparait comme ce qu'il convient  de savoir, d'explorer, atteindre, de s'approprier, de maîtriser et de contrôler.

# 4 dimensions de l'indisponibilité :
Ce n'est pas un processus homogène mais constitué de 4 dimensions :
- Rendre disponible = rendre visible , étendre notre connaissance à ce qui est là
- Rendre disponible = rendre atteignable ou accessible (lune en fusée)
- Rendre disponible = rendre  sous contrôle un fragment du monde (innovations techniques)
- Rendre disponible = rendre utilisable ou mettre en service, ce qui est là est transformé en matériau  (politique et promesses électorales)

# Le revers paradoxal : le recul énigmatique du monde :
Sa thèse est que non seulement ce programme de mise à disposition du monde ne fonctionne pas , mais il bascule en son contraire : le monde semble de plus en plus se dérober et se fermer à nous de façon mystérieuse.
Il se révèle à la fois menacé et menaçant et donc au bout du compte il apparait   indisponible.
La perte du monde serait la peur fondamentale et élémentaire et constitutive de la modernité.

# Le monde comme point de résonance :
L'accomplissement culturel de la modernité est précisément d'avoir perfectionné l'aptitude humaine à mettre le monde à distance et à y ouvrir un accès permettant de la manipuler.
Cette forme de relation au monde agressive et créatrice semble primordiale.
L'agression comme relation au monde devient problématique à partir du moment où elle se transforme en mode fondamental de toute manifestation de la vie parce qu'elle méconnait le fait que sujet et monde ne se présentent pas d'emblée comme deux entités indépendantes mais qu'ils émanent d'abord de leurs interactions et de leur attachement mutuel.
Le fondamental n'est pas de disposer des choses mais d'entrer en résonance avec elles ; un mode de relation avec 4 caractéristiques : 1/le moment du contact 2/ le moment de la réponse 3/ le moment de la transformation 4/le moment de l'indisponibilité.
Les effets de transformation d'une relation de résonance échappent constamment et inévitablement au contrôle et à la planification du sujet : on ne peut ni les calculer, ni les maîtriser.
Cette relation s'inscrit donc dans un rapport de tension fondamental avec la logique sociale de l'augmentation et de l'optimisation incessante.
La modernité est portée, poussée à rendre le monde à tout point de vue calculable, maitrisable, prévisible et disponible .
La résonance elle ne se laisse pas rendre disponible : la réside la grande source d'agacement , sa contradiction fondamentale , ce qui produit des variantes toujours nouvelles, des citoyens en colère.

jeudi 29 août 2019

Climat : la panique de la collapsologie est tout aussi paralysante que les certitudes des climato sceptiques


"Si  le changement climatique est un canular(comme l'a affirmé Trump ) ou s'il échappe à notre contrôle (comme le dit Mc Pherson qui prédit une possible extinction de l'humanité vers 2030), il n'y a évidemment aucune raison de réduire les émissions de carbone(...) Il est encore temps, d'éviter les pires résultas, si nous agissons vigoureusement, non à partir de la peur, mais de la confiance que l'avenir est largement entre nos mains".
Michael Mann, Susan Hassol et Tom  Toles in Washington Post , 13072017, repris par le Monde 17082019

mardi 2 avril 2019

Commentaire 52 : Où atterrir ?(1/2)

J'ai envie de commencer par dire que c'est un livre que l'on attendait depuis un moment. Tout est dans son sous titre : comment s'orienter en politique.
C'est à cette insurmontable question à laquelle s'attaque Bruno Latour , non pas en politologue (ce qui l'aide) mais en sociologue et en philosophe, ce qui l'invite à un certaine prudence ou humilité et à  rechercher avant tout d'une méthodologie (plutôt qu'à tout expliquer), d'un processus pouvant aider chacun à répondre à cette question.
Son projet est de nous dresser la carte et la boussole du paysage politique : la carte des forces en présence; la boussole saisissant une nouvelle dynamique des enjeux et des affrontements.
#Un constat de départ : dans les années 90, après la chute du communisme va démarrer "subrepticement "une autre histoire , marquée par la dérégulation, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités et surtout une entreprise , de plus en plus importante de négation de la question climatique.
Tout se passe comme si une partie des classes dirigeantes étaient arrivées à la conclusion qu'il n'y avait plus de place pour tout le monde sur terre pour elles et le le reste des habitants/
=> comme si elles ne dirigeaient plus le monde mais s'étaient mises à l'abri du monde.
Son hypothèse est que l'on ne peut rien comprendre aux 50 dernières années, si l'on ne met pas de côté lamentée en puissance de la question du climat et surtout de sa dénégation.
Nous sommes entrés dans un Nouveau Régime Climatique.
Pour résister à cette perte d'orientation commune , il faut savoir comment s'orienter.

#Le retrait de l'accord de Paris sur le climat de Donald Trump a apporté un formidable retentissement à celui ci et déclenché une guerre des positions: le président américain apporte par son déni de la cause climat, l'abandon de toute capacité à se mobiliser pour une cause commune et une répartition d cela terre en plusieurs parties.
Le vote sur le Brexit marque la décision de la majeure partie des britanniques de ne plus jouer le jeu de la mondialisation.
La reprise et l'amplification des migrations...
tous ces phénomènes marquent l'existence d'un problème majeur, que nous pouvons soit choisir de continuer à dénier, soit choisir de chercher à atterrir et de le traiter politiquement.

Migrations, explosion des inégalités, migrations et Nouveau régime climatique, il s'agit de la même menace. Le droit le plus élémentaire est de se sentir protégé, surtout au moment où les anciennes protections sont en train de disparaitre.

#Depuis 50 ans, ce que l'on appelle globalisation ou mondialisation, désigne en fait deux phénomènes opposés, que l'on a systématiquement confondus : passer d'un pont de vue local à un point de vue mondial veut dire que l'on multiplie les points de vue; hors c'est tout l'inverse, on impose une vision unique tout à fait provincial.
Cette mondialisation moins (opposée à une mondialisation plus, ouverte et enrichissante) va entrainer l'invention du réactionnaire au point où au cri de guerre "modernisez vous" , beaucoup entendent : toute résistance à la mondialisation sera frappé d'illégitimité.
Refuser la mondialisation c'est peut être un réflexe de puerez d'ambition mais c'est aussi résister et refuser de troquer sa province pour une autre NY, Paris ou Pékin.

De toute façon un événement majeur est venu contester le grand projet de modernisation : La terre n'est pas capable d'accueillir son idéal de progrès, d'émancipation et de développement.

#Cette question des limites est connue les années 80, mais n'a pas été reçue par les élites qui en ont tirées deux conséquences : 1/ il va falloir payer cher le retournement, mais les pots cassés ce sont eux qui les paieront, pas nous.2/nous allons nier le plus longtemps possible cette vérité du Nouveau Régime Climatique.
Les  élites ont été si bien convaincues ,qu'elles ont décidé de liquider au plus vite "tous les fardeaux de la solidarité".
Ils ont également compris qu'il ne fallait plus faire semblant ,même en rêve, de partager la terre avec le reste du monde.
Ce que je considère comme très important : une sorte de blocage de l'émergence de tout nouveau récit porteur de nouvelle utopie en la matière. Il est vrai que le cinéma est plus porté par des récits de gestion de crise ,que de de renouveau utopique.Une sorte de moment noétique.
D'où des réactions dès les années 90 ou élites d'un côté et laissés-pour-compte de l'autre se sont respectivement repliés dans des gated-communities.

#Les élites obscurcissantes ayant pris les menaces au sérieux , ayant compris que leur domination était menacée, auraient décidé de démanteler l'idéologie d'une planète commune à tous.
Elles sont passées au déni, ce qui parait invraisemblable, limite théorie du complot, mais le climato négationisme est justement devenu central à cette politique.

#Nous étions partagés jusque là entre deux injonctions contradictoires : en avant vers l'idéal de progrès; en arrière vers le retour aux certitudes anciennes et ce tiraillement nous allait assez bien finalement : le monde avait un sens.
Les deux at tracteurs s'étant tellement éloignés, on n'a même plus le loisir comme avant d'hésiter entre les deux.A la place des tensions, nous avons maintenant le gouffre.
Il n'y plus d'horizon partagé.
Tout se passe comme si un 3ième attracteur était venu détourner, détourner tous les sujets de conflit, rendant toute orientation impossible sur l'ancien axe.

#Tout se passe comme si Trump était l'inventeur d'un 4ième attracteur : le hors sol.
L'horizon de celui qui n'appartient plus aux réalités d'une terre qui réagirait à ses actions.
Pour la 1ière fois le climato-négationisme définit l'orientation publique d'un pays.
L'état est honni, l'individu est roi, ce qui compte c'est de gagner du temps en relâchant toutes les contraintes avant que le peuple ne s'en aperçoive.
L'originalité de Trump, un savant mélange de fuit en avant pour les riches, vers le profit maximum en abandonnant le reste du monde à son sort; la fuite en arrière de tout un peuple vers le retour aux catégories nationales ou ethniques.
Tout cela ne tient qu'en restant indifférent au Nouveau Régime Climatique; ce qui compte, c'est de ne plus avoir à partager avec les autres le monde, de se mettre off shore
Cela définit le 1ier gouvernement totalement orienté sur les questions écologiques, mais à l'envers, par rejet!
Cette politique est l'importation d'un mécanisme bien connu dans la gestion frauduleuse des entreprises : la cavalerie, portée par un homme qui est allé de faillite en faillite et est devenu célèbre par la télé réalité.

#Comment définir ce troisième attracteur ?
Le terrestre, comme nouvel acteur politique.
Toute la désorientation actuelle provient du surgissement d'un acteur qui réagit désormais aux actions des hommes et interdit aux modernisateurs de savoir où ils se trouvent, dans quelle époque et surtout quel rôle ,ils doivent désormais jouer.
Tant que la terre restait stable, on pouvait parler d'espace et se situer à l'intérieur de cet espace et sur une portion de territoire que nous prétendions occuper.
Mais comment faire si le territoire se met à participer à l'histoire ?
Résumons :
A1 : marcher vers le global c'était marcher vers le nouveau monde, pousser devant soi une frontière sans limite.
A2 : ou au contraire dans l'autre sens, le local , c'était l'espoir de retrouver la sécurité d'une frontière stable et d'une identité assurée.
A3 : le terrestre est un nouveau monde, mais pas celui des modernes, un monde peuplé des homes et de la terre où les humains ne sont plus les seuls acteurs, tout en se voyant confier un rôle trop important pour eux : jamais les humains n'ont eu une telle responsabilité.
On ne mesure pas le vide politique, si on n'évalue pas la situation sans précédent.



samedi 9 février 2019

L'impensé n'est pas forcément impensable : la crise des gilets jaunes

Un excellent article de Jean Claude Guillebaud dans La Vie, sur ce phénomène impensé, au sens où il a surpris tout  le monde, mais pas impensable au sens où il reste à penser par les intellectuels pour en extraire tout son sens et significations.

mercredi 29 juin 2016

Commentaires 32 : La vie intense 2/2

"Sans cesse des intensités nous sont promises ",ainsi  démarre le nouveau livre de Tristan Garcia , réflexion d'un jeune philosophe-romancier sur la modernité dépassée et son au-delà   qui s'invente aujourd'hui chaque jour dans nos existences .
Un petit traité décrivant l'évolution de l''éthique et de l'esthétique des classiques à aujourd'hui s'appuyant sur des théorie assez proches de Rosa et de son Accélération 

#La prolifération du concept :
Petit à petit l'intensité devient un concept métaphysique en tant qu'alliance de l'idée du plus ou mois , du changement qualitatif et d e l'image désirable du courant électrique.
L'intensité est la mesure du singulier et de ses variations intérieures alors que la science se consacre à la connaissance et à la modélisation de tout ce qui apparait plus d'une fois.
Ce qui est intense ,c'est ce qui se trouve excepté par la raison de la rationalisation du monde et abandonné à la perception intime et singulière.
Extension et intensité s'opposent alors : à l'extension , l'objectivité du monde extérieur, à l'intensité la subjectivité de l'expérience intérieure.

#La bascule moderne tout devient intensité :
D'exception par projet de tout vouloir objectiver , l'intensité s'est autonomisée et est devenue la règle : tout est intense, tout est intensité.
Aujourd'hui tout s'interprète en intensité et nos savoirs d'espèce , de genre y sont particulièrement attentifs , afin de procéder aux dernières déconstructions des identités classiques .
Ainsi les genres ne sont plus des noms, masculin, féminin, mais des verbes :ça se masculinise ou féminise plus ou moins..
Pourtant l'intensité ne fonctionne qu'en tant qu'intensification : identifiée en tant qu'intensité , elle n'est plus elle même et cesse d'être intense.

# L'avénement d'un nouvel type moral : l'être n'est plus sensible aux promesses de la grâce , à la recherche du salut ou de la vérité.Il ne compare plus ses perceptions à ses idées, mais cherche les ressources pour les comparer à elles mêmes afin de le stimuler.Il a vocation en tant qu'homme à intensifier, sa nature, ses fonctions, ses sens, sa faculté de jouir,son autonomie..Tout ce qui existe dans la nature peut et doit exister.

#L'homme intense se méfie de la tradition: il faut sans cesse alimenter le brasier du corps et de l'esprit qui réclament de la nouveauté et placent au second plan le déjà vu.Ainsi l'aristocrate  libertin du XVIII°  est le promoteur d'une conception matérialiste de l'univers, adepte de l'expérimentations amoureuse et sexuelle . Ne reconnaissant aucune autres norme morale que l'intensification de ces sentiments, il préférera souffrir intensément ,que prendre du plaisir faiblement.Il représente l'avant garde d'une forme d'humanité espérant vivre plus.Il va expérimenter l'intensité dans son corps.
Le bourgeois romantique du XIX° s'inscrit dans cette continuité en découvrant par ses nerfs la nature orageuse du macrocosme. Les correspondances entre la violence  du monde, de la nature  illustrés par les arts notamment et le cerveau vont organiser une multitude de perceptions et nourrir cette désormais quête d'intensité.
Le jeune rocker du XX°, est le résultat démocratisé de ses métamorphoses sur 3 siècles: après avoir soutenu les intensités dans son corps, puis dans la nature entière , il les démocratise gras aux techniques d'amplification et d'enregistrement.

Ainsi s'est construit sur 3 siècles un idéal européen, de plus en plus populaire,de la vie conçue comme expérience électrique, afin de soutenir l'intensité d'un monde moderne toujours sur le point de s'effondrer dans une sorte de dépression de la raison.

La morale nous enjoint à être juste, digne et respectueux : elle fixe des des valeurs , des idées sans préjuger d e la manière de régler son comportement.
L'éthique réclame que l'on soit justement, dignement, c'est une question de façon , de manière de faire.





jeudi 23 juin 2016

Commentaires 32 : La vie intense 1/2


"Sans cesse des intensités nous sont promises "ainsi  démarre le nouveau livre de Tristan Garcia , réflexion d'un jeune philosophe-romancier sur la modernité dépassée et son au-delà   qui s'invente aujourd'hui chaque jour dans nos existences .
Un petit traité décrivant l'évolution de l''éthique et de l'esthétique des classiques à aujourd'hui s'appuyant sur des théorie assez proches de Rosa et de son Accélération 

#L'idée d'intensité :
La course à l'intensité qui régit nos existences a été impulsée au XVIIIe siècle avec l'apparition de l'électricité.
L'intensité est le promesse que nous tient la société libérale :devenir des hommes intenses, pas une autre vie ou la gloire de l'au delà mais seulement ce que nous sommes déjà plus et mieux.
Ce qui nous est offert c'est une augmentation de nos corps, une intensification de nos plaisirs,amours, émotions.
Mais qu'est ce que l'intensité , voilà la question et si la modernité promettait une rationalisation des connaissances ,des productions et des échanges, l'intensité est devenue la valeur  éthique suprême de ce qui résiste à cette rationalisation.

L'intensité comme un idéal sans contenu , purement de la forme: être intensément ce que l'on est .
Ainsi l'esthétique classique reposait sur la correspondance d'une représentation à un idéal préexistant. Idéal lui même régi par des lois de symétrie , d'harmonie et d'agrément.
Aujourd'hui il n'est plus question de faire référence à cet idéal (ou à un autre, son dérivé) mais de dépasser la représentation par le choc de la présence des choses : l'oeuvre doit produire une expérience inédite chez le spectateur.
Alors comment juger ? seul compte de déterminer si la chose est forte.
L'esthétique devient devient alors : que le chose soit n'importe quoi pourvu qu'elle le soit avec intensité.
L'émancipation des individus au XVIIIième siècle a abouti à l'intuition moderne que l'éthique était l'élaboration par chaque homme de son propre tribunal. 
Au soir de sa vie une seule loi préside au procès de soi à soi : que ce qui a été fait ,l'ait été avec intensité, est ce que j'ai vécu à fond.
Le fameux "chacun à ses raison" de Renoir dans La Règle du jeu.(*ndlc)
Bien loin des sociétés reconnaissant comme valeur suprême de l'existence  son dépassement par un état souverain (vie après la mort, métempsycose,gloire, éternité) ou son apaisement dans l'extinction des intensités valables de la vie (illumination, nirvana,ataraxie)
Une certitude : il n'y a pas dans cette idée d'intensité ni salut, ni  sagesse.

#Une image : ce que l'électricité  a fait à la pensée
Le mot d'électivité est introduit vers 1600 et va fasciner le monde moderne pendant 400 ans au point où on pourrait définir la modernité comme la domestication du courant électrique. 
Le courant électrique a à la fois déçu les espoirs de pouvoir tout expliquer et est resté inexplicable.
L'électricité s'est alors imposée non pas comme une idée définissable mais comme une image , celle d'une charge , perceptible et susceptible d'être domestiquée.
En parallèle l'image de l'électricité a envahi la pensée moderne en imposant le concept d'intensité :« L'électricité est devenue une sorte d'eau invisible, nichée au coeur même de la matière, et qualifiée dans un premier temps de "fluide subtil" : une eau de feu donc, mêlant les qualités de la première (mouvement et fluidité) à celles du second (chaleur et lumière), afin de former une énergie inédite. » 

#la distinction rationnaliste entre force et matière :
Pour les grecs, la puissance était un plus ou un moins intérieure à chaque chose du monde : la force reçoit toute l'intensité expulsée de la matière et emprisonnée dans ce qui met les corps en mouvement.
Les rationalistes vont rompre avec ce principe physique et métaphysique d'énergie primordiale pour scinder entité et force : rien ne varie en soi,les êtres ne sont pas plus ou moins et restent les mêmes ; seule la force varient intensité et peut se mesurer.
Autrement dit  toute  l'identité va aux entités et toute la mesure à la force qui n'est que variation et aura de plus en plus de mal à se définir.

Par extension : l'absence d'une idée d'intensité , la rationalisation du monde a produit dans la pensée européenne , l'impossibilité de se figurer autrement que comme irrationnel le fait que quelque chose soit plus ou moins ce qu'il est .
L'intensité pure nest pas de ce monde, ce n'est que le sentiment du monde.
Reconnaitre la vérité revient à effectuer le deuil d'une intensité objective des choses et à admettre que dans les impressions des hommes il y a des intensités.

# l'apparition du 1ier symptôme de dépression de la conscience moderne : le sujet n'a de ressource qu'en lui même pour trouver quelque chose d'intense

#son hypothèse centrale : il s'est noué une étrange alliance dans l'esprit moderne entre une image (l'électricité) qui manquait d'une idée et une idée (l'intensité) qui manquait d'une image.
Intensité signifiait à la fois ,la variation d'une qualité,la mesure de la comparaison d'une chose avec elle m^me , la mesure du changement, ce qui permettait d'expliquer la sensibilité du vivant, du désir ... 
« Etre sage, c'est en effet être égal, éviter les hauts pics et les creux profonds de ses humeurs et de ses passions. C'est travailler à la désintensification systématique de soi »

(*ndlc= note de la claviste)

mardi 1 mars 2016

Dans la Pub 7 : Le futur selon Samsung


Le futur du monde selon Samsung et son concept de "smart things"
Quelques mots clés de ce nouveau monde: 
Accomodation
Malleable, adjustable, personalised home/work environments (Even Smarter) SmartThings
Virtual Decoration
3D printed furniture and homeware

Sustainability
Grow your own at home Self-cleaning/repairing materials Architecture of the Future Aquatic Homes
Building up/digging down

Work, Science and Research
Integrated Artificial Intelligence (AI) The working week
Medicine and Ageing
Homes equipped with medical screening equipment Medicine and Procreation
Leisure
Commercial space flight a reality Drone delivered holiday homes
3D printed food and leisure materials Virtual leisure

And finally...
Living in space. Colonies established first on Mars, and then on nearby habitable planets 

Et tous les détails : http://www.samsung.com/uk/pdf/smartthings/future-living-report.pdf

vendredi 25 septembre 2015

Et nous étions en train de changer de civilisation ?



Tel était le thème de l'atelier débat de ce matin  animé par le toujours excellent François Bellanger qui depuis des années explore les nouveaux imaginaires dans son atelier Transit city.
Les questions sous jacentes étaient nombreuses :
Et si nous sortions du monde industriel apparu à la fin du XIXème siècle ?
Et si le post-fordisme nous ramenait à une époque pré-fordiste ?
Et si toutes les valeurs politiques et sociales du XXème devaient s’en trouver interrogées ?
Et si nos réflexions prospectives étaient en deçà des mutations sociales et politiques qui s’annoncent ?
Bref, et si nous changions radicalement de civilisation ?
La thèse de François Bellanger étant que finalement rien n'ayant changé depuis la révolution industrielle de la fin du XIX, tout est en train de basculer aujourd'hui et tous les concepts mutent en même temps 

# La ville telle que nous la connaissons aujourd'hui n'a pas changé fondamentalement depuis le  XIX sème siècle
Le logement, le bureau , l'usine , la gare, l'école, les cafés, les grands magasins, les rues , le métro, les trains, les voitures,sont des concepts qui trouvent leur définition, rôle et spécificité à cette époque sans en changer.
Cette rue parisienne est aujourd'hui la même que celle peinte par Pissaro à l'exception des voitures et téléphones portables.
Chaque espace a une fonction et une seule, distincte de l'autre et c'est clair : logement pour habiter, usine pour produire, stade pour faire du sport, restaurant pour manger, magasin pour consommer..
Tout est remis en question aujourd'hui.
Il en de même de nos référents politiques : république, scolarisation, laïcité, salariat, syndicalisme, progrès, modernité , tous ces concepts sont en crise

# Sa conviction 1 : ça ne fonctionne plus parce que nous vivons une nouvelle révolution industrielle où "l'individu mobile et connecté est au centre de la carte."
"La connection est la nouvelle normalité" 
Les GAFA ne réfléchissent jamais en terme de territoire ou de culture, chaque être humain connecté est un client potentiel et chaque être humain non connecté devrait l'être
"En Chine le téléphone mobile est la nouvelle carte d'identité" rapportait récemment un tycoon de la net économie chinoise.
Le nouvel espace pourrait s'appeler le rhizome en référence à 1000 Plateaux de Guattari et Deleuze : n'importe quel point peut être connecté avec n'importe quel autre.
La difficulté d'imaginer le coup d'après pour les industriels traditionnels (sncf, peugeot , michelin..) est réelle : s'il possible de penser un train Google, comment penser blablacar ou un convoi de véhicules autonomes quand on s'appelle la SNCF.
Des échecs au jeu de Go : la société semble évoluer de l'un vers l'autre :  d'un jeu très hiérarchisé, avec une géographie stable, un champ de bataille identifié à un jeu où toutes les pièces se valent et construisent de nouveaux espaces de conquête.

L'exemple du Paris - Reims est édifiant :
- il y a moins de 5 ans pour aller de Paris -RP à Reims le matin,  il n'existait que 2 points fixes  d'accès SNCF dans toute la région
- Aujourd'hui ils existent toujours mais on estime les points d'accès mobile via bla bla car à 7
- Dans 5 ans ils pourraient au minimum doubler , alors que la sncf ...

# Conviction 2 : on entre dans une époque où tous connectés, on fait tout partout : 
C'est quoi un piéton ? "une PME ambulante" répond Fabrice Luchini.
Et si tous les lieux devenaient des lieux de transit où travail, détente, sport, restauration  se conjuguaient à l'infini chez soi mais là où je travail, dans les points d'accès au transport..

Pour Michel Serres on est passé : "de la construction de boite à la construction de flux"
Le futur HQ de Google est pensé à 100 % modulaire : comme si plus rien ne devait être fixe et le tout adaptable devenait une nouvelle croyance de nos espaces urbains.

Exemple du sport :
- dans les années 30-60 : le sport se pratique au stade (adidas)
dans les années 80 : le sport commence à sortir du stade notamment avec le running (nike)
aujourd'hui : la ville entière est devenu un terrain de sport ( red bull)
Les quais de Seine à Paris expriment ces nouveaux imaginaires car ils sont 7/7 à la fois lieu de détente/promenade/sport/restauration/fete sns véritable hiérarchie

# Des nouveaux lieux se créent  pour de nouvelles pratiques  :
- les fab cafés : on imprime des objets
- nouveaux espaces  bureaux café
- magasins où les gens viennent acheter et bricoler
- micoimprimerie où on imprime soi même un livre
- Nike qui va ver les chaussures tissées car il prévoit de les produire dans ses boutiques
- Micro hôpital à la maison où on invente sa nouvelle prothèse

Tout indique une redéfinition des lieux autour de la production localisée
Local Motors vient d'imprimer deux Twizzy que Renault n'arrive pas à distinguer des ses modèles originaux.

#Conviction 3  De l'uberrisation à la local motorisation  : peut être qu'après la connection  de tous , la prochaine mutation est là
L'ubérisation, c'est quand une application mobile déstabilise tout un secteur économique en faisant éclater tous les cadres économiques traditionnels La "localmotorisation", ca sera quand un réseau d'imprimantes 3 D déstabilisera tout un secteur industriel en permettant une production locale et ultra-personnalisée 

Tout semble indiquer une redistribution de la production entre :
- micro production locale par les acteurs eux mêmes de biens de consommation personnalisés
- production entièrement automatisée dans des usines géantes d'objets industriels sophistiqués (automobiles tesla)

# Il prévoit déjà la prochaine étape :
- Déjà des micro usines mobiles prévues par Amazon
-VICA : le nouveau concept de l'armée américaine pour : volatilité, incertitude, complexité, ambiguité -> les mots d'ordre de la recherche sur les équipements militaires
Avec toujours plus de drones : vers 2045 plus d'avions avec pilote dans l'us army
Des usines volantes, des structures gonflables, des soldats de plus en plus connectés, producteurs de leur matériel..

Pour finir une conviction : tout ce qui est robotisante , le sera
A suivre…

* les slides et visuels sont empruntés au blog Transit City