mardi 17 février 2015

Vaincre la Résistance au changement

Guy Corneau est un psychologue , psychanalyste, explorateur de la vie canadien, d'obédience  jungnienne; aussi quand il s'intéresse au changement,c'est pas le biais de la résistance. Il était de passage à Paris pour une conférence à l'APM le 25 janvier dernier à paris.

#Le plus souvent on consent à des changements parce que l'on est contraint de les faire
Les changements sont constant dans la vie humaine et n'est pas positif ou négatif en soi.
Actuellement Paris est sous le plan vigipirate, c'est un changement que l'on n'a pas voulu,pas positif.

- L'exercice des 3 chaises : demander à une personne emprise à des changements d'installer 3 chaises : sur la 1iere, elle dépose ses peurs, sur la 2ième ces élans, et au milieu ces décisions au regard de ces élans et de ces peurs.
Parfois il est des peurs qu'il est bon d'entendre, des changements qu'il est bon de freiner.
Le changement n'est pas un absolu , ni la peur une envie magique, il s'agit de se penser dans une liberté en ter les deux.

- Exercice d'intériorisation : faire le vide à l'intérieur de soi , chasser les pensées parasites et se retrouver soi même;puis remonter à l'origine de l'entreprise, de sa création, des envies,des rêves que l'on avait alors pour elle, les décrire; évaluer concrètement où elle en est aujourd'hui, comment elle se situe; est elle en accord ou non; puis faire émerger une image de cet idéal de l'entreprise.
L'image constitue une sorte d'externalisation du pb qui permettra ensuite de travailler dessus.

#Comparaison d'une entreprise avec un personnes, son évolution.
- les personnes nourrissent des angoisses importantes: peur du néant, de ne pas exister, du vide (peur dès la naissance) : les entreprises ont les mêmes
- le besoin de reconnaissance va permettre de faire taire ses angoisses; l'enfant en regardant ses parents, par leur regard bienveillant se construit un sentiment d'estime de soi
- dans ce parcours, il existe des accidents (négligé, abusé, incompris, manipulé) qui génèrent des blessures.Chaque individu a une blessure et la peur qu'elle se répète.
- chacun met en place des mécanismes pour obtenir de la reconnaissance
exemple : celui qui a besoin d'être entendu dans une famille qui le néglige ->devient celui qui fait tout pour se faire entendre (son mécanisme de reconnaissance) -> va ainsi développer sa personnalité -> et en même temps s'y enfermer -> son attente inconsciente est que quelqu'un l'écoute -> par définition elle ne peut pas le raconter -> un conflit et un malaise avec soi -> je dois changer quelque chose , le pire est que l'on s'habitue au milieu toxique, maltraitant.
Pareil pour l'entreprise : elle créée une image (qui engendre de la reconnaissance ) et en même temps s'y enferme par peur de l'inconnu
L'inconnu,l'inconfort permet une prise de conscience de soi

-Exercice : quels sont les changements que vous souhaitez dans l'entreprise?pourquoi les voulez vous? quel est le plus grand obstacle que vous rencontrez à leur mise en oeuvre ?

#Le défi des entreprises d'aujourd'hui est d'à la fois donner un cap tout en faisant du participatif.
Il y a véritablement un changement de processus dans la gestion du changement
On peut le voir aussi comme un processus d'apprentissage,du type management situationnel :
- Au départ : inconsciemment incompétent , dans son élan de leader enthousiaste pas conscient des peurs
- Ensuite : inconsciemment incompétent toujours de l'élan mais des prises de conscience importantes qui génèrent du malaise
Le malaise est un conflit inconscient entre les valeurs positives d'élan ou forces d'innovation  pour avancer et les peurs générées ,les forces de survie pour assurer la vie.
-Souvent les forces de résistance l'emportent dans un 1ier temps; puis soit sont refoulées et on va vers un conflit inconscient; soit ses forces l'emportent, le malaise s'affirme et le conflit est conscient.

#Le malaise est un outil du changement , ce qui fait reculer c'est l'incertitude du résultat
- On met en place des stratégies pour se calmer face au malaise : quel est la bière étape, le 1ier petit pas est le bon moyen  d'avancer; la bonne question : quel est le lier petit pas acceptable
Autre moyen : faire la liste de ses peurs ( perdre, ne pas savoir faire, déplaire..)
Ressentir le malaise est une étape indispensable pour trouver les bons outils de changement

# Le chef d'entreprise qui se met lui même en transformation peut très bien impulser des changements dans l'entreprise.
-exercice : dans 10 ans , si vous allez vers un développement qui convient à vos valeurs, à votre environnement, à quoi cela ressemble? Par rapport à ce changement quel est le plus petit pas possible?