vendredi 11 décembre 2009

Lexique 33 : La pression de l'environnement

“ L’histoire de la vie est événementielle. Une forme vivante en équilibre dans un milieu stable n’aura, en principe (il y a des exceptions), pas de raison de changer ; si par contre ce milieu se transforme, l’harmonie est rompue et pour retrouver un nouvel équilibre dans ce nouveau milieu, la forme vivante en question doit se transformer à son tour (par mutations que l’on dit aléatoires et par sélection de celles-ci quand elles représentent un avantage ou par tout autre processus de “ modelage ” au nouvel environnement); on donne à cette transformation, comme si elle était inéluctable, le nom mal choisi d’évolution. ”                                                              Yves Coppens, Des étoiles à la penséeDiogène n° 155, 1991 

Temps de crise 17 : L'effet péripétique vu par Greenpeace

Superbe campagne réalisée par Greenpeace sur Copenhague.
Elle utilise pleinement la rhétorique "noémiste " décrite par Jean Pierre Dupuy dans la Métaphysique des Tsunamis .
En deux mots avant les images : "Noé qui annonçait régulièrement autour de lui le déluge et que personne n’écoutait, surgit un jour au milieu de son village, tout de noir vétu , le visage ravagé par la tristesse. Les villageois, ses compagnons de toujours, s’étonnent de le voir ainsi et l’interrogent . "Je porte votre deuil répond Noé car je sais que vous allez tous disparaître ,si vous ne vous préparez pas au déluge ". Puis Noé rentra chez lui. Quelques temps plus tard on vit plusieurs villageois se présenter devant Noé et lui demander : "que pourrions nous faire pour ce qui doit arriver ne nous arrive pas ?" Puis avec leur aide Noé dessina les plans, rassembla les matériaux, construisit son arche ...tout le monde connaît la suite. "
Ce que j'appelle l'effet péripétique : essayer d'influencer le réel , ses événements en installant une péripétie au récit.





mardi 8 décembre 2009

Méthodologies du changement (1) : Les deux types de changement


Le projet à travers ces quelques articles est de cerner les contours d'une approche du changement, au moment où tout est changement parfois jusqu'à la saturation.
Le premier article est sur Bateson : les fondamentaux.
LES DEUX TYPES DE CHANGEMENT
C'est à Gregory Bateson, figure de proue de l'Ecole de Palo Alto, que revient le mérite d'avoir apporté des éléments déterminants pour la compréhension du processus de changement. Ses apports, fruits d'une interdisciplinarité exemplaire, ont permis la mise en oeuvre d’une nouvelle pédagogie du changement. Bateson distingue deux types de changement dans les systèmes humains: le changement qui intervient à l’intérieur d'un système, qu'il nomme le changement 1, et le changement qui affecte et modifie le système lui-même, qu'il appelle le changement 2.
le changement 1 : l'homéostasie.Le changement 1 est celui qui permet au système de maintenir son homéostasie, son équilibre : la modification s' opère simplement au niveau des éléments du système. L'homéostasie d'un système réside dans son aptitude a exercer des phénomènes auto correcteurs sur les éléments internes ou externes qui menaceraient son équilibre. La boutade, " plus ça change et plus c'est la même chose ", que l'on entend fréquemment dans les cafés et les cantines au sujet des mesures prises par la direction d'une entreprise ou d'un gouvernement, traduit parfaitement combien les changements opérés n'aboutissent qu’à des solutions de niveau 1: solutions qui, précisément, contribuent à enclencher des mécanismes régulateurs, dits homéostatiques car ils maintiennent le système en son état. Ainsi nous-même tentons-nous le plus souvent, sans le savoir, de changer les choses en aboutissant " toujours à la même chose ". Cependant ce changement I par rétroaction est insuffisant dans certains cas. En effet, lorsqu'un système humain ne parvient plus à réguler ses échanges par ses mesures habituelles d'autocorrection et d'ajustement et lorsque les " solutions de bon sens " créent un peu plus de permanence, il entre alors en crise cela signifie qu'au sein du système, des changements d'un autre niveau, le niveau 2, s'imposent et que, s'ils ne sont pas introduits, le système tombe malade.
Le changement 2: l’évolution. Le changement 2 se caractérise par le fait que c'est le système lui-même qui se modifie ou qui est modifié. Pour reprendre des métaphores empruntées à Paul Watzlawick, le changement I s'apparente à l'action du thermostat qui régule la température en fonction des variables thermiques ou encore à celle de l'accélérateur de la voiture qui permet d'aller plus vite mais en conservant le même régime, alors que le changement 2 correspond à une intervention sur le levier de vitesse qui, modifiant alors le régime de la voiture, la fera passer à un niveau supérieur de puissance. Ainsi face à une côte très abrupte (changement de contexte), Si --le conducteur ne faisait qu'accélérer " un peu plus ", il n'effectuerait qu'un changement de niveau 1, solution qui amplifierait le problème car sa voiture (imaginons une petite cylindrée), un pet, plus a court de puissance, avancerait de plus en plus difficilement et finirait sans doute par caler Dans cet exemple, la solution consistant à changer de vitesse pour modifier le régime du moteur correspond précisément à un changement de niveau 2. L accès au changement 2 dans un système humain nécessite que les règles qui le régissent subissent des transformations. Et cette modification des règles d'un système humain relève, d'une reconstruction de la réalité, d'un changement de prémisses, voire d'hypothèses de base ou de présupposé. Ce changement 2 sur lequel l’équipe de Palo Alto s'est particulièrement mobilisée est celui qui nous intéresse ici en premier lieu .
LES TROIS NIVEAUX D'APPRENTISSAGE
Là encore, Bateson a mis en lumière comment s'opère l'apprentissage. Ses apports se sont révélés très utiles aux praticiens de la thérapie brève pour mettre en oeuvre de nouvelles stratégies susceptibles de favoriser le changement. Bateson distingue quatre niveaux d'apprentissage entre lesquels il dégage une notion essentielle, celle de la discontinuité.
Le niveau O Le niveau 0 de l'apprentissage correspond à l'arc réflexe et désigne tous les cas ou un même stimulus provoque systématiquement une même réponse c'est, par exemple, le mouvement qui nous fait instinctivement retirer notre main d'une source de chaleur trop vive.
Le niveau 1 Le niveau 1 fait référence au conditionnement ; il évoque la célère histoire du chien de Pavlov. L'apprentissage y correspond à un changement dans l'apprentissage O: en effet le chien, qui n'avait pas te réflexe instinctif de saliver au coup de sonnette, va apprendre à saliver lorsque la sonnette tinte ; et si le contexte du coup de sonnette ne change pas, le chien, lui, a appris à modifier une fois pour toutes sa réponse lorsqu'il l'entendra.
Le niveau 2 Au niveau 2 de l'apprentissage, il n'y a plus simplement apprentissage d'une réponse systématique à un stimulus, mais transfert du même apprentissage à d'autres contextes. Le sujet apprend a apprendre il est capable de transposer ce qu'il a appris. L'apprentissage de type 2 s'apparente au processus classique de généralisation, que nous utilisons tous lorsque nous unifions des contextes apparemment différents : par exemple, Si j'ai appris à conduire une voiture, je peux par la suite conduire n'importe laquelle. Les comportements humains, qui sont à la base de la socialisation de l'individu, peuvent êre considérés comme des apprentissages de type 2.
Le niveau 3 Atteindre l'apprentissage 3 relève du domaine de la psychothérapie, du développement personnel et de la conduite du changement en entreprise. L'apprentissage 3 est un indicateur de performance des formations au management, à la communication, à la conduite du changement qui visent une transformation des mentalités et des comportements : tel devrait être l'objectif prioritaire des formations au management en entreprise. En effet, seul l'apprentissage 3 permet à un système d'accéder au niveau 2 de changement, alors que l'apprentissage 2 au contraire maintient le système en l’état en renforçant son homéostasie. L'apprentissage 3 consiste à modifier les prémisses qui ont gouvernent les apprentissages de type 2 pour générer ensuite des comportements nouveaux plus adéquats. Selon Bateson, l'individu a besoin d'accéder au niveau 3 d'apprentissage lorsque des contradictions, des inadéquations, des souffrances et des blocages ont été engendré par des apprentissages de niveau 2. Ainsi lorsque les apprentissages de niveau 2 deviennent inopérants pour l'individu, sources d'enfermement, d’échecs et d'insatisfactions, celui-ci a besoin d'apprendre à changer ses habitudes acquises par l'apprentissage 2, c'est-à-dire à réorienter ses comportements dans des contextes plus appropriés. Par exemple, Si un individu se comporte de manière agressive dans tous les contextes ou il est contrarié et Si son agressivité systématique lui porte préjudice, alors il a besoin de passer à un apprentissage de type 3. Celui-ci consistera à lui permettre de limiter l'usage de son agressivité aux situations ou celle-ci s' avère pertinente savoir être agressif est utile dans certains cas. Mais la mise en oeuvre de l'apprentissage 3 par lui-même est beaucoup plus délicate car elle relève d'une réinterprétation de la réalité et non de l'effort ou de la volonté En effet lorsqu'un apprentissage de niveau 3 s'est accompli chez un individu, il s'est produit spontanément, involontairement, intuitivement. Le plus souvent il résulte d'un événement Si important dans la vie de celui-ci qu'il génère simultanément un changement automatique de sa vision du monde. L'apprentissage 3 s'accompagne nécessairement d'une redéfinition de soi-même et, en conséquence, de ceux impliqués dans la situation interactionnelle problématique. L'apprentissage 3 résulte d'une nouvelle construction de la réalité Il est le fruit d'un recadrage qui en libérant la dimension créative de l'individu générera d'autres réponses, plus appropriés. Les créations artistiques, de même que les grandes découvertes scientifiques, relèvent de l'apprentissage 3.
Toutes solutions issues d'apprentissages 2 vont à l'encontre d'une évolution en générant des changements de niveau 1, niveau qui précisément maintient les situations et renforce l'homéostasie des systèmes. Les multiples réformes dans l'Education nationale, les divers remèdes au chômage toujours croissant, les mesures pour réduire les dépenses de santé témoignent de l'inefficacité des solutions de niveau 2 pour générer le changement dans un système.

vendredi 4 décembre 2009

Lexique 32 : la rapidité


Une des lecons que je tire de ma propre expérience, c'est que j'étais allé trop vite.
Alain Juppé.

mardi 1 décembre 2009

Les nouvelles Menaces (1) : La Pandémie

Et si les peurs structuraient autant nos imaginaires que nos désirs ??
L'épidémie occupe une place centrale dans nos imaginaires.
Au XVIIième siècle dans le sillage des Lumières va naître un mythe ,celui de l'éradication des épidémies.Ce mythe va se développer pendant 2 siècles en même temps que le progrès scientifique pour se retourner dans les années 80 avec l'apparition de maladies nouvelles sida,ebola),de la résistance aux antibiotiques et une nouvelle croyance va émerger petit à petit : "il est désormais impossible compte tenu de l'évolution des virus et de la mondialisation d'échapper à une nouvelle pandémie"

Quelles sont les principales étapes de l'évolution de cette croyance :
1ière période : L'âge de la peste et de la quarantaine
La peste apparaît en Europe au XIV°s et sera pratiquement éradiquée au XIX°s.
La première grande peste de 1348 ,"la peste noire", va occasionner entre 25 et 50% de mortalité selon les lieux urbains.
  1. Les principales raisons : le mouvement d'urbanisation de l'époque déplace des populations et augmente les importations de blé des rives de la mer noire.Pendant la guerre entre génois et mongols, ces derniers vont catapulter des pestiférés morts sur les troupes ennemies. Vaincus par cette guerre bactériologique les génois s'enfuient et vont contaminer les ports d'escale. Une fois la peste identifiée les bateaux contaminés sont exclus de certain ports.Le port de Marseille voulant faire une bonne affaire en accueillant ces marchandises ,les laissent débarquées la peste avec.
  2. Le mode de protection nait à Raguse et à Venise: les malades sont mis à part sur une ile dans un Lazaret durant 40 jours;
  3. Le bilan est plutôt positif : à un rythme d'une épidémie tous les 10 ans ,seulement 4 ou 5 viendront des ports.
  4. La dernière peste de 1720 à Marseille : due à une nouvelle négligence qui voit malgré une mise ne quarantaine d'un bateau, le débarquement d'étoffes les plus précieuses par une poignée de marins. Cela va entraîner la construction de murs en cordon sanitaire de plus en plus grands au fur et à mesure de la progression de la maladie : 7 au total.
2ième période : L'english system et l'hygiénisme
Un basculement s'opère à l'occasion des épidémies de choléra en 1882;
La maladie provenant d'un pays pauvre suscite un débat chez les scientifiques entre ceux qui pensent qu'elle ne touchera pas les plus riches et les autres qui veulent maintenir le "cordon sanitaire".
Les libéraux préfèrent le faire sauter (un homme tous les 100 m, à portée de fusil coûte très cher et empêchent les échanges ) au profit d'un effort sur l'état sanitaire des villes,responsable de la propagation des maladies ( nouvelle croyance hygiéniste)
  1. Un nouveau dispositif se met en place : quand un bateau arrive les malades sont hospitalisés,on demande leur adresse aux autres et on les renvoie chez eux.
  2. La frontière de l'épidémie est repoussée à ...l'extérieur de l' Europe. L'Egypte, la Turquie ,le parcours du pèlerinage musulman deviennent la nouvelle frontière. Les anglais utilisent Malte comme escale avant l'Angleterre pour leurs bateaux. A l'intérieur des villes ,elle est identifiée par la déclaration d'ilots insalubres.
  3. Une politique d'assainissement de l'eau dans les villes se met en place en parallèle.
3ième période : La libre circulation et le facteur social.
  1. La lutte contre la tuberculose au début du XXième siècle fait apparaître une nouvelle controverse entre les tenant de la contagion médicale et ceux du facteur social aggravant. Les réponses ne sont pas les mêmes : les dispensaires sont des détecteurs de malades avant tout; vers 1920 il y a basculement avec le reconnaissance du facteur social aggravant. Durant toute cette période les médecins trichent avec les chiffres : 150000 morts par an annoncés alors qu'en réalité pas plus de 8000.
  2. Les passages de la grippe : on ne sait pas trop ce que sait mais on en observe les dégâts à plusieurs reprises : 1889 : 90000 morts;oct -nov 1918 sous fond de victoire : 240000 morts, la grippe est secondaire.La grippe de 1970 a fait 30000 morts et on en parle pas
En conclusion :
Une épidémie est toujours l'occasion de déplacement des acteurs et des jeux de pouvoir entre eux. Exemple le SRAS a permis à l'OMS de rentrer en Chine pour garantir aux occidentaux la non contamination des produits importés en occident.
Concernant les épidémies actuelles la question est de savoir si les occidentaux sauraient prendre les mesures dures nécessaires de sécurité, d'accès aux hopitaux, aux médicaments en cas d'événement imprévu grave.
D'après l'atelier Transit City du 25/09 animé par François Bellanger avec Patrice Bordelais ( EHESS) comme invité principal.

jeudi 26 novembre 2009

Lexique 31 : la mobilité du changement


"Puisque tout changement va d'un quelque chose vers un quelque chose "Aristote

mercredi 25 novembre 2009

Astuces et stratagèmes (12) : Faire monter l'ennemi au grenier puis retirer l'échelle


Une histoire de la tradition hébraïque raconte qu'un juge très fin devait juger un commerçant avide et sans scrupule pour une petite escroquerie.Le juge désirait lui donner une leçon de vie au delà du délit commis.Il proposa donc à l'accusé trois alternatives pour expier sa faute : payer une amende salée , recevoir en chatiment corporel 100 coups de baton sur le dos ou manger 10 kilos d'oignons crus. Le commerçant choisit évidemment de manger les oignons ; malheureusement pour lui il avait dès le 1ier kilo, le palais en feu , l'estomac en ébullition et une soif insupportable. Il tint bon et avala un autre kilo , après quoi ,désespéré , il implora qu'on lui donne de l'eau et qu'on le batte.
Les coups sur le dos furent si douloureux qu'au 50ième il supplia de pouvoir acquitter sa peine en payant l'amende.
(d'après Chevaucher son Tigre -Giorgio Nardone-Le Seuil 2008)

vendredi 20 novembre 2009

Temps de crise 16 : Extension de la triche en période de crise ?


La Triche est elle une pratique légitimée renforcée en période de crise ?
C'est la question que l'on peut se poser à travers deux actualités récentes : un geste effectué par une personne mais vue, revue et surtout commentée par des millions d'autres d'une part et des comportements au travail racontés dans une enquête mondiale effectuée par Pricewaterhouse Coopers (elle même racontée dans le Monde du 211109 que je remercie).
D'un côté une main faite sciemment (le joueur sait qu'il triche ou plutôt qu'il a triché , il s'en est d'ailleurs depuis excusé) pour marquer un but qui va qualifier l' équipe alors que celle ci est moribonde, totalement dominée depuis le début, menée au score par son adversaire, qui a de plus en plus de chances de l'emporter ; à cette minute l'enjeu est énorme tout le stade, les millions de téléspectateurs, TF1 et les sponsors retiennent leur souffle.
De l'autre des interviewés en entreprises sui considèrent à 46% (dans des entreprises de plus de 1000 salariés ) que la crise "créée un climat propice" à la la fraude ( détournement d'actif, fraude comptable ou corruption) et que 30% de ces entreprises en sont victimes."La source de ces fraudes est en majorité interne à l'entreprise et serait le fruit de la pression que la direction exercent sur leurs salariés".
Si les détournements d'actifs reste la fraude la plus fréquente, ce sont les malversations comptables qui ont le plus progressé (27% en 2007 à 39% en 2009), la manipulation permettant d'habiller les chiffres pour ne pas être pris en défaut dans son travail;
Plus intéressante encore est l'évolution du profil des fraudeurs : il ne s'agit plus seulement des employés, mais de plus en plus de cadres, du middle management voire des cadres supérieurs de l'entreprise.Ce seraient eux qui, selon PwC, seraient pris par le " triangle d'or de la fraude" : opportunité, rationalité, motivation.
l'opportunité de frauder car la plupart d'entre eux connaissent les procédures notamment les niveaux de perte au delà desquels se déclenche une alerte automatique; ils organiseraient leur fraudes à un niveau juste inférieur.
la rationalité de frauder car la plupart aurait l'opportunité de de produire de fausses notes de frais pour masquer leur escroquerie.
la motivation de frauder car ils ont parfois peur de perdre leur job face à des objectifs fixés à un niveau encore plus élevé en période de crise et souvent jugés intenables par tous.

Rien à voir avec la main de Thierry Henri me direz vous.
Pas si sur tant les point communs sont nombreux: la pression déjà évoquée ; l'opportunité qui s'est présentée à lui ,que l'on nomme fait de jeu en football et qui tend à faire basculer la responsabilité sur l'arbitre, non pas le garant mais le champ de vision dans laquelle s'exerce la loi, hors champ tout semble permis; la rationalité car connaissant très bien son sport il se doute bien que de la façon dont les choses sont engagées et qu'à moins d'un coup de pouce le match à toutes les chances d'être perdu; enfin la motivation cumulée sur ses épaules :la sienne de devenir le premier joueur français à participer à 4 coupes du monde,celle de l'équipe se qualifier,celle de tous ceux derrière eux qui se réjouissent par avance de ce futur spectacle en Afrique du sud.

Si on ajoute à cela les récentes études montrant une évolution significative du vol de marchandises, notamment de nourriture, dans les hypermarchés, la starification sur le net d'un convoyeur de fond devenu braqueur on peut légitimement tous se poser la question : mais de quoi l'extension de la triche en période de crise est elle le signe ?



vendredi 13 novembre 2009

Lexique 30 : Les conditions historiques du changement

“ La plupart des sociétés ont considéré le passé comme le modèle pour le présent. Mais il y a des interstices dans cette dévotion au passé par où s’insinuent l’innovation et le changement.” “ Quelle est la part d’innovation que les sociétés admettent dans leur attachement au passé ? Seules quelques sectes parviennent à s’isoler pour résister intégralement au changement. Les sociétés dites traditionnelles, en particulier paysannes, ne sont pas du tout statiques comme on le croit. Mais si l’attachement au passé peut admettre des nouveautés, des transformations, le plus souvent le sens de l’évolution qu’il perçoit est celui d’une décadence, d’un déclin. L’innovation dans une société se présente sous forme d’un retour au passé : c’est l’idée-force des “ renaissances ”. (…) Le passé est rejeté seulement quand l’innovation est jugée à la fois inéluctable et socialement désirable. ”

Jacques Le Goff, Histoire et mémoireGallimard Editions, 1988

mardi 3 novembre 2009

Astuces et stratagèmes (11) : Eteindre le feu en ajoutant du bois


Shakespeare nous l'apprend dans Roméo et Juliette : "si tu veux que deux êtres s'aiment ,tente de les séparer."
(d'après Chevaucher son Tigre -Giorgio Nardone-Le Seuil 2008)