vendredi 16 avril 2010

lexique 50 : un autre


"Un changement en prépare un autre."
Nicolas Machiavel

mardi 13 avril 2010

Temps de crise 18 : Avant l'après crise c'est encore la crise?


La crise est un événement provenant du domaine médical et définissant un cycle : santé-maladie - guérison ou pas .
Comme tous les événements (guerre, paix, révolution..)les crises se conjuguent donc à tous les temps de l'indicatif : avant , pendant , après.
Avant la crise, la rumeur grandit "la crise arrive " avec des discours prédictifs sur sa durée , son ampleur ,ses conséquences. Les commentateurs se répartissent entre ceux qui y croient et ceux qui n'y crient pas , ne veulent pas y croire. Toute l'année 2008 a ainsi oscillé et petit à petit s'est forgée la conviction que la crise était inéluctable et qu'il s'agissait d'en tenir compte, de prendre des mesures : fuir, faire le dos rond, serrer les boulons , voire continuer à ne pas y croire.
Pendant la crise, c'est le temps des réactions , des plans de crise. A partir de l'automne 2008 les entreprises ont construit des budgets conservateurs sur leurs activités, diminuer leurs ressources prévisionnelles, puiser dans leur stock, effectuer des plan sociaux..
Avec plus ou moins de justesse, d'effet d'anticipation ses mesures de gestion sont destinées à passer la crise mais ne sont que ... des mesures de gestion. Indispensables sur le moment mais insuffisantes pour la reprise.
Autrement dit aucun des importants changements que l'on voit émerger de toute crise (valeurs, technologie,pratiques culturelles, modes de consommation... ) ne sauraient être anticipé ou pris en compte dans ces mesures.
Après la crise, c'est la reprise, avec toujours ce décalage entre une nouvelle génération d'acteurs ,dynamisés par cette sortie, en phase avec les valeurs, croyances, pratiques culturelles, comportements de la nouvelle période issue de la crise. Et les survivants qui ont passé la crise mais sont quelque peu désorientés par tous les changements en cours.

Si cette crise s'est singularisée par son ampleur ( la plus importante depuis les années 30), elle pourrait le faire également par sa sortie.
Plusieurs hypothèse existe aujourd'hui :
- petit plateau de reprise sans croissance forte pour les prochaines années, c'est la thèse
pas très optimiste d'Attali.
- petite reprise avant rechute et cascade c'est la thèse des plus pessimistes.
A suivre donc
Remarquons simplement que d'ores et déjà s'est installé un 4ième temps de la crise, celui du présent pas encore terminé et du futur positif tellement espéré. Autrement dit une sorte d'avant après crise.
Plus vraiment la pleine crise et ses effets destructeurs, pas encore la reprise et ses effets positifs.Un temps intermédiaire ou chacun cherche les indices indiquant le début de la fin ou le commencement d'autre chose. Un temps plutôt difficile à gérer dans les entreprises surtout en ce début d'année entre entretiens d'évaluation et discussions sur les rémunérations.

Alors avant l'après crise c'est toujours un peu la crise !

Photo empruntée à pierre beteille( www.pierrebeteille.com)

vendredi 9 avril 2010

Lexique 49 : du problème aux solutions


"Une des certitudes les plus limitantes est de croire qu’un problème n’a qu’une seule solution possible."
Kourilsky, F. (1999). Du désir au plaisir de changer. Paris : Dunod

vendredi 2 avril 2010

Lexique 48: entreprendre


"Quand tout marche bien, il est grand temps d’entreprendre autre chose."
Fernand Deligny

dimanche 28 mars 2010

Les nouvelles menaces (8) : ET SI DANS UN MONDE QUI A FAIM, LES VILLES DEVENAIENT DES FERMES ?




Et si l'explosion démographique faisait de la faim un fléau mondial permanent ?

Et si les futurs défis agricoles obligeaient les villes à se repenser entièrement ?

Et si l'agriculture faisait un retour en force dans les mégalopoles ?

Et si on était à l'aube d'une nouvelle révolution urbaine ?

Et si l'idée de fermes verticales n'étaient que de gadgets pour pays riches ?

Bref, et si on prenait un peu de temps pour essayer de comprendre comment les défis démographiques et alimentaires du XXI° siècle pouvaient redessiner nos villes demain ?

Après une évolution du rapport ville /campagne marqué par 3phases : la campagne autour de la ville (XVième), puis des parcs dans la ville (XIXième) va t-on vers la ville et la campagne partout ou entremêlées ?

Voilà quelques unes des questions posées lors du denier atelier débat de transit-city du 26 mars dernier à Michel Griffon, agronome, économiste, conseiller pour le développement durable au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et Directeur général adjoint de l'Agence Nationale de la Recherche.


1-La géopolitique de l'alimentation :

- La terre a l'air immense et pouvoir nourrir tout le monde et pourtant : une grande bande désertique non fertile s'étend du nord est du Brésil à l'Australie en passant par le Maghreb, le Moyen Orient,la Chine. Quand on enlève: déserts, océans, zones froides la part de zones cultivables est étriquée.Par ailleurs la biosphère est entièrement occupée hormis le bassin du Congo et les iles indonésiennes très fertiles et sous peuplées.

- La théorie Malthusienne besoins/production est bien connue :la population et ses besoins augmentent de manière exponentielle pendant que la capacité de production augmente de façon arithmétique et créent ainsi les conditions de catastrophe démographiques à moins d'éviter la population de croître. Quand la population est supérieure aux moyens de production il y a décrochage et risque d'émeutes de la faim; il y a aussi recours à l'invention pour produire plus.Quand c'est l'inverse , cas de la France depuis 50 ans , il y a surproduction et prospérité alimentaire.Il y a aussi absence de remise en question du modèle d'agriculture chimique intensive, la Pac en l'occurrence .

- un peu de prospective : si l'Inde , l'Afrique subsaharienne et la Chine sont les moteurs de croissance démographique ils seront nourris en 2050 par le Brésil et l'Argentine, peut être la Russie.

- la géopolitique alimentaire va être influencée par le géoclimat et risque de déstabiliser chacun des continents : le réchauffement climatique risque de fortement bousculé les zones de production : le Brésil gros exportateur risque de devenir importateur, L'Inde et l'Australie seront de plus en plus exposés aux sécheresses; l'Europe risque de devenir importatrice; la Chine va se couper en deux ( nord fertile et sud désertique)

2- Les menaces actuelles :

- Il existe une règle de la viande dans les régimes alimentaire : plus on est riche, plus on consomme de viande dans son régime alimentaire.Le couscous royal, la choucroute royale, le best of de leur culture ont plus de viande..donc l'augmentation de la classe moyenne partout dans le monde entraine une augmentation de de consommation de viande ...donc une augmentation des surfaces agricoles nécessaires à la nourriture des animaux et donc la déforestation s'intensifie.

- La déforestation est perte de biodiversité, et donc perte d'une part de patrimoine génétique contenu depuis leur origine.

- L'augmentation du prix de l'énergie accentue doublement le phénomène, par la création d'une concurrence dans l'utilisation des terres entre production à destination énergétique et production à destination agricole; par la sélection de de techniques agricoles moins consommatrices d'énergie ( ainsi la labour risque de disparaitre ; si il disparait risque de retour des mauvaises herbes et donc baisse des rendements).

Exemple de la crise de la Totilla au Mexique en raison d'une baisse d'importation de maïs provoquée par une production tournée vers l'énergie des terres américaines.

- L'augmentation du prix des engrais : les engrais azotés, très utilisés, le sont par traitement énergétique très couteux; les engrais phosphatés contiennent des phosphates de plus en plus rares.

3- L'équation du futur :

- Nourrir le monde demande de

- produire plus

- en assurant de l'emploi ( pauvreté agricole créée par la mondialisation)

- à faible coût ( les texans ne vont pas nourrir le monde)

- en limitant les surfaces ( maintenir la biodiversité)

-donc en accroissant les rendements

-en économisant l'eau

- sans polluer

-en sécurisant les échanges mondiaux alimentaires

Pour une agriculture d'écologie intensive.

Tous les gouvernements ont peur d'un engrenage menant aux émeutes donc ils garantissent des prix bas aux populations urbaines , ce qui paupérise les paysans, ce qui les empêchent d'innover pour augmenter les rendements.

4- Les issues possibles :

- Réduire la consommation de viande en particulier : ça va se faire car à 140kg de viande par an le risque cardiovasculaire est entier; donc les politiques de santé publique vont s'en charger de plus en plus.

- Les biocarburants : il faudrait 2 biosphères pour en produire suffisamment

- Les ogm : pas le coeur du débat car ce n'est qu'une partie et faible du problème; sans eau , ni sol pas d'agriculture possible

- Des solutions futuristes :

Exemple de reconstitution de la forêt par une agriculture nourricière intensive et de main d'oeuvre

Exemple du remplacement du tracteur pour le labour par des systèmes d'aération de la terre.

Produire plus sous de nouvelles contrainte amène à une vision aménagiste de l'espace

Rapprocher populations et agriculture demande de sortir du chimique aujourd'hui beaucoup trop dangereux pour leur santé.

La pêche n'a jamais dépassé les 100 millions de T de production dans le monde (1,9 milliard de production céréalière)

Il y a plusieurs centaine de millions de virus ( adn) par cm3 d'eau de mer dont on ne connait pas l'utilité.

- Le développement durable :

Le problème n'est pas d'y aller ou pas, on y est mais de ne pas avoir suffisamment ni le temps , ni les moyens financiers ( l'épargne) pour y aller.La difficulté de faire accepter un effort .

- Comment suivre ces évolutions très complexes ? on ne peut pas tout suivre on peut lister les scénarios catastrophes et leurs indicateurs; suivre les signaux faibles à la lumière de ses scénarios.

vendredi 26 mars 2010

Lexique 47 : tout coule..


"Tout coule … On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Si l’on y retourne, non seulement l’on est déjà plus le même mais l’eau de naguère est déjà loin : c’est donc un nouveau fleuve, une autre eau que nous expérimentons."
Héraclite.

vendredi 19 mars 2010

Lexique 46: soyez vous même



"Soyez vous-même le changement que vous voulez voir dans le monde" Gandhi

lundi 15 mars 2010

Expressions (1) : L'écran radar

Expressions : elles apparaissent et s'imposent en un éclair dans le vocabulaire; chacun fait comme si elles existaient depuis toujours , ce sont les nouvelles expressions .Mais de quoi sont elles le signe ?

Plusieurs blogs (surmonecranradar) ou blogues ,comme on écrit au Québec (ecranradar) , en attestent l'écran radar est de retour dans les conversations, dans la presse , sur le web.
"Il est dans mon radar"," "il est sorti de l'écran radar ", "il est à nouveau dans mon radar "sont autant d'expressions de plus en plus courantes dans le business, la politique ou les médias pour signifier l'existence ou la disparition de quelqu'un du système de repérage d'un individu ou d'une collectivité.
A l'heure du numérique et surtout du Gps pourquoi cette résurgence ? Que signifie ce retour du radar ?
Instrument de repérage inventé "officiellement par Robert Watson-Watt et surtout repéré "politiquement " par Churchill dès la première guerre mondiale puis mis au point et généralisé (toujours par le même Churchill) pendant la seconde guerre ( une des raisons du succès des alliés durant la bataille d'Angleterre ) , le radar(RAdio Detection And Ranging) est un système qui utilise les ondes radio pour détecter et déterminer la distance et/ou la vitesse d'objets tels que les avions, bateaux, ou encore la pluie. Le radar est utilisé dans de nombreux contextes : en météorologie, pour le contrôle du trafic aérien, pour la surveillance du trafic routier, par les militaires, en astronautique, etc.
Outil de surveillance inventé par les militaires et utilisé dans tous les domaines où la connaissance des flux, de leur évolution , de leur rupture est importante ... nous y voilà.
Dans une période de changements substanciels et permanents, d'impermanence la notion de repère ,ses propres repères , ceux des autres est très importante.
Se "servir de l'écran radar " c'est à la fois se donner la possibilité d'observer :
  • l'avénement d'événements nouveaux , de points de rupture dans des flux continuels d'informations . Se donner la possibilité de s'y adapter en les observant le plus tôt possible
  • le comportement d'acteurs que l'on observe, ennemis ( comme pendant la guerre), alliés ou indifférents leurs comportements dans les événements nous renseignent sur des possibilités de se comporter en cas de crise, tempête, changement..
Observer dans la continuité les mouvements des autres pour s'en inspirer + ou - , en les imitant ( l'essentiel de notre apprentissage ne vient-il pas de l'imitation) ou non.
Prolongement de cet écran, le hors champ , la sortie de l'écran est synonyme de chute et de déclassement : il vaut mieux figurer sur l'écran pour faire parti de ce qui est mesuré, donc mesurable , donc qui existe dans ce monde.

vendredi 12 mars 2010

lexique 45 : s'adapter au changement

"Les espèces durables ne sont pas les espèces les plus fortes.. ..ce sont celles qui s'adaptent le mieux aux changement s de l'environnement" Charles Darwin.

vendredi 5 mars 2010

Lexique 44: Le quoi et le pourquoi


“ Nous estimons que, pour une intervention délibérée dans les affaires humaines, l’approche la plus pragmatique n’est pas la question du pourquoi, mais celle du quoi. C’est-à-dire : qu’est-ce qui, dans ce qui se passe actuellement, fait persister le problème, et que peut-on faire ici-maintenant pour provoquer un changement” Paul Watzlawick, John Weakland, Richard Fish,Changements - Paradoxes et psychothérapieLe Seuil, 1981