Expressions - Impressions - Nouveaux concepts - Croyances et Incertitudes d'un Monde qui change
mardi 2 avril 2019
Commentaire 52 : Où atterrir ?(1/2)
C'est à cette insurmontable question à laquelle s'attaque Bruno Latour , non pas en politologue (ce qui l'aide) mais en sociologue et en philosophe, ce qui l'invite à un certaine prudence ou humilité et à rechercher avant tout d'une méthodologie (plutôt qu'à tout expliquer), d'un processus pouvant aider chacun à répondre à cette question.
Son projet est de nous dresser la carte et la boussole du paysage politique : la carte des forces en présence; la boussole saisissant une nouvelle dynamique des enjeux et des affrontements.
#Un constat de départ : dans les années 90, après la chute du communisme va démarrer "subrepticement "une autre histoire , marquée par la dérégulation, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités et surtout une entreprise , de plus en plus importante de négation de la question climatique.
Tout se passe comme si une partie des classes dirigeantes étaient arrivées à la conclusion qu'il n'y avait plus de place pour tout le monde sur terre pour elles et le le reste des habitants/
=> comme si elles ne dirigeaient plus le monde mais s'étaient mises à l'abri du monde.
Son hypothèse est que l'on ne peut rien comprendre aux 50 dernières années, si l'on ne met pas de côté lamentée en puissance de la question du climat et surtout de sa dénégation.
Nous sommes entrés dans un Nouveau Régime Climatique.
Pour résister à cette perte d'orientation commune , il faut savoir comment s'orienter.
#Le retrait de l'accord de Paris sur le climat de Donald Trump a apporté un formidable retentissement à celui ci et déclenché une guerre des positions: le président américain apporte par son déni de la cause climat, l'abandon de toute capacité à se mobiliser pour une cause commune et une répartition d cela terre en plusieurs parties.
Le vote sur le Brexit marque la décision de la majeure partie des britanniques de ne plus jouer le jeu de la mondialisation.
La reprise et l'amplification des migrations...
tous ces phénomènes marquent l'existence d'un problème majeur, que nous pouvons soit choisir de continuer à dénier, soit choisir de chercher à atterrir et de le traiter politiquement.
Migrations, explosion des inégalités, migrations et Nouveau régime climatique, il s'agit de la même menace. Le droit le plus élémentaire est de se sentir protégé, surtout au moment où les anciennes protections sont en train de disparaitre.
#Depuis 50 ans, ce que l'on appelle globalisation ou mondialisation, désigne en fait deux phénomènes opposés, que l'on a systématiquement confondus : passer d'un pont de vue local à un point de vue mondial veut dire que l'on multiplie les points de vue; hors c'est tout l'inverse, on impose une vision unique tout à fait provincial.
Cette mondialisation moins (opposée à une mondialisation plus, ouverte et enrichissante) va entrainer l'invention du réactionnaire au point où au cri de guerre "modernisez vous" , beaucoup entendent : toute résistance à la mondialisation sera frappé d'illégitimité.
Refuser la mondialisation c'est peut être un réflexe de puerez d'ambition mais c'est aussi résister et refuser de troquer sa province pour une autre NY, Paris ou Pékin.
De toute façon un événement majeur est venu contester le grand projet de modernisation : La terre n'est pas capable d'accueillir son idéal de progrès, d'émancipation et de développement.
#Cette question des limites est connue les années 80, mais n'a pas été reçue par les élites qui en ont tirées deux conséquences : 1/ il va falloir payer cher le retournement, mais les pots cassés ce sont eux qui les paieront, pas nous.2/nous allons nier le plus longtemps possible cette vérité du Nouveau Régime Climatique.
Les élites ont été si bien convaincues ,qu'elles ont décidé de liquider au plus vite "tous les fardeaux de la solidarité".
Ils ont également compris qu'il ne fallait plus faire semblant ,même en rêve, de partager la terre avec le reste du monde.
Ce que je considère comme très important : une sorte de blocage de l'émergence de tout nouveau récit porteur de nouvelle utopie en la matière. Il est vrai que le cinéma est plus porté par des récits de gestion de crise ,que de de renouveau utopique.Une sorte de moment noétique.
D'où des réactions dès les années 90 ou élites d'un côté et laissés-pour-compte de l'autre se sont respectivement repliés dans des gated-communities.
#Les élites obscurcissantes ayant pris les menaces au sérieux , ayant compris que leur domination était menacée, auraient décidé de démanteler l'idéologie d'une planète commune à tous.
Elles sont passées au déni, ce qui parait invraisemblable, limite théorie du complot, mais le climato négationisme est justement devenu central à cette politique.
#Nous étions partagés jusque là entre deux injonctions contradictoires : en avant vers l'idéal de progrès; en arrière vers le retour aux certitudes anciennes et ce tiraillement nous allait assez bien finalement : le monde avait un sens.
Les deux at tracteurs s'étant tellement éloignés, on n'a même plus le loisir comme avant d'hésiter entre les deux.A la place des tensions, nous avons maintenant le gouffre.
Il n'y plus d'horizon partagé.
Tout se passe comme si un 3ième attracteur était venu détourner, détourner tous les sujets de conflit, rendant toute orientation impossible sur l'ancien axe.
#Tout se passe comme si Trump était l'inventeur d'un 4ième attracteur : le hors sol.
L'horizon de celui qui n'appartient plus aux réalités d'une terre qui réagirait à ses actions.
Pour la 1ière fois le climato-négationisme définit l'orientation publique d'un pays.
L'état est honni, l'individu est roi, ce qui compte c'est de gagner du temps en relâchant toutes les contraintes avant que le peuple ne s'en aperçoive.
L'originalité de Trump, un savant mélange de fuit en avant pour les riches, vers le profit maximum en abandonnant le reste du monde à son sort; la fuite en arrière de tout un peuple vers le retour aux catégories nationales ou ethniques.
Tout cela ne tient qu'en restant indifférent au Nouveau Régime Climatique; ce qui compte, c'est de ne plus avoir à partager avec les autres le monde, de se mettre off shore
Cela définit le 1ier gouvernement totalement orienté sur les questions écologiques, mais à l'envers, par rejet!
Cette politique est l'importation d'un mécanisme bien connu dans la gestion frauduleuse des entreprises : la cavalerie, portée par un homme qui est allé de faillite en faillite et est devenu célèbre par la télé réalité.
#Comment définir ce troisième attracteur ?
Le terrestre, comme nouvel acteur politique.
Toute la désorientation actuelle provient du surgissement d'un acteur qui réagit désormais aux actions des hommes et interdit aux modernisateurs de savoir où ils se trouvent, dans quelle époque et surtout quel rôle ,ils doivent désormais jouer.
Tant que la terre restait stable, on pouvait parler d'espace et se situer à l'intérieur de cet espace et sur une portion de territoire que nous prétendions occuper.
Mais comment faire si le territoire se met à participer à l'histoire ?
Résumons :
A1 : marcher vers le global c'était marcher vers le nouveau monde, pousser devant soi une frontière sans limite.
A2 : ou au contraire dans l'autre sens, le local , c'était l'espoir de retrouver la sécurité d'une frontière stable et d'une identité assurée.
A3 : le terrestre est un nouveau monde, mais pas celui des modernes, un monde peuplé des homes et de la terre où les humains ne sont plus les seuls acteurs, tout en se voyant confier un rôle trop important pour eux : jamais les humains n'ont eu une telle responsabilité.
On ne mesure pas le vide politique, si on n'évalue pas la situation sans précédent.
mardi 13 novembre 2018
Citation 63 : Alaa el Aswany
Alaa el Aswany, J'ai couru vers le Nil, Le Seuil, 2018.
mardi 30 octobre 2018
Citation 61: Alaa el Aswany
Alaa el Aswany, J'ai couru vers le Nil, Le Seuil, 2018.
mardi 16 octobre 2018
Citation 60 : Alaa el Aswany
Alaa el Aswany, J'ai couru vers le Nil, Le Seuil, 2018.
mardi 27 mai 2014
Accélération 6 : l' accélération du rythme de vie et la perception du temps
Commentaires sur le livre de Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, auteur de Accélération La Découverte 2011.
Depuis le XIX chaque génération croit percevoir une augmentation de son rythme de vie pour atteindre un niveau jusque là jamais atteint.
Ce sentiment s'accompagne presque toujours de la crainte que celui ci serait excessif.
Selon le sociologue R. Levine on peut mesurer le rythme de vie à l'aide de trois indicateurs :
- la vitesse de déplacement, celle qu'atteignent les piétons au centre ville
- la vitesse du travail par le temps mis par un employé de poste pour vendre un timbre à un client
- la précision des horloges publiques
L'accélération du rythme de vie se constitue donc d'une augmentation des vitesses d'actif cumulées et d'une transformation de la perception du temps de la vie quotidienne.
1/ Les paramètres objectifs : augmentation de la vitesse d'action
3 stratégies distinctes et combinables :
1/ accélérer l'action elle même = marcher plus vite, parler plus vite<..
2/ réduire la durée des pauses et des temps morts
3/effectuer plusieurs taches en simultanée (multitasking)
# sa thèse : depuis le début de l'époque moderne, le rythme de vie moyen a continuellement augmenté même si ce n'est pas de façon linéaire
Par elles mêmes la durée de la journée de travail et la quantité de temps disponible hors travail ne disent rien du rythme de vie.
En France l'intensification des tâches au travail est une conséquence directe du raccourcissement de la journée de travail par les 35 h.
# dans la mesure où les sentiments de pression temporelle et de stress sont des indices d'une accélération du rythme de vie , leur augmentation parallèle à l'augmentation du temps libre dans les sociétés occidentales ne doit pas nous surprendre.
De m^me la quantité d'épisodes, d'expériences vécues participent du sentiment d'accélération du rythme.
# Le temps de travail aussi bien que le temps de loisir sont découpés en morceaux où les intervalles deviennent de plus en plus petits et où un nombre croissant d'événements est condensé dans des espaces temporels de plus en plus étroits.
# Les processus de décision concernant les différentes options deviennent de plus en plus complexes.Il en résulte dans notre pratique temporelle un sentiment quasi permanent d'insatisfaction :
=> on est amené à prendre une décision sur un embase d'informations insuffisante
=> on prend le temps de s'informer de façon approfondie et on a le sentiment de perdre son temps
=> on renonce à prendre une décision et on garde le m^me ordo, l'abonnement tel..
#L'abandon des rythmes et des structures temporelles collectifs fait que le découpage du temps est en permanence planifier, négocier en accord avec les autres participants; activités qui prennent beaucoup de temps
-> les rdv sont de plus en plus temporalisés càd pas fixés mais mis au point de façon mobile (mail, sms)
-> les activité s de gestion, de coordination prennent de l'importance
-> les critères de sociabilité évoluent avec la technique : 3j pour répondre à un courrier, 1h pour un mail
#Le temps consacré à la régénération personnelle (sommeil, alimentation, soins corporels)est en baisse ce qui semble indiquer également une accélération du rythme de vie.Selon une étude sur le temps hebdomadaire :
- le temps de sommeil aurait baissé d'1/2 h par rapport aux années 70 (2h/siècle précédent)
- le temps consacré aux repas de 1,8h
- le temps consacré aux soins corporels de 2,2h
2/Les paramètres subjectifs : la pression temporelle et le rapport à l'identité
La baisse des ressources temporelles consécutive à l'accélération se traduit par un sentiment que le temps passe plus vite et par l'impression de ne pas avoir de temps;le sentiment de stress ne dit rien du rythme de vie absolu mais signale ce changement.
#L'accroissement du sentiment de stress va de pair avec un sentiment significatif d'augmentation du temps libre.
Le temps libre estimé est fréquemment sous estimé (comme le temps de tv) par les acteurs et non perçu comme une ressource disponible.
Ce sentiment de pression dans les loisirs se traduit par :
- la peur de manquer quelque chose , de passer à côté de possibilités
- la contrainte de s'adapter à un environnement , qui m^me lorsque l'on s'en extraie le temps d'un congé, continue à se transformer rapidement : partir c'est accumuler des retards que l'on doit comble r( mails..)
#C'est désormais la puissance de l'échéance (deadline) qui détermine l'ordre de succession des activités; d''où le fait que dans une situation où les ressources sont rares,les objectifs non liés à des délais sont perdus revue.
# les générations à venir ne s'impliqueront dans des projets à long terme et exigeant des investissements préalables élevés que si elles y sont incitées par des relations de confiance stables et des modèles fiables.
# les rapports à soi, notre identité est guidé par notre rapport aux temps : qui nous sommes est toujours déterminé par comment on est devenu ce que l'on est ,par ce que l'on a été, par ce que l'on aurait pu être et par ce que l'on sera et ce que l'on souhaiterait devenir .
- dans de nombreuses sociétés l'identité semble se développer principalement en s'orientant vers le passé et les traditions
-dans d'autres se sont les projections de l'avenir qui sont structurantes
-dans une société où le passé a perdu son pouvoir de contrainte, l'avenir est perçu comme imprévisible et incontrôlable, ce sont des modèles identitaires référés au présent qui pourraient dominer. D'ou un modèle en rupture avec la modernité : post moderne
#quand tout change en permanence, que par principes les familles, les métiers, las habitats, les convictions politiques ou religieuses changent ou sont susceptible de changer, on n(et plus en soi boulanger , époux de X, parisien mais pour des périodes imprévisibles : à un moment donné"; le changement social se déplace pour prendre part dans l'identité du sujet.
Le soi se comprime jusqu'à devenir un soi ponctuel.
Conclusion :
- dans les sociétés traditionnelles au rythmes de transformation plus faibles, les individus sont définis par des structures préexistantes et permanentes donc en fonction d'identités inter générationnelles. La continuité est culturellement valorisée.
- dans les sociétés de la modernité tardive les identités stables et durables ne sont pas en mesure de suivre le rythme élevé des transformations et sont marquées de fractures de sorte qu'on en arrive à des successions intragénérationnelles. La flexibilité et l'aptitude au changement sont valorisées.
mardi 13 mai 2014
Accélération 5 : Expressions de l'accélération sociale
Commentaires sur le livre de Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, auteur de Accélération La Découverte 2011.
La société moderne se caractérise par un degré jusqu'ici sans précédent d'énergie cinétique ou d'agitation transformative
1ier exemple : les structures familiales jusqu'ici tournées vers le long terme, dont les cycles deviennent de plus en plus court : taux de divorce de remariage; la monogamie à vie est peu à peu remplacée par une monogamie en série et par le couple en cdd
2ième exemple : les conditions à l'emploi; on est passé d'un métier transmis de père en fils (période prémoderne) au choix d'un métier personnel pour sa vie professionnelle (stabilité générationnelle de nos parents) : à un rythme infragénérationnel de plusieurs métiers dans une même vie
3ième exemple : il en est de m^me pour les produits de consommation, la mode, les styles artistiques dont le cycle de vie est toujours plus court;
L'accélération peut donc se mesurer aux relations entre générations :
- monde prémoderne : les acquis culturels et structurels se transmettent de génération en génération
- monde moderne : les générations en tant qu'acteurs collectifs jouent un rôle dans l'innovation et la création de structures
- monde moderne tardif : les transformations peuvent s'observer pendant la durée d'une seule génération
En matière éducative, c'est la fin de l'éducation des jeunes par les vieux : les jeunes acquièrent de plus en plus de connaissances essentielles auprès de leurs pairs
Le statut traditionnel du vieux sage, sachant disparait pratiquement au profit du vieux ouvert au changement, qui ne vieillit pas vraiment.
mardi 6 mai 2014
Accélération 4 : Accélération technique et révolution des repères spatio-temporels
Commentaires sur le livre de Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, auteur de Accélération La Découverte 2011.
Cette transformation des repères spatio temporels a révolutionné les formes dominantes d'interprétation du monde et de soi même et fortement influencé les formes de subjectivité et de socialité.
1/L'espace :
- Dès avant les innovations techniques de la moitié du XiX apparaissent les prémisses d'une accélération sous l'influence de la construction du réseau routier et des percements des canaux: la vitesse moyenne des calèches françaises a plus que doublé entre 1814 et 1848 passant de 4,5 à 9,5 km/heure
- Ces accélérations techniques sont déjà l'indice d'une transformation d'une conscience du temps et de l'espace qui s'exprime par une indépendance de plus en plus grande de l'un par rapport à l'autre.
-> développent de la cartographie
-> introduction en 1912 d'un temps mondial unique
L'espace s'est réduit de 1à 60 depuis le XVIII° siècle
-La conscience de l'espace est étroitement liée à la manière dont on se déplace en son sein :
-> tant que nous nous déplaçons à pied nous le percevons de façon qualitative : nous le touchons, sentons..
-> le construction du réseau routier fait que nous le franchissons avec une efficacité maximale, le terrain s'aplanit
->l'invention des autoroutes réduit encore l'espace, le comprime, l'homogénéise
->l'avion permet l'expérience de l'anéantissement de l'espace en perdant toute relation avec la surface terrestre
Les voyageurs modernes ne luttent plus contre l'espace mais contre la montre.
-L'espace devient de plus en plus contingent et remplaçable,Virillo dit que le processus de dynamisation se renverse dialectiquement en un processus de pétrification dans lequel les personnes et les biens ne se déplacent plus du tout.
Ainsi ces ados de pays développés passant trop de temps inactifs devant des ordinateurs courant le risque de voir leurs capacités d'orientation et de motricité s'étioler .
2/Le temps :
Le temps perd de plus en plus son caractère unilinéaire et sa fonction d'orientation parce que les relations entre les causes et les effets semblent se dissiper peu à peu.
- sur internet les informations, les données entrées à des moments différents et qui apportent des renseignements sur des époques distinctes se retrouvent côte à côte sans hiérarchie , ni division
- les formes modernes de communication asynchrone (e-mail, répondeur) permettent de détemporaliser
- à l'échelle de l'histoire mondiale se succèdent des événements qui semblent appartenir à des époques très différents : découverte du génome et 11 septembre
- l'allongement de la vie génère des séquences différents à : formation - travail - retraite se substitue : formation-travail -formation -travail/retraite
Par la modernisation les rapports au temps et à l'espace sont fluidifiés c'est à dire transitoires, modifiables set continents .
La solicitation de la société propre aux techniques de déplacement dissout le lien ancestral entre le sujet et son espace territorial .
La mise en relation potentielle de tous avec tout le mode , à chaque instant par les technologies est un présupposé essentiel de la transformation des relations sociales dans le processus de modernisation.
lundi 28 avril 2014
Accélération 3 Les formes de l'inertie à l'accélération
Commentaires sur le livre de Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, auteur de Accélération La Découverte 2011.
Les formes de l'inertie à l'accélération :
1 Limites naturelles de la vitesse : il existe d'évidentes limites physique, biologique, anthropologique dont la vitesse et la durée ne peuvent être changées
Ex :limites de la vitesse du cerveau (processus perceptifs), du corps (temps nécessaire pour surmonter une maladie ; temps nécessaire au renouvellement des matières 1ières; capacité de l'écosystème à recycler les déchets;en agriculture durée de processus d'élevage (poulets)
Cependant il faut être prudent avant d'arrêter une vitesse absolue : l'histoire des voyages en train illustre l'appréhension et le recul des limites; les tiers passagers étaient persuadé de toucher la limite de vitesse que le corps humain était susceptible d'endurer.
Grace au train de nouvelles formes de perception sont nées, une nouvelle relation à l'espace s'est développée.
De même certaines formes de jazz des années 20 furent ressenties comme frénétiques, d'une grande vitesse (idem l'écriture de Blaise Cendrars )
Question : La peur actuelle d'une nouvelle vague d'accélération (cf MIchel Serres) , d'une augmentation du volume des informations et des stimuli, de leur fréquence est elle la réaction culturelle connue à une poussée d'accélération ou l'indication de l'atteinte de limites anthropologiques, sociales ou écologiques.
2Les ilots de décélération: il existe également des niches territoriales de décélération où le tems semble s'arrêter : comme les Amish; ces groupes vont ils se multiplier ?
3 Le ralentissement comme contrecoup dysfonctionnel : l'exemple le plus évident est celais de la vitesse de déplacement automobile qui ne cesse de décroitre en raison de l'augmentation constante du trafic; exemple également de destruction d'emplois quand ils sont liés à l'augmentation de la productivité
4Les formes de décélération intentionnelle : souvent motivés idéologiquement en faveur d'une décélération consciente et d'un ralentissement social
- la décélération comme idéologie : P. Glotz fait l'hypothèse que "la décélération serait l'idéologie agressive d'une classe émergente et toujours plus nombreuse de victimes de la modernisation et qu'elle serait en passe de remplacer les idéologies d'inspiration socialiste
(à transposer sur la "dé ou re "composition du paysage politique français ou à un bloc de moins en moins opposé centre droit-centre gauche s'opposent des mouvements plus radicaux à gauche comme à droite)
- la décélération comme stratégie de l'accélération : des stratégies de ralentissement qui peuvent parfois constituer des conditions indispensables pour permettre d'accélérer d'autres processus; ainsi sur le plan personnel le dirigeant qui fait une retraite dans un monastère ou de la méditation, du yoga, ralentissent leur rythme de vie professionnelle le temps de l'exercice pour pouvoir être plus efficace dans leur quotidien. Sur le plan collectif c'est le cas des moratoires permettant de gagner du temps pour résoudre des problèmes techniques, juridiques ou sociaux qui semblent faire obstacle à d'autres tentatives d'accélération ou de modernisation : la fixation institutionnelle et la garantie de permanence des conditions structurelles sont des conditions du succès de l'accélération (droit, mécanisme de gouvernance politique, régime stable du temps de travail, ..)
A contrario l'érosion de ces institutions pourrait détruire les conditions de possibilité de cette nouvelle dynamique ainsi que la stabilité de la société moderne avancée dans son ensemble et mettre en péril le projet ; ce que J.Schumpeter appelle le déchainement du "marché total".
La stabilité et la garantie d'un certain nombre de points fixes culturels sont la condition d'une reproduction culturelle efficace même et particulièrement dans le cadre d'un changement social flexible et accéléré
(peut être la raison pour laquelle les gouvernements de gauche parviennent souvent mieux à gérer les transformations sociales)
5 Pétrification culturelle et structurelle : très liés aux phénomènes d'accélération, ils donnent lieu à des théorises comme celle de la fin de l'histoire, de l'épuisement des énergies utopiques..qui postulent que parallèlement à un constat d'accélération du changement social ,l'évolution interne de la société est en proie à la paralysie.
Ces théories se fondent sur l'idée que malgré des apparences d'ouverture et de changement les structures profondes de la société se solidifient et se pétrifient .
La question est de savoir si actuellement les forces de l'inertie et du mouvement s'équilibrent, autrement dit si aucune des deux ne prend le dessus.
Sa réponse est oui il y a déséquilibre et aucune des forces de l'inertie ne présente un contrepoids structurel et culturel équivalent à la dynamique d'accélération de la modernité.
jeudi 10 avril 2014
Accélération 2 : Quelques fondements conceptuels
Commentaires sur le livre de Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, auteur de Accélération La Découverte 2011.
vendredi 23 décembre 2011
Les nouveaux modèles de management indiens (3) : le modèle Parsi Tata

Quels sont les secrets du management à l'indienne ?
TATA' means 'management Thinking and Acting that leads to employee Thinking and Acting. This is a very simple model of organizational culture that is easy to understand and can be used to help change the culture to something more powerful.
It is often a good idea to discuss what you are going to do with the senior manager as this person's support may be important if the rest of the team start to dig their heels in during steps 3 and 4.
1. Employee Action
The easiest place to start with the top team when discussing culture is what they see and hear. Just ask them: What do you see and hear in this culture that you'd like to change?
Then stand back as they list all the things that have been frustrating them about their employees over past year or more. Typical moans include:
- People not sticking to commitments
- Lack of loyalty
- Not understanding strategic needs
- Lack of real concern for customers
- Resistance to new ideas
- Lack of creativity
...and so on. Write these down on a flipchart. If the list gets long, help them reduce it to the 'top five' (or even three).
2. Employee Thinking
Culture is not just about how people act -- it is also about attitudes, values, beliefs, mental models, emotions and so on. Next talk about this and how thinking leads to action and draw the basic cultural model:
With this you can discuss how employees think drives what they do. Again, this is simple logic that is easy to understand and accept. Depending on how rational or open the team is, you can also 'and feeling' after 'thinking'.
List the top five actions under 'employee action' and now ask the management team to list how they believe employees are thinking in ways that leads to the identified action. This is a little harder task but most managers will have few problems coming up with assumptions about what the employees may be thinking. Remind them as necessary that their employees are human and that employee thinking will make sense, at least to them.
Typical thinking could include:
What's in it for me
Do what I'm told
No point rocking the boat
Do least work for maximum pay
Keep your head down
3. Management Action
Now it starts to get more interesting and stage 3 ideas may require some discussion before you start listing. The primary principle is that a significant driver of what employees think is what managers say and do. Of course there are other forces on employees but what managers say and do has a huge effect -- sometimes more than managers may think (and if employee thinking is not affected by what managers say and do then there would be an even bigger problem).
This can be shown as below. Putting 'Management Action' above 'Employee Thinking', rather than to the left, is a subtle hint of superiority that may help managers find it easier to accept the ideas.
Now you can ask 'What are you saying and doing that is leading to what employees think?' This can be a very difficult moment for managers who do not want to accept responsibility for what employees think and do and you may need to keep the dialogue going for a while before you write anything down. You may need to press them on this, asking such as 'Are those actions really leading employees to think like that?' until you get to realistic information.
Discussions can include such as whether managers actually follow 'company values' as published, and what employees think about this. As appropriate, you can change or extend the 'Employee Thinking' box.
Ask permission, then write down the words and actions they tell you about, above the 'Management Action' box. If a longer list appears, then help them prioritise for the top three to five actions that have the greatest effect on employee thinking.
If this segment worked, there should be a significant number of 'aha's in recognizing what managers say and do affects culture and hence how it must change.
4. Management Thinking
If step 3 was difficult, then step 4 may well be even more difficult again, although it may also be easier if the penny has dropped and the principle accepted by now.
Just as employee thinking drives employee action, so also does management thinking drive management action. So the question now is 'What are your thoughts that are leading to what you say and do?' Draw in the last box as below. There should be no debate about whether this is valid as the 'Thinking - Action' principle has already been established.
Again, this may require some dialogue before you start to write things down (when you do, put them above 'Management Thinking'). The critical message is that how they think and feel is at the root of a causal chain that leads directly to what employees say and do, and hence to change the culture of the organisation they must change what and how they think - which can be a very scary subject and hence need plenty of space and support to happen.
Discussions can include questions about what they think about employees, what their values really are, and so on. In this session do not try to get it all out but just enough for them to realize how what they think is very important.
Further possibilities
This is a simple but powerful model which you can use in a number of additional ways.
Deeper stuff about thinking
From this session additional sessions can be held to explore what and how the management team thinks. If the first session has provided the wake-up call and an understanding of the importance of how they think then these sessions can be used to dig into personal and interpersonal drivers and dynamics.
Management and Employee cultures
Taking the simple 'thinking and acting' culture model, management culture and employee culture may be explored separately and reasons for differences discussed.
Influence and spirals
Management Action that changes Employee Thinking is pretty much what leadership is. A powerful discussion about leadership can therefore be had by considering this link.
An additional link may be added between Employee Action and Management Thinking. How we think is driven by what others say and do and the way managers think is often strongly affected by how employees act. This link completes a causal circle, which means there can be spirals of thinking and acting that can both improve and degrade the power of the organisation.
An interesting part of this discussion may be about how strong the Management Action - Employee Thinking link is, as compared with the Employee Action - Management Thinking link. Ideally, both exist but the biggest influence is the manager to employee direction. Sometimes management thinking is more strongly influenced by a wilful workforce and effectively the 'tail wags the dog'.
The balance of appropriate strengths between these two links depends on the industry, for example in intellectual and creative businesses a strong upward link might be a good idea. The question is to find the best balance for the business the company is in.
Theory of mind
Another area for possible exploration is in how we think others are thinking. We all use a great deal of 'theory of mind' in guessing what others are thinking and we often get it very wrong.
The question may thus be discussed about how managers think employees think and what employees think that managers think. This is a ripe topic for realizing that how you think others think is often a long way from how they are really thinking.
A session on theory of mind is best done as a facilitated dialogue between managers and employees. It is critical for this to succeed that an atmosphere of trust and openness is created.
Multiple levels
The model as presented divides simply along the 'manager-employee' line, which is often a significant cultural divide. Depending on the organisation, more than one level of analysis may be completed.
The framework can also be used to examine any connected cultural systems, for example between marketing and R&D or between the local company and headquarters.
As-is and To-be
The first session (or sessions) is about how things are at the moment and should probably be kept that way. If you have energized the team then a future session to think about how things could be different may be held.
Go through the same steps but now think about how they would like things to be. Thus ask:
What do we want employees to say and do?
So what must they think and feel that will drive this action?
So what must managers say and do to lead employees to these thoughts?
And how must managers think and feel in order that they will act in the appropriate way?
Of course the next question is, 'Now that we know where we are and where we want to go, how do we get there?' Which is a whole conversation or more.
samedi 5 novembre 2011
Les nouveaux modèles de management indiens (2) : le modèle bagna

Quels sont les secrets du management à l'indienne ?
jeudi 3 novembre 2011
Chinafrique ou Indiafrique ? (3)

La Thèse Jean Joseph Boillot est que les point communs plus nombreux entre Afrique et Inde devraient de plus en plus accélérer leurs modes de coopération dans les années futures.
| 2000 | 2010 | 2020 | 2030 | |
| Migrants en M d’ Afrique subsaharienne | 17 | 25 | 37 | 53 |
| Intra Afrique | 5 | 6 | 13 | 21 |
| Vers l’Europe | 2,8 | 3,9 | 3,3 | 15 |
| % population | 2 | 2 | 2 | 8 |
vendredi 21 octobre 2011
Chinafrique ou Indiafrique ? (2)













