Affichage des articles dont le libellé est indicateur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est indicateur. Afficher tous les articles

lundi 12 mai 2014

La rapidité d'obsolescence des savoirs comme indicateur du changement.

"A la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70%  de ce qu'il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Aujourd'hui 80% de ce qu'a appris un professeur lorsqu'il est étudiant est obsolète ."
Michel Serres.

mercredi 23 avril 2014

Changement d'opinion, changement de ...

Un changement très intéressant et pas toujours relevé est celui de l'opinion française au sujet de la mondialisation:
En 2007 ils sont 54% à estimer que la mondialisation profite "essentiellement aux pays développés comme les usa, la France mais pas aux pays en voie de développement.
En 2012 aux même questions du CSA, ils ne sont plus que 12 %à penser que la mondialisation profite
aux pays "anciennement développés" et 13% qu'elle profite à tout le monde.
29% vont même jusqu'à penser que dans 50 ans l'économie française sera à un niveau inférieur de celle de pays émergents comme le Mexique, la Thailande, le Nigéria.

C'est certain l'opinion des français sur ce thème a changé d'avis : tout se passe comme si les effets de la crise avait généré un éprise de conscience sur la situation des pays développés .
Elle  se projette négativement dans le futur, ce qui n'est pas sans conséquence sur notre façon de vivre et d'appréhender l'avenir.
La sensation de ne plus être maître de son destin génère du stress,
Celle de ne plus avoir un futur en ligne avec notre passé un sentiment bien connu de déclassement
Bonjour l'ambiance!

lundi 14 janvier 2013

Le modèle mathématique de l'austérité serait-il faux ?



Le Billet politique d'Hubert Huertas du 0901
C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. Un rapport de quarante quatre pages signé par un économiste en chef du FMI, un français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.
       Ce que dit Olivier Blanchard, c’est que le modèle mathématique sur lequel s’appuyaient ces politiques visant au désendettement radical, et au retour sacré à l’équilibre budgétaire, comportaient une erreur au niveau, je cite, du multiplicateur fiscal. Pour simplifier beaucoup, ce modèle mathématique, donc incontestable, prévoyait que lorsqu’on retire un euro dans un budget il manquerait un euro dans le pays concerné. Or c’est faux. Pour des raisons qui tiennent à une réalité parfaitement triviale, et qui est que les hommes sont humains, cette austérité a déclenché des réactions collectives qui ont abouti à ce que cet euro retiré a provoqué la perte de trois euros dans les sociétés concernées.
       Multipliez par des milliards, et vous comprendrez pourquoi l’austérité imposée à coup de sabre par des troïkas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage, et plus de récession.
       L’équation était fausse, ce qui est remarquable en soi, surtout quand on songe au Mississipi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremptoire, délivrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les journaux, par des commentateurs sûrs d’eux et dominateurs.
       Mais le plus incroyable est ailleurs.
       C’est qu’il ait fallu s’apercevoir que quelque chose clochait dans une équation pour découvrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assistait à des accidents de la route en chaîne et qu’on ne donnait pas l’alerte tant qu’un modèle mathématique ne disait pas que c’était des accidents.
       On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la technocratie. Il a fallu qu’un expert constate un problème avec un coefficient multiplicateur pour que ce qui saute aux yeux soit perçu par nos cerveaux. L’Europe est à la traîne, son chômage bat des records, sa croissance est en berne, la pauvreté s’installe, bref la voiture est dans le fossé, mais peu importe, on ne change pas de politique puisque c’est la seule et qu’en vouloir une autre serait une demande ignare.
       Les ignares vous saluent bien, mais les dévots de l’austérité n’ont pas rendu les armes. L’histoire de l’équation commence à cheminer, on en a parlé dans le journal de France 2 hier soir, l’Humanité l’a évoquée, le Washington Post aussi, mais elle ne fait pas encore la une. C’est qu’on ne renonce pas d’un jour à l’autre à une idéologie. Même vermoulus les murs de Berlin ne s’affaissent pas d’un jour à l’autre.  

mardi 5 juillet 2011

Le risque systémique : passage de la physique qualitative à la physique quantitative


Comment décrire le risque systémique ? comment répondre à ceux qui continuent nier ou à ne pas croire (ils savent mais n'y croient pas dit Jean Pierre Dupuy) aux risques climatiques, écologique, nucléaire, épidémiologique, économique ...??
Nous manquons de représentation, d'un concept symétrique à la complexité :lorsqu'un système produit des interactions de plus en plus nombreuses, il y a risque ,non plus de surchauffe mais de passage à un autre état.
C'est précisément ce que décrit ce passage du quantitatif au qualitatif : cesser de mesurer pour observer le passage d'un état à l'autre.
Prenons par exemple la machine à vapeur : selon le physique quantitative il n'est pas nécessaire qu'elle possède une soupape de sureté; rien ne signale dans la représentation modélisée de la machine qu'elle puisse exploser.
C'est la même chose en économie "nous avons construit des modèles où rien n'indique que l machine puisse exploser "
D'après F.Jorion La Capitalisme à l'agonie.Fayard 2011

mercredi 24 février 2010

Les indicateurs du changements (2)


Voici un texte retrouvé récemment lu qui apporte quelques compléments très intéressants à la recherche des indicateurs du bonheur .

"L’Observatoire des Bien-Être(s) que vient de lancer Ipsos Marketing dans sept pays comparables d’un point de vue socio-économique (France, Allemagne, Royaume Uni, Italie, Espagne, Etats-Unis, Japon) apporte une contribution à ce débat. Un échantillon national représentatif de 1000 personnes a été interrogé dans chaque pays, soit 7000 interviews au total. L’Observatoire aborde le bien-être à travers quatre angles :
- le bien-être idéal :quels sont les conditions et les valeurs d’une vie heureuse ?
- le bien-être au quotidien et les sources de satisfaction qui lui sont associées dans la vie de tous les jours,
- les sources de frustration et les peurs des individus – sorte de miroir inversé du bonheur idéal –
- et, last but not least
, une analyse des « gens heureux ».

Cette dernière analyse permet de boucler la boucle en identifiant les facteurs les plus prédictifs du bonheur individuel. Quelles sont les caractéristiques distinguant les gens heureux du reste de la population ?

L’existence d’un socle du bien-être universel

Premier enseignement de l’Observatoire des Bien-Être(s) : quelque soit l’angle d’analyse considéré, il existe une convergence des facteurs conduisant au bien-être individuel. De ce point de vue, les résultats confirment de nombreuses recherches menées en Amérique du Nord et en Europe depuis le début des années 1990. L’enquête montre qu’il existe sept facteurs indispensables à une vie heureuse.
Le premier facteur n’étonnera personne tant il constitue pour la très grande majorité des individus la condition première du bien-être. Il s’agit de la
santé
. Comment se sentir bien sans être en bonne santé ? Cela est vrai dans presque tous les pays. Il n’y a guère, en effet, qu’aux Etats-Unis que sa première place lui est soufflée par la liberté de pensée, ce qui, soit dit en passant, permet de mieux comprendre l’hostilité déclenchée chez certains républicains par la réforme de l’assurance maladie. Pour caricaturer on dira que les Américains préfèrent être malades mais libres, plutôt que l’inverse…
Autre dimension importante du bien-être : la
sécurité matérielle
. Quoi qu’on dise, l’argent demeure une condition nécessaire du bien-être individuel. De fait, en ces temps de crise économique, la principale cause de stress réside dans les problèmes financiers. Attention néanmoins, le bien-être ne consiste pas à être riche et à avoir beaucoup d’argent, mais avant toute chose, à être délivré des soucis d’argent.
Le troisième facteur déterminant réside dans le
lien social
. Que celui-ci soit amoureux, familial ou amical, l’état de bien-être des individus augmente sensiblement dès lors que l’un ou plusieurs de ces liens est assuré. Cela ne ravira pas certains adeptes du célibat à perpétuité, mais les individus vivant seuls sont en général les plus malheureux.
Quatrième dimension clé : le
besoin d’authenticité
. Dans nos démocraties, la liberté de penser et de vivre selon ses propres valeurs est une condition essentielle du bien-être individuel.
L’estime de soi
forme le cinquième pilier du bien-être. Difficile d’être heureux si l’on ne s’aime pas soi-même, ou si l’on n’a pas confiance en ses propres capacités. L’Observatoire des Bien-Être reconstitue notamment l’indicateur de Rosenberg et détermine, pour chaque individu, son niveau d’estime de soi. A noter : la reconnaissance par les autres entre pour une part importante dans le calcul de l’estime de soi individuelle.
La sixième dimension consiste dans ce que l’on a coutume aujourd’hui d’appeler la «
pensée positive
». Le fait d’aborder les situations de la vie avec optimisme renforce le bien-être individuel. L’Observatoire montre que cette disposition est en partie culturelle. Ellen se retrouve davantage dans certains pays comme l’Espagne ou les Etats-Unis, et moins en France par exemple.
Enfin, une septième dimension joue également un rôle important. Il s’agit d’une valeur : l
’ouverture aux autres
. Les personnes qui disent se sentir le mieux dans nos sociétés sont également celles qui valorisent le plus la relation à l’autre. Il existe une corrélation forte entre le bien-être et l’attention portée aux autres. Ceux qui sont très concentrés sur eux-mêmes ont tendance à être plus malheureux.

Vers des outils de mesure standardisés

Il y a évidemment des différences selon les âges et le revenu des personnes interrogées, mais ces différences ne sont pas rédhibitoires. Car le principal résultat de l’étude est un espoir : il existe une sorte de « socle » du bien-être valable dans tous les pays étudiés, c’est-à-dire des conditions indispensables au bien-être des individus. D’autres études internationales, comme la World Value Survey , montrent des tendances comparables. Cela signifie concrètement que les sept dimensions identifiées peuvent donner lieu à différents outils de mesure. Ces outils peuvent reposer sur des méthodologies distinctes : enquêtes d’opinion, mesures de flux économiques, statistiques sur la santé, données quantitatives et qualitatives sur les pratiques et dispositifs institutionnels... C’est d’ailleurs la diversité méthodologique qui garantira une meilleure appréhension de la réalité.

Attention néanmoins à ne pas conclure que le bien-être individuel repose sur sept dimensions exclusivement ! L’Observatoire montre aussi que ces conditions sont nécessaires mais non suffisantes. Au-delà du socle fondamental, il existe de multiples façons d’être bien qui varient selon les individus. Mais cela est une autre histoire, à suivre dans l’Observatoire des Bien-Être(s)…"


Rémy Oudghiri

Directeur du département Tendances et Insights

jeudi 18 février 2010

Les indicateurs du changements


La question des indicateurs est toujours une question déterminante des projets de transformation ou de changement.
Dans une démarche volontariste ,construite et pilotée ,définir les critères c'est répondre aux questions : à quoi verra t-on le changement ? comment pourra t-on le mesurer ? Cela passe principalement par :
  1. Définir des indicateurs : identifier des signaux spécifiques au projet et à sa mise en oeuvre tant sur le plan stratégie -business que sur le plan management des hommes. Des critères mesurables et visibles de tous, applicables à l'entreprise, son environnement. Sans spécificité point de changement. Sans mesurabilité pas de pilotage. Sans visibilité pas de partage ni d'échange possibles.
  2. Veiller à la cohérence entre types d'indicateurs et principalement entre ceux du business et du management. Ceux destinés à mesurer le projet et ceux destinés à apprécier la performance des hommes dans la réalisation du projet. C'est souvent de ces incohérences que naissent les retours en arrière (les critères sont inapplicables ) ou pire un climat de souffrance au travail ( cf paroles de psys )
A ce titre les déclaration de Franck Riboud dans le JDD du 14/02/10 sont intéressantes sur la prise de conscience de la nécessaire cohérence entre les axes de développement stratégique de l'entreprise ( business, environnement, sociétal)
et les critères de pilotage des hommes qui la composent , du moins son top management et ses managers. Gageons que cette cohérence soit respectée à tous les niveaux de l'organisation.
"Depuis trois ans, nous avons modifié les critères de rémunération variable des 1.500 top-managers du groupe. Nous sommes passés d’objectifs financiers à un nouvel équilibre en trois tiers: les progrès de l’entreprise en matière environnementale et sociétale; la performance managériale et les résultats financiers. Autrement dit, si nous demandons à un patron de division de baisser ses prix, il ne met en jeu qu’un tiers de son variable. Nous avons aussi réduit de 30% les stock-options en les remplaçant par une prime basée sur des performances financières sur trois ans et pas sur les cours de Bourse. De Franck Riboud au directeur marketing en Argentine, la règle est la même pour tous."