mardi 21 novembre 2017

APM 19 : Le sens de la vie

Est ce que la question du sens s'est déjà posée pour vous ?
Est ce que la question du sens c'est déjà posée dans votre entreprise ?
Que dites vous à quelqu'un qui dit que le vue n'a pas de sens ?
Que dites vous à un enfant qui vous  demande le sens de la vie ? 

Exposé APM du 11octobre 2017 au club APMSaint James par le philosophe  Bertrand Vergely.


La question du sens de la vie est sans conteste la question qui va devenir la question de demain. Pourquoi ? Parce que nous sommes la première civilisation au monde dans laquelle l’homme n’a pas de but  et que cela ne va pas pouvoir longtemps continuer à être ainsi. 
Nous avons besoin de sens pour vivre, le sens étant  : 1) la direction, 2) la signification, 3) la sensation, 4) la valeur. 
Nous avons besoin  
1) de ne pas errer mais de savoir où nous allons, 
2) de pouvoir traduire ce que nous vivons soit dans un langage objectif soit dans une langue personnelle, 
3)  de pouvoir faire correspondre ce que nous vivons à des sensations et des intuitions, 
4) que la vie ait une valeur. Il s’avère qu’il ne va pas de soi de donner du sens à la vie. 
On ne peut pas plaquer un sens artificiel sur la vie en vivant le sens comme le fait de savoir tout le temps où nous allons, ce que cela veut dire, ce que cela fait sentir et la valeur que cela a. 
Quand  le sens est vécu de la sorte, étant étouffant on a besoin de respirer et l’on respire en se donnant un temps de repos où l’on va nulle part, un temps de silence où l’on arrête de comprendre, un temps de vacuité où l’on cesse de sentir et de donner de la valeur. 
Devant l’inflation de sens, on peut avoir la tentation de préférer une vie absurde à une vie dotée de sens. Très vite on tourne en rond dans une impasse. Quand le non-sens a du sens il est non pas l’arrêt du sens mais le pont qui mène à un sens supérieur, ce sens étant bien illustré par ce que l’on dit quand on dit qu’il y a des hasards qui ne sont pas des hasards.
 Les penseurs médiévaux ont bien résumé l’itinéraire du sens par cette formule : de l’extérieur à l’intérieur et de l’intérieur au supérieur. La vie a du sens, à condition de ne pas demeurer dans un sens banal et plaqué ou dans un on sens figé. Quand tel est le cas, le sens est une expérience forte qui nous ouvre les portes du plan créateur de l’existence. Cette séance voudrait pouvoir le montrer. 

II.  Méthode.
1) Définition. Le sens signifie Quatre choses : 1) la direction, 2) la signification, 3) la sensation, 4) la valeur.
2) Historiquement le sens apparaît 
1) avec l’apparition de l’idée d’une puissance supérieure s’exprimant par la fatalité, 
2) les Stoïciens rationalisent cette idée à travers  la notion de destin dont ils interprètent les signes,  
3) Durant le moyen-âge le destin est remplacé par la volonté divine et sa providence et l’on interprète la parole divine à l’aide d’une science de l’interprétation, l’herméneutique, 
4) avec l’apparition du rationalisme le destin et la providence s’effacent derrière la nécessité et le déterminisme, 
5) au XIXème siècle introduction de la notion de hasard, au XXème introduction de la notion d’indéterminisme. Sur un plan moral
 6) apparition de l’existentialisme qui prône une vision du monde fondée sur la contingence (Sartre) voire l’absurde (Camus).

Problème. Aujourd’hui la question du sens est marquée par trois choses : 
1) le refus du sens, 
2) un sens purement subjectif,  
3) le pluralisme en matière de sens. De sorte que la question qui se pose est : pas de sens ? un sens subjectif ? plusieurs sens ? ou autre chose ?

III. Du sens pour tout ?
1) Il faut du sens dans la vie. Mais faut-il du sens pour tout ? Et tout le temps ? Paradoxalement l’excès de sens tue le sens en étant signe d’angoisse.   
Et si le vide de sens était bénéfique ? Trois avantages à ce vide. 
1) D’abord un apaisement de l’esprit. On arrête d’être dans la volonté d’aller quelque part et de savoir. On vit ici et maintenant. Dans le présent. On arrête de ce fait d’interpréter et de sur-interpréter ce qui est afin de trouver un sens. On évite ainsi la superstition et le délire à propos de la réalité. Vertu thérapeutique non-sens. Découverte de ce que rester zen veut dire. Ouverture au non agir du Tao.
2) Deuxième avantage du vide. On coupe le cordon. On cesse d’être dans la dépendance à l’égard d‘un sens donné. Après l’apprentissage du silence créateur, on fait l’apprentissage de la solitude créatrice.
3) Troisième avantage enfin. Ouverture au hasard, à l’imprévue, à l’inattendu.

IV. Du sens pour rien ?
1) Attention à ne pas plaquer du sens certes, mais attention aussi à ne pas plaquer du non sens. Sous peine de faire basculer la vie dans la platitude, l’insignifiance, le vide destructeur avec comme effets la dépression, la désespérance et parfois le suicide.  L’homme est un animal spirituel. L’esprit  étant la présence, il a besoin de cette nourriture qu’est la présence et, en particulier,  de cette présence supérieur donnée par ce qui va loin, ce qui va loin envoyant au dynamisme du souffle vital originel. À ce titre, s’il y a le silence créateur il y a la parole créatrice. Quand il s’agit d’expliquer que les choses vont loin et qu’elles ont une traduction qui va loin aussi, la parole est nécessaire et créatrice. Elle n’enferme pas la vie. elle permet de vivre.
2) En ce sens, il y a un au-delà de la solitude. On n’est pas seul quand on est dans la parole créatrice. On est avec le souffle de vie et porté par lui pour aller au-delà de nous-mêmes.
3) De ce fait,  il n’y a pas de hasard, mais des rencontres. La vie pour vivre a besoin de suivre une logique, un ordre. D’où la nécessité, loi des causes et es effets. Toutefois, pour être vivante, elle a besoin de nouveauté. D’où le hasard. La combinaison du hasard et de la nécessité fait que la vie est un processus constant de révolution, le hasard allant contre la nécessité et la nécessité contre le hasard. Ce qui n’est pas un hasard. La vie est guidée par un souffle qui va loin et qui se manifeste à travers ces révolutions. On en fait l’expérience à travers les rencontres, ces hasards qui ne sont pas des hasards.

V. Les raisons d’une impasse.
1) On reste souvent extérieur au sens en faisant de celui-ci, sans s’en rendre compte, une chose figée parce que plaquée d’avance une fois pour toutes sur la réalité. Résultat, pour se sortir de ce sens étouffant on opte pour le non-sens en se figeant dans une impasse réactive.
2) Il faut réveiller le sens en retournant à la racine de notre vie. Il n’y a pas rien. Nous ne venons pas de rien. Nous n’allons pas vers rien. Nous ne sommes pas rien. Nous ne sommes pas là pour rien. C’est ce que veut dire le sens. Celui-ci relève de l’Autre, c’est-à-dire de ce qui va plus loin que ce que nous connaissons. C’est ce que Jacques Monod n’a pas réussi à faire apparaître quand il a réduit la vie à n’être qu’un jeu, le jeu du hasard et de la nécessité. La vie est un jeu du hasard et de la nécessité parce qu’elle est plus qu’un jeu, plus que du hasard et plus que de la nécessité.
3) On n’a pas l’habitude de pratiquer un sens intense. Il faut aller vers ce sens intense et donc aller  vers le plus que qui fait tout le sens du sens  en étant ce qi nous donne une vraie direction et donc une vraie capacité de diriger.

VI. La réponse à cette impasse.
1)  Concrètement, on va vers ce plus que en revenant au sens vécu, c’est-à-dire au fait de vivre ce que l’on vit en se laissant informer de l’intérieur par ce que l’on vit.
2) Concrètement cela donne le respect des quatre niveaux de réalité et des quatre niveaux de sens que l’on rencontre dans ces quatre niveaux à savoir :
 1) le sens littéral, ce qui se fait, ce qui se dit, ici, maintenant,
 2) le sens  historique, le contexte, les antécédents,
 3) le sens  moral, la répercussion intime mais aussi collective,
 4)   le sens symbolique, le passage sur un autre plan d’existence, celui qui va loin.  

3) Vivons ces quatre plans. On découvre qui l’on est, ce que l’on est venu faire sur terre, à quoi on peut être utile et ainsi servir. Avoir une telle relation au sens crée une conscience véritable de l’existence. Trois choses permettent d’accéder à cette conscience : 1) la responsabilité, 2) la quête 3) l’intime.


 VII. La responsabilité.
1) Le sens se présente à nous d’abord de façon objective à travers les sept questions que nous posent les sept âges de la vie. 
1) Naissance : le traumatisme de la naissance. 2) Enfance : le début de la liberté. 3) Adolescence : que vais-je faire de ma vie ? 4) Âge adulte : que vais-je faire dans la vie ? 5) Maturité : que vais-je faire de la vie ? 6) Vieillesse ; qu’ai-je fait de ma vie ? 7) Mort : que vais-je faire de ma mort ?

2) Le sens se présente ensuite sous une forme subjective à travers sept réponses. 
1) La naissance. 2) L’autonomie. 3) Le choix. 4) L’engagement. 5) La responsabilité. 6) La conscience. 7) L’acceptation.

3) La vie devient un destin ou pas selon la puissance de la réponse que l’on apporte aux questions qu’elle pose. Le destin est l’accomplissement de la liberté non sa négation.

VIII. La quête.
1) Tout âge de la vie a trois sens :  Un sens extérieur. Un sens intérieur. Et un sens supérieur. D’où la quête. Quand on reste au sens extérieur on se sent prisonnier. Expérience douloureuse de l’insignifiance, de l’absurde, de l’insensé. Dépression, désespoir, désir de suicide.
2) Quand le sens extérieur peut déboucher sur un sens intérieur et supérieur impression de délivrance, énergie, souffle créateur, jubilation.
3) La quête fait de la vie une aventure. Elle pouse à sortir de l’extérieur en bousculant celui-ci afin qu’il soit intérieur et supérieur. D4où la transformation de l’existence en un parcours de symboles et de figures.

IX. L’intime.
1) Il est bon qu’il y ait un sens intérieur et supérieur. Mais s’il n’y a pas de l’intime, ce sens devient sec puis vide.
2) On a tendance à chercher le sens hors de l’intime sous la forme de la nécessité. C’est la raison pour laquelle ne le trouvant pas, tant la nécessité est étouffante,  on conclut au hasard et à l’absurde pour retrouver un peu d’air.
3) Partons de l’intime au lieu du sens plaqué. On comprend ce que veulent dire la direction, la signification  la sensation et la valeur. Quand tout est intime on sait où l’on va on est orienté. La vie parle. On la sent Elle a de la valeur. Mieux on a le sens de la vie. On est capable de la faire vivre. On a en ce sens du bon sens. On peut alors déchiffrer l’univers ainsi que l’histoire en voyant grâce à l’intime ce qui les fait vivre. La profondeur du sens de la vie en soi révèle la grandeur du sens de la vie hors de soi.

Conclusion.
1) Le sens est l’expérience la plus forte que l’on puisse faire dans la vie en étant cette relation au souffle créateur de l’existence qui nous emmène loin.
2) Application à l’entreprise. Le sens est capital pour l’entreprise, une entreprise ayant besoin de savoir qui elle est, où elle va, ce qu’elle veut, ce que signifient les événements auxquels elle est confrontée, les effets que cela a, la valeur que cela a. Pljs globalement une entreprise a besoin d’un souffle. Rien n’est plus passionnant que d’appliquer à la vie concrète l’expérience du lien avec le souffle, la responsabilité et la quête.




mardi 14 novembre 2017

Commentaire 44 : La Religion industrielle , la révolution managériale 6/6


La dernière révolution de l'occident sera la Révolution managériale .La religion industrielle complète sa foi par un puissant corpus de textes normatifs , ceux du management scientifique.

Le pouvoir techno-scientifique  s'impose et s'achève dans l'hyper rationalisation formulée par les ingénieurs civiles notamment nord-américains de la fin du XIXième siècle.

Avec l'industrie, le religieux est décroché de la transcendance et du céleste , il est inscrit sur et dans le terrestre par un processus d'immanence qui se poursuit inexorablement.

#La révolution managériale est une révolution silencieuse sans "révolutionnaires" , sans "protagonistes" ,ni "antagonistes"

A partir de 1899 les sociétés d'ingénierie se multiplient sur le modèle britannique pour développer la science et préparer la révolution managériale.
La 1ière école de management nait en 1881 en Pennsylvanie.
Pour Renan il s'agit d'une 2ième révolution industrielle : la première se définit par l'utilisation scientifique d cela matière inerte et des forces de la nature.La deuxième par l'utilisation scientifique de la matière vivante c'est à dire des homme.


#La montée en puissance des ingénieurs :
Eugène et Stéphane Flachat jouent un rôle essentiel dans l'avénement des réseaux d chemin de fer et du management en France. Henri Fayol , jeune ingénieur, prend la succession de Flachat pour diriger pendant 30 ans les houillères de Commentry jusqu'en 1918.
Il publie en 1916 Administration industrielle et générale considérée comme l'un des deux textes fondateurs du management, l'autre étant The Principle of scientific management de l'ingénieur américain Taylor publié en 1911.
Fayol donne les 5 milliers du dogme managériale : administrer c'est prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler (POCCC)
Il produit ainsi un nouvel ordre industriel qu'il propose d'étendre en dehors notamment jusqu'à l'état.

Taylor (1856-1919) va proposer l'organisation scientifique du travail qui repose sur une étude scientifique et précise des unités de temps, l'élément le plus important.
L'enjeu de la révolution scientifique du management c'est l'exclusion du du conflit politique et de l'action syndicale contestataire au nom du devoir de coopération dans la production.
Il estime devoir établir des lois générales de l'organisation car il veut prouver que la direction des entreprises est une vraie science qui s'appuie sur des lois, des règles et des principes.
Les mêmes principes peuvent être appliqués à toute activité humaine à savoir : la conduite du foyer, la direction des exploitations agricoles , la gestion des affaires commerciales...
4 principes de direction scientifique :
1/le 1ier, le plus important vise à extraire tout le savoir inscrit dans le corps de l'ouvrier.Il s'agit de rassembler toutes les connaissance empiriques que possèdent les hommes des différents métiers travaillant ensemble.Traiter le corps comme une matière première disposant de capacité.
2/L'étude approfondie des hommes ,tout comme on étudie les machines.Une mesure surtout de tempête de mouvement sur le modèle chronophotographique
3/Faire se rencontrer l'ouvrier et la science à des fins d'accélération et d'efficacité.La flânerie doit disparaitre pour "chaque jour produire la plus grande quantité de travail possible"
4/une coopération étroite , intime, personnelle entre la direction et les ouvriers

Henry Gantt (1861-1919) disciple de Taylor, met au point un diagramme qu'il utilise pour la gestion de projet, qui fournit un calendrier graphique à la production.

# La convergence de l'ingénierie et de la sociologie :la révolution managériale se déploie au carrefour des savoirs des ingénieurs et des sociologues appliqués à l'organisation.
Dès 1914 Henry Ford ,qui avait des difficultés dans son entreprise ,crée un département de sociologie ,dans lequel travaillent 250 personnes !

# La rencontre de la cybernétique et du management  : pour gérer les organisations complexes se forme aux USA dans les années 40-50 la cyber-management.
Tout se passe comme si le management avait préparé l'arrivée de l'ordinateur dans l'entreprise . Informatique et cybernétique sont en miroir tout comme gothique et scolastique.
Peter Drucker (1909-2005) et Norbert Wiener ( 1894- 1964) sont les pères du management moderne et de la cybernétique.
Ils formulent simultanément : un dogme, celui du management; un paradigme, celui de la cybernétique.
Le cyber management prétend réaliser le rêve du gouvernement scientifique , machinisme, automatique  des hommes.
D'une certaine façon il s'agit de puiser aux sources de la religion industrielle : marginaliser le gouvernement et réduire la politique à une science d cela production.
"le coeur du système politique nazi est sa tentative de confondre son pouvoir totalitaire avec le pouvoir légitime du système industriel, affirme Drucker. L'actionnariat privé associé au droit de propriété est le seul fondement légitime du système industriel.Or le nazisme l'a liquidé pour contrôler directement l'industrie "
Pour lui la légitimité doit être fondée et incorporée dans la corporation sanctifiée.
L'entreprise n'est pas une simple organisation, elle est une institution politique et une communauté; c'est pourquoi dans la société industrielle, elle vient contester le pouvoir politique traditionnel.
le management ne tire son pouvoir légitime que par délégation des droits individuels de propriété des actionnaires,  le pouvoir des managers étant autonome car non controlé par ces actionnaires.
Pour lui il existe deux systèmes : la bon "anglo saxon, fondé sur la foi chrétienne et de l'autre le mauvais, totalitaire fondé sur la rationalité pure.

Au sortir de la 2ième guerre mondiale la cybernétique prend valeur de paradigme, de religion. L'image qui s'impose est celle de la circularité de la régulation , la possibilité d'autorégulation.
Les visées des deux révolutions convergent en un même point, annoncent que la politique et les idéologies sont dépassés par l'autorégulation et par les pilotage scientifico- industriel aussi  bien de l'industrie que de la société.

L'homme doit transférer son pouvoir de décision à l'ordinateur pour gérer l'usine, ce que Gunther Anders appelle "la honte prométhéenne "


vendredi 10 novembre 2017

Lexique 186 : le lieu de la mystification

"Avec les réussites de la société industrielle avancée et le traitement efficace de a productivité matérielle et mental, il y a eu un changement dans le lieu de la mystification. ...plutôt que l'irrationnel c'es tel rationne qui est devenu le support le plus efficace de la mystification"
Pierre Musso.

mardi 7 novembre 2017

Commentaires 43 : Le culte de la religion industrielle : l'usine 5/6

Vers 1750 l'industrie don de Dieu, est à sont tour enrôlée  au service de l'incarnation comme l'avait été la nature.
La 3ième bifurcation va s'opérer par la transfiguration du champ religieux rapporté à son socle terrestre et rationnel normatif.
Le gouvernement des hommes sera réduit à la science de la production et à la rationalité managériale
La religion industrielle répond par la "surrationalité à la question du "pourquoi" et du "comment vivre".
Les briques de base de la nouvelle architecture fiduciaire ont été posées au siècle précédent : humanité, progrès, histoire, travail, utilité.
Il reste à les attacher solidement pour former la nouvelle Imago Lundi industrialiste d'occident. Ce qui sera fait par Saint-Simon, Pierre Leroux, Robert Owen et les saints - simoniens.
La religion politique qui semble triompher avec la révolution française , cède aussitôt à la religion industrielle, qui travaillait en coulisse , et encore quelques temps plus tard à celle du management.

1/La Religion industrielle réunifie les deux pouvoirs de la schize fondatrice, le pouvoir spirituel assimilé à la Science et le pouvoir temporel assimilé à l'Humanité productive
-> d'un côté l'Humanité , nouveau réceptacle du mystère de l'Incarnation
-> d'un autre côté la Science comme nouvelle Idole instituée en référence légitimant toute rationalité et normativité.
Les nouveaux Dieux sont l'Humanité qui travaille produit et crée et la Science qui dit la Vérité du monde.
C'est moins une religion désenchantée qu'une nouvelle métamorphose du christianisme occidental, une déscolarisation prenant forme scientificité- industrialiste, d'apparence messianique et socialiste dans sa 1ière formulation.

#Le mythe positiviste du progrès devenu ciment idéologique de l'industrialisation est construit sur deux axiomes : celui d'un temps linéaire, continu et indéfini et celui d'une vision scientifique qui produit une accumulation de connaissances et de techniques.

Saint Simon abandonne la transcendance de l'Incarnation dans l'Humanité au profit de l'incorporation
dans le corps industriel : l'Incarnation suppose un grand Autre absent, l'incorporation , forme strictement intra mondaine de l'incarnation , se défait de cette obligation.

L'industrialisme deviendra au XXième siècle l'étendard d'un apolitisme , voire de l'anti politique

2 /L'institution clé de l'armature fiduciaire devient l'Usine. Toute religion s'inscrit dans un nouveau lieu consacré à la communauté , à la communion et au culte.
Pendant la révolution française plusieurs monastères, biens de l'Eglise nationalisée, on été converti en usines.
# L'usine est l'un des principaux lieux de fabrication de représentations sociales au XIX et au XXième , générateur d'un imaginaire ambivalent et d'idéologies conflictuelles.
Après le monastère où la contemplation accueille le travail, la manufacture réunit les travailleurs et introduit la division du travail, l'usine est l'institutionnalisation de la religion industrielle avec la machine associée au travail, afin d'accélérer la multiplication des objets technologiques destinés à la consommation.
Comme l'horloge pour le monastère, la machine fixe la cadence du travail industriel.
L'usine est à la fois un lieu de production puissant, magique mais aussi le lieu de rassemblement d'une communauté élargie et donc d'une nouvelle organisation sociale.
Le mot "usine"apparait en 1732 dans un arrêt du conseil du roi (usine->du picard ouchine -> du latin officine )
L'usine réunit d'un côté un grand automate machiniste et de l'autre une communauté humaine : le défi est donc de coordonner leurs rythmes, de les unifier.
Ce qui pose le problème du pouvoir de la machine et le dressage du corps humain au nom de la cadence technique.
Le pouvoir industriel remplace le pouvoir politique au nom de sa puissance, de sa vitesse, de sa précision, au motif de l'allégement de la peine des hommes et de la croissance de la production.

#Les religions de l'usine : en rassemblant une communauté humaine, l'usine devient un lieu d'expérimentation de nouvelles formes religieuses :
Marx : la grande industrie résulte du développement du machinisme et devient un grand automate qui asservit les hommes: le machinisme commande l'organisation du travail
Robert Owen (1771-1858), industriel gallois revendique une religion rationnelle de l'humanité
Etienne Cabet '1788-1856), fondateur de communauté, imagine un monde où les machines remplaceraient les hommes qui seraient affranchis de tout esclavage.
Pierre Leroux (1797-1871) , "Le christianisme est la plus grande religion du passé; mais il y a quelque chose de plus grand que le Christianisme , c'est l'Humanité.
Charles Renouvier salue en 1842 l'apparition de l'idée de solidarité
Charles Fourrier (1772-1837) plaide pour l'idée d'Harmonie (étymologiquement ce qui assemble la cheville à la charpente).il souligne l'ambivalence de l'industrie qui décrit autant qu'elle crée.Il perçoit ses contradictions : accroissement de la richesse d'un côté et inégale répartition de l'autre.Il veut uneRéforme de l'Industrie pour la réconcilier avec la Nature, montrant ainsi sa sensibilité au saccage écologique. Le phalanstère sera un lieu d'accueil pour 400 familles milieu d'un domaine de 400 hectares.

# Le grand théâtre des expositions : les textes fondateurs de la religion industrielle ont été accompagnés de mises en scène et en images.
La révolution française inaugure le grand théâtre industrialisé
1763, 1ière exposition en France des Arts industriels"
En 1794 la Convention crée le Conservatoire des Arts et Métiers, un établissement où l'on expliquera la construction et l'emploi des outils et machines utiles aux arts et métiers.
En 1798 le Directoire fait réaliser un Temple de l'Industrie sur le Champ de Mars pour exposer les produits de l'industrie.
1798 à 1849 , multiplication des expositions nationales, puis ensuite des expositions universelles.
Au delà de la machine,ce qui est célébré c'est le pouvoir de l'ingénieur qui les as créées ,nouveau Prométhée qui imite le Créateur.
L'inventeur détient un pouvoir analogue à celui de Dieu.
L'exposition universelle met en scène la foi industrialiste , à savoir la projection de l'Humanité dans son miroir totémique, celui de l'Usine et de ses machines, entités sanctifiées , afin de retrouver dans l'altérité du monde, son bien le plus précieux, sa propre image.
La foi est devenue scientiste et les écritures "scientifiques" sont appliquées à des fins de production matériels, mais la structure fiduciaire est stable : d'un côté la Vérité du mythe du Progrès, de l'autre l'Efficacité de la rationalité technicienne.

# L'industrie destructrice et aliénante : l'imaginaire est ambivalent et cette dualité traverse le siècle.L'envers de l'imaginaire positiviste affirme que l'industrie asservit, crée un nouvel esclavage, détruit les hommes et la nature.
"Les machine nous promettait la liberté, je vais prouver qu'elles nous ont apporté l'esclavage". Michelet
Deux représentations vont ensuite s'affronter :la déconsidération de l'industrie destructrice contre sa célébration créatrice de richesse.
A la fin du siècle le management cherchera à réconcilier les deux visions opposées au nom de l'Efficacité, de la fin de l'idéologie et du politique.
La religion industrielle est ainsi une société sans opposition et sans critique du fait d'une désublimation croissante justifiée par le progrès scientifico technique




vendredi 3 novembre 2017

Citation 47 : Peter May

 « Il trouvait cela extraordinaire de voir à quel point il avait changé pendant cette période , alors qu’ici,la où il avait grandi, presque rien n’avait changé « in L’ile des chasseurs d’oiseaux, Peter May.

mardi 31 octobre 2017

lexique 185 : l'idée de Nature

"Ce ne sont pas les découvertes scientifiques qui ont provoqué le changement de l'idée de Nature; C'est le changement de l'idée de Nature qui a permis ces découvertes"
Merleau - Ponty.

mardi 24 octobre 2017

Citation 46 : Jacques Le Goff

"Dans la Florence qui change et se dilate à partir de 1284 , la vieille cloche , voix d'un monde qui meurt va céder la parole à une voix nouvelle, l'horloge. de 1354."
Jacque Le Goff

Business coaching : 5 motivations essentielles des dirigeants

Vous êtes dirigeant, entrepreneur ou manager et pour faire face à vos enjeux de business ou de management, vous vous interrogez peut-être sur l’utilité d’un accompagnement de Business coaching.
Pour tenter de vous éclairer, j’ai passé en revue les quelques 150 missions, que nous avons effectuées depuis 2003 auprès d’une quarantaine de clients, tous dirigeants de PME ou de filiales de grands groupes dans les secteurs du marketing – communication – internet – sport. J’ai ainsi pu analyser les principales motivations de ces dirigeants au moment de démarrer une mission.

Voici donc la synthèse des 5 raisons principales ou besoins exprimés par ces dirigeants :

1.    Transformer l’entreprise, redonner un projet stratégique et du sens aux équipes : dans le contexte actuel de mutation numérique de l’économie, la 1ière demande du dirigeant est, sans surprise aucune, de l’aider à transformer son entreprise.
De la digitalisation d’une fonction ou d’un service à la redéfinition complète du modèle d’affaires, du repositionnement sur le marché à la refonte du plan stratégique, d’une l’organisation plus agile  aux modes collaboratifs, les sujets sont aussi nombreux que variés.
C’est même bien souvent devenu pour le dirigeant qui prend sa fonction, son cœur de mission, sa priorité avec un vrai paradoxe : si la plupart s’accordent en général en interne sur la nécessité de se transformer, seul le « big boss « est réellement habilité à donner l’input nécessaire à la transformation.
Ici le rôle du Business coach est notamment d’accompagner son client à : 1/ sortir de son prisme quotidien pour faire évoluer sa vision. 2/ bien préparer son projet business en amont, sans en oublier la dimension change management notamment en terme de sens et d’impact pour les équipes 3/ l’aider à prendre conscience de tout ce qui peut contribuer ou freiner le changement dans son fonctionnement quotidien.

2.    Faire face à un événement inattendu/inconnu : l’accélération des évolutions de marché conduit les entreprises, y compris les PME, à faire face à de plus en plus d’événements  « sortant du cadre de pilotage ordinaire » comme : une mutation technologique qui reconfigure le métier (digital et publicité) , une évolution du cadre juridique (marché de la formation professionnelle), la montée en puissance  de nouvelles formes de concurrence (Gafa, cabinets de conseil pour les agences de communication) , une opportunité de rapprochement ou d’acquisition, une opportunité  de croissance (Paris 2024 pour le secteur su sport), une crise managériale… autant de sujets qui nécessitent une action organisée aussi rapide que réfléchie et pour lesquels le dirigeant se retrouve souvent seul en 1ière ligne. Est –il bien préparé ? Est-il possible de maîtriser tous ces sujets, qu’il ne rencontrera peut être qu’une seule fois .
 La courbe d’expérience est souvent un peu courte et si l’expert-comptable ou l’avocat sont souvent de bons points d’appui, ils le sont surtout sur les dimensions  ... juridiques et comptables. Et pour tout le reste ? Comment construire une vision holistique de la problématique ? Analyser avec suffisamment de recul ? Transformer un événement compliqué en réelle opportunité ? Comment éviter l’embrasement jusqu’à la crise ? (si, si, cela arrive, j’en rencontre régulièrement). Par quoi commencer ?
Là encore le dirigeant, culturellement perçu comme omniscient (le chef de la tribu gauloise) et omnipotent est très attendu : vision, scénario de sortie de crise, il est avant tout chargé de sécuriser la situation des personnes concernées.
Dans ce véritable passage de cap, il s’agit autant d’imaginer le point d’arrivée que les moyens de la traversée ;  et surtout de bien les communiquer aux équipes, étape par étape.
 Le Business coach s’engage ici auprès de son client dans une posture de facilitateur, influente mais non stratégique : il propose un cadre de réflexion avec la limite de ne pas agir à la place de son client.

3.    Résoudre des problèmes de coopération pas toujours exprimés : « emloyees first » entend-on depuis quelques années, ce que l’on pourrait également traduire pour le dirigeant par : seul il  ne peut rien, il a besoin de tous et tout le temps pour bien faire fonctionner « le système « entreprise : clients, actionnaires, associés, équipes internes, fournisseurs banquiers… sont donc tous potentiellement des partenaires potentiels  de la coopération.
Avec, bien sûr, parfois des bugs et même des conflits lorsque le sens s’est perdu, les visions divergent ou les intérêts deviennent contradictoires et ce d’autant plus fortement que l’entreprise se situe à un moment charnière.
 L’effet négatif sur la dynamique managériale s’en ressent assez vite : c’est,
un repositionnement qui tarde à se faire parce que deux associés ne sont plus d’accord et n’osent pas se le dire ; une réorganisation qui coince parce que le Comex a du mal à laisser grandir ses N-1, une crise managériale parce que les managers n’adhèrent plus à la stratégie.... toutes ces situations qui intellectuellement paraissent assez  simples mais sont en réalité assez  bloquantes et souvent plus facile à dénouer par l’intervention d’un tiers de confiance. Le risque est à terme d’éteindre tout le potentiel de coopération de l’entreprise, pour un problème connu mais non résolu.
Dans ce cas, l’un des enjeux va être de bien distinguer le sujet business ou technique au cœur du projet, des processus relationnels tissés entre les acteurs. Il appartient alors au Business coach de travailler avec son client sur cette  prise de conscience pour mettre en place les actions appropriées au bon niveau et stopper ce mécanisme souvent observé du «  continuer à faire plus de la même chose « . L’accent sera également mis sur la dimension éthique de la coopération, non seulement l’importance de définir des règles du jeu mais également de les appliquer.


4.    Rechercher une réassurance plus personnelle : il s’agit là de demandes un peu moins explicites, un peu plus masquées et surtout plus personnelles. Le plus souvent combinées avec des demandes business ou techniques, elles constituent néanmoins un fondement de motivation important  pour le dirigeant : problème de reconnaissance ou de légitimité, de posture ou d’imposture, de confiance en soi ou de lâcher prise, le dirigeant est aussi une personne qui vit ses journées avec beaucoup d’intensité, traverse des épreuves, prend des coups, connaît des satisfactions et aussi des échecs, de forte intensité parfois.
     Une personne qui peut aussi se sentir seule dans sa fonction (la fameuse solitude du manger), notamment au moment de prendre des décisions, qui peut douter, côtoyer ses peurs, voire se retrouver confronter à  ses limites dans certaines situations difficiles. Bref quelqu’un qui cherche d’une façon ou d’une autre à se rassurer.Parfois à la frontière du psy (mes clients me l’évoquent quelques fois en souriant pour aussitôt ajouter qu’ils font bien la différence entre les deux), le Business coaching peut être une solution pour l’aider, au-delà des sujets business, à exprimer la façon dont il vit les situations les plus difficiles, à faire le point sur lui-même et évaluer où il en est de sa propre écologie.
C’est souvent là, une occasion de se redynamiser par rapport à ses propres objectifs, de se réaligner ou même parfois d’imaginer d’autres solutions, jusque-là in envisagées. C’est durant ou après ces séquences où il reconsidère « ses piliers de vie « que se prennent  parfois des décisions importantes du type : prendre un DG, s’associer et partager avec quelqu’un, rapprocher sa structure, vendre, reprendre..

5.    Et toujours apprendre, se perfectionner aller au-delà : si Roger Federer est peut-être encore aujourd’hui, le meilleur joueur de tennis du monde, c’est bien sur en raison de son talent et au plaisir qu’il continue à prendre tous les jours en jouant au tennis.
Mais s’il joue encore à ce niveau, qu’il est peut être même meilleur qu’il y a 5 ans, c’est surtout parce qu’il continue, à 36 ans, à s’entrainer toujours très dur avec plusieurs entraîneurs, non pas pour se maintenir en forme (ça ne suffirait pas) mais pour continuer à améliorer son jeu (si, si). C’est à dire essentiellement à l’adapter aux caractéristiques physiques (moins rapide, moins résistant) et psychiques (mental, science du jeu) d’un homme de bientôt  40 ans.
Sur cet aspect de nombreux dirigeants ressemblent aux sportifs de haut niveau, cherchant constamment à apprendre et à se perfectionner.
Et s’il existe aujourd’hui de nombreux endroits pour se former à de nouvelles compétences (centres de formations), s’ouvrir aux innovations (think tank ) ou plus simplement échanger entre dirigeants (clubs, associations), c’est aussi là un des rôles du Business coach que de travailler avec son client à une prise de conscience de ses points de force ou de faiblesse. Pour au final l’amener à faire des choix et comme dirait Arsène Wenger, un autre sportif, «* savoir si il sera plus efficace de renforcer ses points forts ou de travailler sur ses points faibles « pour améliorer ses propres performances.
C’est aussi l’occasion, à partir d’un travail sur la personnalité de se pencher sur les modes de ré oxygénation ou de récupération mentale aussi importants pour le dirigeant que pour le sportif.

En conclusion, à travers toutes ses réponses se dessine, peut être un portrait des savoir faire et qualités que l’on demande aux dirigeants d’entreprise des années 2010-20 : savoir adapter leur entreprise aux mutations de la nouvelle économie numérique; savoir rapidement et solidement  faire face aux nombreux événements imprévus/inconnus de leur environnement  ; gérer au mieux leurs relations et modes de coopération avec tous les acteurs internes et externes ; savoir constamment se recentrer par rapport à ses piliers de vie ; rester en veille, continuer à apprendre et se perfectionner.
Tout cela en un seul homme ou une seule femme, comme autant de raison de faire appel à l’accompagnement  d’un Business coach.


* citation de mémoire d’un propos d’Arsène Wenger, manager de équipe de football d’Arsenal.
** pour ma part j’utilise le MBTI


Pascal Guibert  Busines Coach de dirigeants et entrepreneur
Fondateur de La Compagnie du Changement
           Co – fondateur  de Groupe VT Scan et de la Réclame.fr
Formation : psychologue (Rouen 1984)  ,marketing- communication (DESS CELSA) , master coach (Médiat-Coaching 2003)