samedi 9 mars 2019

Commentaire 51 : La faiblesse du vrai

"Penser ce qui nous arrive " écrivait Hanna Arendt,  c'est exactement ce que propose Myriam Revault d'Allonnes avec cette réflexion philosophique sur la remise en question du concept de vérité à l'heure de Trump,  des fake news et de la post vérité.

# Tout d'abord un rapide historique de ce concept en trois étapes :
- celle des philosophes classiques depuis Platon, pour lesquels est vrai ,ce qui est conforme au réel
- celle des philosophes du soupçon (Nietzsche, Freud, Marx) , pour les quels les faits sont très relatifs à leurs interprétations
- celle de la post vérité : les faits ont moins d'importance que que leur appréhension subjective.

#Tout commence par un "débat" entre Platon et Aristote sur la dé"finition de la vérité en politique.
Pour Platon, Socrate, philosophe épris de vérité,  est une victime  de la cité démocratique (ce qui établit pour longtemps un antagonisme en quête de vérité et  pratique du pouvoir par un démos réputé irresponsable et incontrôlable)
La voie aristotélicienne considère que s'il existe une vérité en politique ,elle passe par une réévaluation de la doxa qui s'élabore dans le débat public.
L'émergence de la post vérité n'est pas sans rapport avec la montée des populismes, qui jouent du ressentiment contre les élites.
La question centrale du livre est de savoir à quoi la post vérité porte-t-elle atteinte ?

#Hanna Arendt s'est évertuée a montrer les paradoxes qui traversent les relations entre politique, opinion et vérités de fait.
Pourtant une erreur serait de considérer que que la fabrication des "faits alternatifs" relève des mêmes mécanismes que l'idéologie totalitaire.
Dans les régimes totalitaires, une idéologie "fantasmatiquement fictive" suscite un monde à la fois mensonger et cohérent que l'expérience est impuissante à contrarier.
Dans les sociétés démocratiques, la post vérité (prolifération des fake news, existence de faits alternatifs) procède d'une autre logique : les vérités dérangeantes ou mal venues se voient transformées en opinions que l'on peut soutenir comme si elles n'étaient pas directement ancrées dans des faits incontestables.
Processus facilité par une propension relativisme du "tout se vaut", qui permet de se débarrasser de l'évidence factuelle pour aboutir à une sorte de diversité indifférenciée où l'énoncé des opinions n'a plus besoin d'être étayé ni légitimé par des faits.
La post vérité met ainsi à bas la validation de l'opinion par le fait et aboutit ainsi à l'effacement du partage entre le vrai et faux.
Il n'est plus nécessaire que les faits informent les opinions et il est même possible de proposer alors, comme dans deux très fameux récents épisodes de l'actualité (Cérémonie d'investiture de Trump et la météo, Brexit et ses conséquences ) des faits alternatifs.

# Si ce monde de la post vérité a de fortes raisonnantes avec 1984 de Georges Orwell, c'est parce qu'il figure dans ce livre un monde où l'idée même de vérité aurait disparue et où la seule liberté dont dispose celui qui veut résister est de pouvoir consigner dans son journal que deux et deux font quatre.
La société dystopique de 1984 est une société où a disparu toute référence à la vérité du sens commun qui rend possible à la fois le partage du jugement et celui des expériences sensibles.
Elle est peuplée d'individus pour qui la distinction entre fait et fiction, entre vrai ou faux n'existe plus.
Le pouvoir heuristique de la fiction a sombré en même temps que la force du vrai .


mardi 5 mars 2019

Lexique 198 La mort

"Quand un homme meurt, justement ou pas, il ne se passe rien de particulier la vie continue.Le paysage ne change pas, il n'y a plus d place dans le monde, il n'y a plus de place dans le monde, sauf peut être un peu plus de douleur chez ceux qui ont vécu cette mort de près ."
Victor del Arbol in La tristesse du samouraï , Babel 2013

mardi 26 février 2019

Citation 69 Victor del Arbol

"Ensuite tout avait changé et les prédictions de son père c'étaient révélées douloureusement exactes"
Victor del Arbol in La tristesse du samouraï , Babel 2013

mardi 19 février 2019

Citation 68 : Victor del Arbol


"Ce n'était pas San Lorenzo qui avait changé, c'était elle ."
Victor del Arbol in La tristesse du samouraï , Babel 2013

mardi 12 février 2019

Cinéma 12 Arizona Raiders

Arizona raiders de william Whitney,1965

lundi 11 février 2019

Joyeux anniversaire : 10 ans déjà !

le blog "Penser le changement " est né en février 2009, il y a 10 ans, d'une série de post sur la crise financière de 2008 et ses conséquences.
10 ans durant lesquels la réflexion sur le changement s'est trop souvent confondue avec une pensée sur la crise
10 ans d'une  réflexion soutenue sur les origines, les processus et les conséquences dans notre société des mutations en cours.
10 ans plus tard le changement nous parait plus familier dans ces processus, presque galvaudé et souvent rejeté; comme une étape - tunnel dont on attendrait avec impatience la sortie, de revoir enfin la lumière.
La seul permanence est elle vraiment le changement ? Trop vite ? Trop fort ?
Rendez vous dans 10 ans ,avec en clin d'oeil ,celui de Francis Blanche qui inaugurait alors notre lexique d'une boutade prémonitoire.

Lexique 1 : La boutade

“Mieux vaut penser le changement que changer le pansement . »
Francis Blanche.

samedi 9 février 2019

L'impensé n'est pas forcément impensable : la crise des gilets jaunes

Un excellent article de Jean Claude Guillebaud dans La Vie, sur ce phénomène impensé, au sens où il a surpris tout  le monde, mais pas impensable au sens où il reste à penser par les intellectuels pour en extraire tout son sens et significations.

mardi 5 février 2019

Citation 72 : Marc Zuckerberg

"Au contraire, même si tout changement sociétal rapide crée de l'incertitude, je pense que ce que nous voyons, c'est que les gens ont plus de pouvoir, et à long terme, redessinent la société pour qu'elle soit plus ouverte et plus responsable avec le temps»

Citation 67 : Victor del Arbol

"Greta avait raison. Avec ce procès leur vie avait changé. Elles étaient devenues des avocates prestigieuses et elles avaient leur propre cabinet sur le passe de Gracia."
Victor del Arbol in La tristesse du samouraï , Babel 2013

lundi 4 février 2019

Dans la pub 11 : changeons d'air