vendredi 14 septembre 2018

Lexique 187 : écrire

"...écrire , c'était protester, mais c'était aussi, déjà accepter. La 1ière phrase a donc eu cette vertu immédiate : me faire comprendre à quel point ma vie allait changer, et qu'il fallait sans hésitation accepter tout ce que le changement imposerait."
Philippe Lançon in Le Lambeau, Gallimard 2018.

lundi 10 septembre 2018

Expression 45 : Il n'y pas de tabou



Une nouvelle expression à succès dans notre monde politique : Il n'y pas de tabou
Très pratiquée dan les allées du pouvoir, par les ministres , les responsables politiques , elle est censée indiquée la largeur, l'ouverture d'esprit de ceux qui la pratiquent.
Les 35H ? L''ISF ? L'impôt à la source? Les classes dédoublées ? Il n'y pas de tabou entend-on sur tous ces sujets depuis plusieurs années.
On pourrait même parler d'un aspect  trangressif car à n'en pas douter , cette formule sert assez souvent de ballon d'essai pour tester de nouvelles idées. Bien accueillies elles seront ensuite transformer en projet de loi, repoussées par l'opinion elles seront bien vite enterrées.
L'envers du tabou pouvant s'appeler la conviction en politique, cela nous donne une bonne indication sur celles de notre époque : il n'y aurait pas (plus ) de tabou et corrélativement aussi peu de convictions.
Pour aller plus loin, on pourrait même dire que notre époque de profonde mutation du monde remet en question beaucoup des principes et convictions qui nous gouvernent.
On sent même qu' elles ne nous aideront pas à surmonter nos difficultés actuelles.
C'est exactement l'analyse que va faire  Sigmund Freud  en 1913 dans son livre Totems et Tabous.
Il s'intéresse alors à l'inceste dans les sociétés primitives et définit totems et tabous comme le ciment de l'organisation des clans comme les fondements de notre civilisation .
Transformer la société revient certainement à remettre en question certains tabous pour se mettre en phase avec les enjeux d'une époque.
 Tout le monde semble d'accord, le plus difficile étant de définir lesquels?


vendredi 27 juillet 2018

Bel été à tous, le Blog revient en septembre !


Citation 57 : Sylvain Tesson


"Ulysse n'a pas accepté que le pouvoir changeât de main. Il n'est guère obsédé par cette ritournelle du XXIème siècle : "Le monde change , il faut l'accepter".
Sylvain Tesson in Le Monde selon Homère, Editeurs parallèles 2018.

vendredi 20 juillet 2018

Citation 56 : Prince


"I know times are changing"
Prince, Purple Rain,1984

mardi 15 mai 2018

Citation 55 : Frédéric Beigbeder

"Je dis juste que si l'on change quelque chose dans notre génome, on en ignore les conséquences"
Frédéric Beigbeder in Une vie sans fin, Editions Grasset, 2017

lundi 7 mai 2018

expression 44 : L'être humain est il en train de remplacer l'homme ?

Depuis quelques temps, une nouvelle notion semble s'imposer un peu partout, dans les médias, débats ou les réseaux sociaux : l'être humain semblerait en passe de remplacer l'homme. Pas de quoi s'agiter me direz vous, tant ces deux notions semblent proches.
 Sauf qu'à y regarder d'un peu plus près , un mot qui se se substitue à un autre  est souvent le signe d'un léger mais certain déplacement de notre pensée de l'évolution de notre culture et de notre vision du monde.
Mais quel peut donc bien être le sens cette lente mais visible substitution ?

L'homme faisait  encore naguère figure de référent absolu, l'ultime créature de Dieu.
Son adaptabilité au monde et son habileté lui avaient permis de s'arracher de la plupart des pesanteurs terrestres , de prendre son destin en main pour dominer le monde.
Mais force est de constater que cette représentation a aujourd'hui quelque peu vieilli, qu'elle est  de plus en plus bagarrée, par des discours nouveaux , d'origine diverse, tentant tous de relativiser cette notion d'Homme.

Comparé à l'homme, l'être humain se présente immédiatement comme une notion plus douce et plus relative.Une créature moins dominante puisqu'elle laisse accroire à la possibilité d'une coexistence  avec d'autres  êtres "non humains "à ses côtés.
S'esquisserait alors une vision du monde légèrement différente,  passant d'une domination de l'homme sur le reste du monde à un écosystème plus équilibré.
Je vous propose un tout d'horizon de différentes notions mettant en scène , cette affaiblissement d'une part , ainsi que la reconnaissance de plus en plus forte des "non humains" et surtout des questions qu'elle  nous pose ?

-  L'appauvrissement constant de la planète : environnement de la vie des hommes depuis plus de 200000 ans. De plus en malade et vidée de ses ressources par la surpopulation et le dérèglement climatique: le 1ier août 2017 , nous finissions les ressources qu'elle peut produire en une année.
Combien de temps sera t-il encore possible d'y vivre est dans quelles conditions ? Voilà bien un enjeu majeur pour nos contemporains. C'est également une question vitale pour l'homme : comment exister sans la planète ?


-  Le développement des "être intelligents non humains" : plus se développent l'Intelligence artificielle et ses rejetons objets connectés ou robots, plus se confirme la nécessité de penser les relations entre l'être humain et ses nouvelles formes d'intelligence "non humaines " .
Encore au stade des  expérimentations, on invoque régulièrement une finalité positive et humaniste  "pour le bien des êtres humains", notamment dans le monde du travail . Avec une organisation de la société encore très axée sur le du travail et plusieurs études prospectives qui annoncent que 30 à 50% des emplois pourraient être automatisés dans les 15 ans à venir. De grands défis sont à venir. Comment dépasser ces logiques purement gestionnaires et managériales pour parvenir à repenser  le rôle et la fonction des intelligences "non humaines",? Quelle part  d'humanité préserver?



- La vie au delà de la mort : Le courant transhumaniste prétend utiliser les progrès de la science et de la technologie pour transformer l'homme et lui permettre de dépasser ses limites biologiques.
L'homme se rapprocherait petit à petit des limites de vieillissement de son enveloppe corporelle.
Espérer vivre mieux, repousser les limites cette mort de plus en plus insupportable, (plus on l'a repousse, plus elle le devient !) passe par l'intervention d'éléments technologiques et biologiques extérieurs avec plusieurs types de solutions qui vont s'affiner dans les prochaines décennies :
- soit comme Walt Disney,on conserve le corps dans le froid dans l'attente qu'un traitement permettra de guérir et réveiller l'individu
- soit à partir de la connaissance de son séquençage ADN, de ses forces et de ses faiblesses, on  remplace les organes défaillant ou malades  par des objets techno-bio (déjà très visible dans certaines manifestations handi sports)permettant à l'individu de retrouver ses capacités.
- soit on exporte l'esprit, la conscience (pardonnez mon imprécision) en dehors de l'enveloppe corporelle pour continuer à la faire fonctionner
 Evidemment on sent bien "qu'il n'y en aura pas pour tout le monde !"Il s'agit pour ces chercheurs  et milliardaires californiens de retrouver la recette de l'apprenti sorcier  : comment repousser la mort.
Mais que sera l'être humain sans la mort ?

-  La vie dans l'espace : Et si nous étions  amenés à rencontrer, ici ou ailleurs d'autres "êtres non humains"? Drôle de question me direz vous ? De la science fiction ? Pas totalement  pour les scientifiques qui estiment que les conditions d'apparition de la vie sur terre sont reproductibles et que notre capacité d'observation de l'espace augmentant constamment : on n'a jamais été aussi prêt de découvrir des traces de vie ailleurs que sur notre planète.
Et là je demande à voir ,le jour où l'annonce sera faite, que quelque part , dans une lointaine galaxie (même inatteignable) des trace de vie ont été trouvées.
Il me semble que ce jour là la relativité de l'être humain sera tout à fait perceptible.
 J'ai toujours senti que c'était certainement là, la principale raison d'être de série comme Star Wars : inconsciemment, on se prépare à d'autres éventualités , spatiales, non humaines.
Et si la découverte de la vie ailleurs dans l'espace ..?



-  Le changement de rapport avec les animaux  : c'est pour moi une découverte assez récente que celle de cette volonté de certains intellectuels de repenser le rapport à animal. Un peu comme Michel Serres lorsqu'il parle de notre époque comme de la plus grande révolution depuis le néolithique, période où on a inventé l'agriculture, les villes , la culture et la domestication des animaux. Avant on les chasse pour se nourrir, on s'en protège lorsque l'on est menacé, après on les utilise pour l'élevage, se déplacer, les travaux de force, les tests médicaux.. Et ce pendant près de 10000 ans.
Cette évolution est plus aujourd'hui une revendication portée par ce qu'on appelle les " antispécistes", contre la toute puissance de l'espèce humaine sur les autres; ils revendiquent l'arrêt de la souffrance animale et souhaitent remplacer l'anthropomorphisme par le bio centrisme. D'ou la demande de reconnaissance d'un cadre juridique minimum de défense des droit autour de notions comme : ne plus les manger, ne plus les enfermer,   ne plus les torturer ni en faire commerce.
Et si le changement de rapport de l'homme à l'animal , modifiait ... ?